‹ Saint Columban (vers 540-615)Chapitre 34 sur 45 · I. Epist. IF, (M. G. H., Epist., III · texte numérisé non relu

I. Epist. IF, (M. G. H., Epist., III

GOLOMBAN ET BRUNEHAUT. 109

et il ne désespérait point de revoir les verdoyant» sommets des Vosges.

Et c'est ainsi qu'il quitta, le cœur brisé, mai» non le courage abattu , ces cloîtres qu'il avait créés» au prix de tant de labeurs, cette solitude où il avait cru trouver son repos, ce cimetière où dor* maient déjà tant de ses religieux : c'étaient vingt ans de travaux et de souvenirs auxquels il disait adieu M

Il était encore dans la forêt, à peine à deux mille pas de Luxeuil, que, suivant une tradition, l'un de ses compagnons, Déicole ou Desle^ déjà avancé eii âge, fut forcé de s'arrêter : un mal de pied lui rendait tout voyage impossible. Cette infirmité parut à l'abbé une indication de la Providence : il lui permit de rester dans le payset de s'y chercher un ermitage; il lui interdit

seulement de retourner dans son ancien monas» tère, craignant sans doute que sa qualité d'Irlandais ne lui attirât quelque désagrément de la part de Brunehaut. Desle obéit et, se dirigeant vers le sud, il se bâtit à quelque distance, dans la vallée de l'Oignon, une cabane qui

I. Du récit que fait Jonas des përëgrinatîons de saint Colomban, iL résulte clairement que Texil de Luxeuil a eu lieu trois ans avant que Clotaire II ait réuni sur sa tête* les trois couronnes de Neustrie, d'Austrasie et de Bourgogne, c'est-à-dire trois ans avant Tannée 6i3; donc en 6io* — Cette date est généralement admise.

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bientôt devint le centre de la grande abbaye de Lure*.

«Que le Seigneur tout-puissant, pour l'amour duquel tu abandonnas le sol de ta patrie et tu m'obéis en tout (idèlement, nous fasse jouir ensemble de la présence de sa Majesté, » lui avait dit Cotomban, en lui donnant sa bénédiction. Cet adieu, si le récit en est authentique, aurait été la première douleur, mais aussi la première semence, sur le cbemin de Texil. Les bannis, pareils à ceux dont parle le Psalmiste *, allaient, les yeux baignés de larmes, jetant le bon grain, et la moisson plus tard se lèvera luxuriante, que d'autres recueilleront dans la joie.

I. y'Ua (anonyme) Scncti Deicolî, dans Jeta SS, O, S, /?., II, 95 et sq. — Celte vie, relativement récente (x' siècle), est assez peu estimée : c*est ce qui justifie mes restrictions.

a. P/.,CXV, 6.

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