‹ Saint Columban (vers 540-615)Chapitre 11 sur 45 · I. Epislola ad Heliodorum (Migne, Pçitr, Lat,^ XXII · texte numérisé non relu

I. Epislola ad Heliodorum (Migne, Pçitr, Lat,^ XXII

ou Senell en était Tabbé, vieillard exercé dans la vertu et rompu à la connaissance des divines Écritures. Le pieux fugitif vint se mettre a son école, avide de conquérir les trésors de la science sacrée, et le maître, le voyant si intelligent et si curieux, Tentoura des soins les plus attentifs. Il avait coutume, dans ses leçons, de procéder par interrogations, de manière à tenir en suspens Tattention de ses auditeurs et de stimuler leur initiative, et Cotomban, aux questions plus difficiles qu*il lui proposait de préférence, répondait avec une profondeur qui causait Tadmiration de tous et ravissait le professeur. Dès cette époque, il fut de)^ taille à composer en bon latin un commentaire des Psaumes* et d'autres œuvres encore, en vers et en prose, propres à être chantées ou utiles à renseignement.

Senell ne put toutefois retenir son élève dans son monastère de Cluain-Inis. Ce n'est pas que le

I. Dans un catalogue de la bibliothèque de Saint-Gall (ix** siècle) et dans un de la bibliothèque de Bobbio (x'' siècle) se trouve mentionnée une Expositio S, Columbani super omnes Psalmos (Becker, Catalogi Bihliothecarum antiquiy p. 48, n. 339; p. 67, n. 216). Ces manuscrits avaient déjà disparu du temps de Fleming. — L'opinion régnante, qui toutefois n'est pas admise par tous, c'est que le travail de saint Colomban n'est point perdu et que c'est lui qui a été sigualé par Muratori, d'après le manuscrit C. Soi de la Bibliothèque ambrosienne (Muratorî, AnUq. Ital,, III, 857). Ce manuscrit porte un titre écrit postérieusement : « Hieronymi In Psalmos commentaria 0.

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jeune homme obaDdonnât son dessein de se donner au Seigneur ; mais il ne se sentait peut-être pas encore assez éloigné du pays natal. Comgall, disciple du grand saint Finnian, le patriarche de Clonard, venait de fonder en Ultonic, TUIster actuely dans une baie profonde, sur la côte nordest de rirlande, la cité cénobitique' de Bangor. L*abbé était réputé pour Taustérité de sa vie et la sévérité de sa direction ; la règle était dure et les études y florissaient'. Ce fut à Bangor que Tinsatiable amant de pénitence et d*abnégation vint chercher la voie de la perfection. La colonie naissante n'eut point de novice, de moine plus fervent : la prière et le jeûne faisaient ses plus chères délices : « Je châtie mon corps, pouvait-il redire après saint Paul*, et le réduis en servitude. » Mais son esprit restait libre et son imagination pareillement ; si occupée, si mortifiée que pût être la vie du cloître, au bout de quelques années, elle lui parut trop douce encore et surtout trop monotone. L'humeur voyageuse s'éveilla chez cet Irlandais, stimulée qu'elle était par un désir mystique de renoncement plus absolu. A la vue de ces flots qui déferlaient sur la falaise et allaient se perdant à de

1. Bangor fut fonde en 558 (Skene, Celtic Scotland^ II, 54). — Sur les études dans ce monastère, lire Stokes, Ireland a the celtic churcli^ i3.

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