Les témoignages qu'on a lus précédemment suf- Toutes les
<-» t . i t u i -•r-it f • objections géné-
lisent pour établir 1 authenticité de la tradition aréopa- raies contre
. . . l'aréopagitisme
gitique. Il semble donc que nous serions en droit de résumées par
. . . le P. Sirmond.
clore cette discussion déjà longue, et de regarder notre tâche comme finie. Cependant, tout en produisant les monuments de l'aréopagitisme, en les dégageant des objections auxquelles ils ont donné lieu, nous avons été forcé, par la nature même du sujet, de négliger divers arguments qu'on oppose à la tradition, et qui sont puisés dans un autre ordre d'idées. Il importe de faire connaître leur valeur réelle, pour que la question tout entière soit élucidée , et que la conscience du lecteur puisse formuler son jugement en pleine connaissance de cause.
Les objections générales contre l'aréopagitisme ont été résumées avec la plus grande énergie par le P. Sirmond, dans sa Dissertatio de duobus Dionysiis. Ce chapitre sera donc consacré à l'exposition des arguments du P. Sirmond, et à leur appréciation impartiale.
Il est impossible, d'après lui, d'admettre l'aréopagitisme : 1° parce qu'il est contraire au témoignage de Sulpice-Sévère et de Grégoire de Tours ; 2° parce que les martyrologes indiquent la distinction dê deux Denys; 3° parce que l'aréopagitisme est une fable récente inventée par Hilduin; 4° parce que Denys, évêque d'Athènes , ne pouvait, d'après les lois canoniques, quitter son siège épiscopal pour une autre Eglise ; et qu'il n'est cité par aucun historien comme ayant enfreint cette règle observée dès les premiers temps; 5° enfin parce que saint Denys l'Aréopagite, s'il était le même que l'apôtre de Paris, aurait eu cent dix ans à l'époque de son martyre. Telle est l'argumentation du P. Sirmond. L'objection tirée du texte de saint Grégoire de Tours, et celle de la prétendue invention d'Hilduin, ayant été suffisamment éclaircies par ce qui précède, nous allons successivement passer en revue toutes les autres.
Caractère de 2. Sulpice-Sévère a écrit, vers l'an 400, une His-
V Histoire sacrée ,
de toire sacrée qui commence a la création et se termine
Sulpice-Sévère. 1 ^
au pontificat de saint Damase (366 après J.-G.). Une aussi vaste étendue de siècles est resserrée par l'auteur dans un ouvrage qui n'occupe que quatre-vingt-dix pages de la Patrologie; c'est dire assez que Sulpice- Sévère a voulu faire un abrégé, un simple compendium historique, dans lequel il se borne à résumer les auteurs plus étendus, sans entrer dans le détail des faits. Qu'un