CHAPITRE II
saint Trophime, avec cette inscription : f Sancti Trophimi IHV XPI discipuli1; — l'ancienne liturgie de cette Eglise , insérant dans l'office de saint Trophime ces paroles
Arelatensi populo Petro jubeute apostolo Ghristi prœdicat gratiam2 ;
— L'inscription gravée sur la statue de saint Trophime , au portail de l'Eglise métropolitaine d'Arles , œuvre qui date au moins du neuvième siècle, et qui subsiste encore aujourd'hui pour attester la foi de nos pères :
« Genitur eximius » Vir Ghristi, discipulorum » De numéro } Trophimus, » Septuaginta duorum 3. »
Tant de monuments ne protestent-ils pas contre la parole si peu sûre d'elle-même de Grégoire de Tours? Nous avons, dans le texte du pape saint Zozime, la tradition de l'Eglise romaine ; dans celui du concile d'Arles la tradition de nos Eglises des Gaules; dans celui de Raban-Maur la tradition des Eglises de Germanie; dans les monuments locaux la tradition de la foi et de l'antique piété de la cité d'Arles elle-même. Le témoignage de saint Grégoire de Tours est démenti
1 Sceau de plomb d'Imbert d'Aiguières, archev. d'Arles en 1193. Bibl. de Carpentras. Manuscr. de Peiresc, t. I, n° 439. — Monum. inéd., t. II , col. 348.
2 « Par l'ordre de l'apôtre Pierre , il prêche au peuple d'Arles la grâce de Jésus-Christ. » Officia propria Sanctorum S. Arelatensis Ecclesiœ. p. 16. {Monum. inéd., t. II, col. 348.)
3 Suarez, Gallia Christiana, t. VIII. Monum. inéd., t. II, col. 347. « Vous voyez ici l'image de l'illustre Trophime , l'un des soixantedouze disciples de Jésus-Christ. »
à la fois par des témoins antérieurs, et par la croyance des siècles subséquents. La tradition véritable, la tradition authentique est donc celle qui dit : « Sous Claude, » l'apôtre Pierre envoya dans les Gaules pour prêcher » aux Gentils la foi de la Trinité, Trophime. »
Saint Paul à Narbonne.
12. « L'évêque Paul, nous dit encore saint Grégoire » de Tours, fut envoyé à Narbonne sous l'empereur » Dèce. » Qu'on cherche, si l'on veut, à concilier cette assertion avec celle du Petit Martyrologe romain, dont l'autorité n'est contestée par personne, et qui porte en termes exprès : « Le II des kalendes d'avril, à Nar- » bonne, fête de saint Paul, évêque , disciple des » apôtres*. » Qu'on la compare avec celle du vénérable Bède, qui s'exprime ainsi : « A Narbonne, dans » les Gaules, fête de saint Paul, ordonné évêque par y> les apôtres, et envoyé par eux dans cette ville. La » tradition nous enseigne qu'il est le même que lepro- » consul Sergius Paulus, homme d'une sagesse remar- » quable, à qui saint Paul donna son nom en le » convertissant à la foi du Christ. Le saint apôtre » étant passé en Espagne pour y prêcher l'Evangile, » laissa Paul à Narbonne. Cet évêque prêcha l'Evan- » gile avec zèle, et, après une vie illustrée par des » miracles, il reçut en ce lieu la couronne du ciel et » la sépulture chrétienne*. » Le Martyrologe d'Adon
1 II Kalendas aprilis. Narbonee, S. Pauli, episcopi, discipuli Âpostolorum. (Martyrol. Rom. vêtus. Mense aprilis.)
* In Galliis, civitate Narbonae , natalis S. Pauli quem beati Apostoli ordinatum urbi Narbonae episcopum miserunt. Quem tradunt eumdeni fuisse Sergium Paulum, proconsulem, virum prudentem, a quo ipse Paulus sortitus estnomen, quia eum fldei subegerat; quique ab