‹ Saint Columban (vers 540-615)Chapitre 43 sur 45 · I . Saint Grégoire VII. — Ps, LI V · texte numérisé non relu

I . Saint Grégoire VII. — Ps, LI V

ceurs de ramitié . Il entourait ses disciples d'une charité vigilante, attentive, un peu rude peut-être, mais combien paternelle I II écoutait la prière du pauvre, la plainte de Taflligé, le douloureux gémissement de Tinfirme et du malade. Sans doute, il ne fut point, comme certains, appelé le « bon Père » : tout autre fut son trait caractéristique; mais il eut Tintelligence et le souci des misères physiques et morales : ne serait-on pas exposé à le méconnaître ou plutôt à l'oublier ? .

Et, dans le silence de la retraite, le tracas des /" A affaires ou les péripéties du voyage, après la prière et Toraison, son plus grand réconfort était Tétude. Il ne semble avoir été, ni un profond théologien, ni un. dialecticien serré : ses discussions sur Téchéance paschale ne s'appuient guère que sur l'autorité des docteurs irlandais ; de la querelle des Trois Chapitres^ il parle surtout par ouï dire, et ses raisonnements sont presque uniquement tissés d^af-. firmations, d'apostrophes, de protestations, d'objurgations. Mais il était pénétré de la science de TËcriture : sa règle, ses épitres, ses instructions sont constellées de sentences bibliques; il possédait les grands Conciles, quelques Pères latins, voire un ou deux Pères grecs ; il avait lu les Finnian, les Gildas et autres maîtres de son pays, les traités de Cassien, le livre de Gennade sur les Auteurs ecclésiastiques y etc. Il cherchait à se procurer* les

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ouvrages nouveaux et la seule limite de ses connaissances, c'étaient les ressources que lui fournissaient les bibliothèques de ses hôtes ou de ses monastères. Il ne dédaignait point les lettres profanes» ces humaniores lUterse^ qui ont fait le charme de tous les esprits distingués. Des auteurs classiques et des poètes plus récents, sa mémoire lui conservait des maximes et des vers, qui venaient à propos émailler ses phrases de jolies réminiscences. Et lui-même cultivait, et les vers, et la prose. Son style personnel, heurté, imagé, tour à tour tendre et passionné, obséquieux ou énergique» souvent diffus et redondant, parfois obscur et incorrect, se plaît à Tantithèse, à la subtilité, aux rapprochements ingénieux, aux métaphores, aux hyperboles^ mais ce sont les défauts de Tépoque, plus encore que ceux de Técrivain, et, de Tavis des bons critiques, saint Colomban est loin de tenir un rang modeste dans l'activité littéraire de ' la période mérovingienne.

Et ainsi, dans les solitudes boisées de la Yôge ou de TApennin, la figure énergique et austère de ce moine s'illumine d'un doux rayon de poésie, de science et de bonté.

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