I. Fontawe^leS'Luxeuil, c. de Saint-Loup, Haute-Saône
3. Des Instructiones variée^ sive Sermones, publiées, d'après Fleming (Coilecianea, Augsbourg, i6ai), par la Bibliotheca maxima Palrum, XII, 8, et par Migne, dans sa Patrologie latine^ LXXX, sSo, Seebass, dans son article Ueber die sogenannten Instruclioiufs Columbani^ paru dans le Zeiischrift fur Kircliengeschiclite^ XIII, 5i3, ne reconnaît comme authentiques que la IIP, De sectanJo mundi confemptu; la XI*, De diUctione Dei et projcimi; la XVP, Quid est et quid erit^ et la XViP, De octo vitiis principalihus , et, s^autorisant du titre que portent ces quatre sermons réunis dans un manuscrit de Tancienne bibliothèque de Fieury- sur-Loire, il les groupe sous le nom de Ordo S. Columùani, abbatis, de Fita et
vigoureuse impulsion. Toujours le premier aa cliœur, il travaillait aussi plus que tout autre. Une année, à Fontaine, une pièce nouvellement défrichée avait produit un beau rendement ; mais la pluie persistante empêchait la moisson et la récolte menaçait de se gâter sur pied. L'abbé prend sa faucille, conduit tout son monde à Touvrageet, tandis que les moines commencent à couper sous Tondée, il dispose quatre Bretons <c pleins de religion » aux quatre extrémités du champ et lui-même se place au milieu. Tous travaillaient ainsi pleins d'ardeur et le soleil se mit a luire qui sécha la terre et les javelles. Et Jonas ajoute même, entraîné peut-être par son admiration, que dans les environs la pluie continuait à tomber.
Quelle que fût pourtant son activité, Colomban ne pouvait être partout. Pour assurer à ses maisons une direction ferme et constante, d'autant plus nécessaire que le régime était plus rigoureux, il établit à la tête de chaque communauté un supérieur local, ou « prévôt », et une règle qu'il composa luimême, à l'exemple de bien d'autres fondateurs, fut destinée à maintenir chez tous ses disciples, à
actione monachorum. Il les a publies dans le même Zeitsclwift^ XIV, 76 et sq.
Les autres discours lui semblent être de Fauste, de Riez, abbë de Lërins, ou de l'un de ses disciples.
Hauck (Zeiischrift fur Kirchlichen îFissensckaft^ \%%Sy SSy) est sensiblement du même avis que Seebass.
quelque groupe qu'ils appartinssent, l'imité d'esprit, de traditions et de pratiques.
Cette règle*, il ne Tin venta point de toutes pièces : il était trop attaché pour cela aux institutions de sa patrie, trop respectueux de la sagesse des anciens. Il connaissait la règle de Finnian, le patriarche de Clonard; surtout, il n'avait point oublié cette règle de Bangor dont la séquence célébrait l'excellence en des termes délirants d'enthousiasme. De qui ces maîtres de l'ascétisme irlandais tenaient-ils leurs maximes? deLérins peut-être, car saint Patrice passait pour avoir séjourné dans ce cloître déjà fameux, et de l'Orient aussi, du moins par Rufin et par Cassien, car les f^itœ PcUrum de l'archidiacre d'Aquilée, les Institutions et les Dialogues de l'abbé marseillais avaient pénétré dans les îles britanniques. Mais Colomban, familiarisé qu'il ' était avec nos saints Livres, y retrouvait les leçons mêmes de l'Évangile et, lorsqu'il eut à formuler sa règle, il eut moins à s'inspirer des constitutions de Pacôme, d'Antoine ou de Comgall, que des propres enseignements du Sauveur : les rapprochements
I. Sur la règle de saint Colomban, Toir Seebass, Ueber Columban von LuxeuU Klosterregel und Bussbuch, Dresde, i883. — Malnory, Quid Luxovienses monachi ad regtdatn moncute» riorum,,, contuUrint, Paris^ Bouillon, 1894.
La règle de saint Colomban a été éditée par Fleming, Collectanea sacra,,, ^ Augsbourg, i6ai, et, après lui, entre autres, par la Bibliotheca maxima Patrum^ XII, 3, et par Migne, Palrologle latine^ LXXX, 209.
sont nombreux qui peuvent «e faire avec les préceptes des Pères de la Thébaïde, de saint Basile / ou des abbés d'Irlande; mais plus nombreux encore, ceux qui se présentent avec le Sermon sur la Montagne ou les autres discours de Jésus : les citations qui viennent appuyer chaque article, ne laisseraient, au besoin, subsister aucun doute.
La règle de Luxeuil est, avant tout, ce que le moyen âge eût appelé un « miroir » de perfection religieuse'. Son principe fondamental, c'est que cette vie n'est point la vie : « Rappelle-toi, non ce que tu es, mais ce que tu seras, » disait son auteur
I. La règle de saint Colomban se compose de deux traités. Le premier, appelé souvent Régula monachorum^ se compose de dix chapitres assez courts : 1. De obedientia. — II. De silentio, — 111. De cibo et polu, — IV. De paupertate. — V, De vaniiate calcanda, — VI. De castitate. — VII, De cursu psal" worum, — VIII. De discretione, — IX. De mortificatione. — X. De perfectione monachi. Sauf quelques réserves faites par quelques critiques sur des points de détails, ce premier traité est reconnu authentique.
Le second, appelé communément Régula cœnobialis et publié, en dernier lieu, par Seebass, dans le Zeitschrift fur Kircheitgeschichte^ XVII, ai 5, se compose de quinze chapitres de sanctions pénales. — Seebass {Ueber Columba,,,, 33 et sq.) veut introduire une distinction entre les neuf premiers chapitres, lesquels auraient constitué à eux seuls la Régula cœnobialis, et les autres qui devraient être rattachés au PéfiiientieL — Cette distinction n'est point admise par Hauck [Kirchengeschichte Deutschiands, I, a47» n. i), et Ton s'accorde généralement à reconnaître que, sous sa forme la plus ancienne, telle qu'elle a été éditée par Fleming et par la Biblioth'eca maxima Patrum (loc, sup. cit.), la Régula cœnO' bialis est, au moins pour le fond, authentique.
dans Tune de ses instructions'; ce qui est, ne dure qu'un instant; ce qui sera, est éternel. »
Mais cet avenir, il nous faut le préparer, en usant bien des heures d'ici-bas. « Pourquoi s'amuser à considérer une ombre dans Feau ? A quoi servent la joie et le bonheur goûtés dans le rêve? Après tout, les rêves, si longs soient-ils, sont bien courts pour chacun, car la durée du monde entier n'est qu'une nuit obscure et c'est dans la nuit qu'on rêve. . . . La vie est une roue ; elle tourne ; elle court : à nous de courir avec elle, » de ne point nous contenter du strict nécessaire, calcul parfois dangereux, mais de nous dépouiller soigneusement de nousmêmes, de mourir à tout ce qui n'est point la vérité et la vertu : « Tu n'as rien sur la terre, ô homme, s'écriait-il encore ; tu mourras nu, comme tues né, et ton corps ira en poussière.... Prends garde de vendre le Ciel, où est ton héritage, et pour l'éternité ! vends-toi plutôt toi-même et achète la vie 1 »
Le moine donc, c'est-à-dire le chrétien qui par un souci prudent des intérêts de son ame aspire à la perfection totale, doit viser à un détachement complet : « Qui veut venir à ma suite, se renonce à lui-même », a déclaré le Maître', et saint Paul répétait aux Colossiens^ : « Immolez en vous le vieil