I. Episiola ad Heliodorum (Migne, Pair, Lat,, XXII
ou Senell en était Tabbé, vieillard exercé dans la vertu et rompu à la connaissance des divines Écritures. Le pieux fugitif vint se mettre a son école, avide de conquérir les trésors de la science sacrée, et le, maître, le voyant si intelligent et si curieux, Tentoura des soins les plus attentifs. II avait cou* tume, dans ses leçons, de procéder par interrogations, de manière à tenir en suspens Tattention de ses auditeurs et de stimuler leur initiative, et Colomban, aux questions plus difficiles qu'il lui proposait de préférence, répondait avec une profondeur qui causait Tadmiration de tous et ravissait le professeur. Dès cette époque, il fut de taille à composer en bon latin un commentaire des Psaumes^ et d'autres œuvres encore, en vers et en prose, propres à être chantées ou utiles à l'enseignement.
Senell ne put toutefois retenir son élève dans son monastère de Cluain-Inis. Ce n'est pas que le
I. Dans un catalogue de la bibliothèque de.Saint-Gall (ix.* siècle) et dans un de la bibliothèque de Bobbio (x" siècle) se troure mentionnée une Expositîo S, Columbani super omnes Psalmos (Becker, Catalogi Bibliothecarum antiqui, p. 48, n. 9219; p. 67, n. ai6). Ces manuscrits avaient déjà disparu du temps de Fleming. — L'opinion régnante, qui toutefois n'est pas admise par tous, c'est que le travail de saint Colomban n'est point perdu et que c'est lui qui a été signalé par Muratori, d'après le manuscrit C. 3oi de la Bibliothèque ambrosienne (Muratori, uéntiq, Ital.f III, 857). Ce manuscrit porte un titre écrit postérieusement : a Hieronjmi in Psalmos commentaria ».
jeune homme abandonnât son dessein de se donner au Seigneur ; mais il ne se sentait peut-être pas encore assez éloigné du pays natal. Comgall, disciple du grand saint Finnian, le patriarche de Clonard, venait de fonder en Ultonie, TUlster actuel, dans une baie profonde, sur la côte nordest de rirlande, la cité cénobitique de Bangor. L^abbé était réputé pour Taustérité de sa vie et la sévérité de sa direction ; la règle était dure et les études y florissaient^ Ce fut à Bangor que l'insatiable amant de pénitence et d^abnégation vint chercher la voie de la perfection. La colonie naissante n'eut point de novice, de moine plus fervent : la prière et le jeûne faisaient ses plus chères délices : « Je châtie mon corps, pouvait-il redire après saint Paul', et le réduis en servitude. » Mais son esprit restait libre et son imagination pareillement ; si occupée, si mortifiée que pût être la vie du cloître, au bout de quelques années, ejle lui parut trop douce encore et surtout trop monotone. L'humeur voyageuse s'éveilla cbez cet Irlandais, stimulée qu'elle était par tin désir mystique de renoncement plj4S :9bsolu. A la vue de ces flots qui déferlaieoi sur la falaise et allaient se perdant à de
1. BaDgor fut fondé en 558 (Skene, Celtic Scotland, II, 54). — Sur les études dans ce monastère, lire Stokes, /re> land a ihe celtic church^ i3.