LA GAULE A L'ARRIVÉE DE GOLOMBAN
vanl une loi trop commune, ce qu'elle avait de pire. Ils n'avaient point dépouillé leurs vices : ils les avaient affinés. En cette période de la décadence mérovingienne, leur cruauté était devenue plus perfide et leur corruption plus savante. Comme jadis à Rome, comme à Byzance, la débauche s'étalait impudente, même chez les grands, même et surtout sur les marches du trône. Les lois du mariage étaient oubliées : à son épouse Audowère, Chilpéric avait préféré une servante, Frédégonde, et, à la jalousie de cette femme, il immola bientôt sa seconde épouse, Galswinthe, à laquelle il avait juré amour et fidélité. Caribert, roi de Paris, fut condamné pour bigamie par son évêque, saint Germain. Nombre de leudes et de princes formaient de leurs esclaves de véritables gynécées et ils n'en avaient aucun scrupule : « Jamais, je n'acceptai l'amour d'une femme libre, disait ingénuement un homme marié*; je me contentais de l'amour des femmes qui sont au service de ma maison. » Voilà où en était le sens moral, même chez des gens qui croyaient se respecter !
Et le vice éhonté avait à sa discrétion la violence et la perfidie. L'ardeur belliqueuse de cette race s'était tournée contre elle-même et toutes les armes, poison, glaive, maléfice, trahison, lui étaient bonnes, pour cette lutte acharnée.