‹ Saint Colette, sa vie, ses œuvres, son culte son influenceChapitre 79 sur 136 · LA RÉFORME DU PREMIER ORDRE · texte numérisé non relu

LA RÉFORME DU PREMIER ORDRE

is qu'il recueillait auprès de sa fille spirituelle. La sagesse de sainte Colette profita de ces rapports pour réaliser une œuvre très importante au succès de sou entreprise.

La réforme des Clarisses ne pouvait vivre, se développer, qu'eu possédant pour la diriger des religieux animés du même esprit et capables de s'élever à la hauteur des sacrifices et du détachement imposés au second ordre. Si la réformatrice avait dû confier la direction de ses filles aux partisans des adoucissements de la régie, bientôt la ferveur primitive se serait complètement éteinte.

D'ailleurs, le premier ordre n'avait pas un' moindre besoin de réforme que le deuxième, outre les affadissements naturels qui se produisent partout où il y a des hommes, il subissait aussi les effets désastreux du schisme. Le relâchement triomphait partout parce qu'il n'y avait plus d'autorité vraie pour le réprimer. L'ordre s'était scindé. Chaque prétendant au trône pontifical avait ses généraux d'ordres. Les inférieurs mécontents dans un camp passaient dans l'autre, ou bravaient une autorité contestée ou avilie. Le découragement paralysait les bons. Aussi dans la seconde moitié du XIVe siècle, les annales des Frères Mineurs ne comptent que neuf bienheureux ou bienheureuses. C'est assez pour prouver que la vie religieuse n'était pas éteinte, mais c'est bien peu auprès des autres îi^Q<, auprès même du XV* siècle où la sève

chrétienne va se réveiller et en produire cinquante-sept.

Heureusement, le couvent de Dole mis à la disposition de sainte Colette, pouvait devenir pour le premier ordre ce qu'était Besançon pour le second, une pépinière de religieux et de directeurs éclairés. Déjà le P. Henri, en faisant connaître aux vrais religieux qu'il y avait trouvés, les merveilles de la vie de la jeune abbesse et sa vocation céleste, les avait bien disposés en sa faveur et leur avait inspiré un grand zèle pour la perfection de leur état. Ils désiraient extrêmement voir celle dont on racontait de si grandes choses. Or, les travaux les plus indispensables étant très avancés à Auxonne, le temps était venu pour sainte Colette de prendre possession de ce monastère et [de diriger ellemême les dernières constructions. Elle choisit celles de ses filles qui devaient, sous sa conduite, former cette maison et se disposa à partir dans les derniers jours d'octobre 1412.

Ses intentions furent connues dans Besançon. A cette nouvelle, la cité fut émue et désolée. L'autorité civile se joignit au grand vicaire en Fabsence de l'archevêque, pour supplier la sainte abbesse de ne pas quitter une ville qui lui avait voué une si vive affection et mettait en elle toute sa confiance . Sainte Colette, confuse, humiliée, protesta qu'elle ne méritait pas un tel honneur, que, du reste, pleine de reconnaissance pour la bonne ville de Besançon, elle la regarderait

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