‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 5 sur 160 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

» la cité reine de toutes les autres cités ; parcourant les

» royaumes des Perses et des Arméniens, les contrées

» des Parthes, pénétrant chez les Scythes, et jusqu'aux

» confins de l'univers, dans les régions de l'Inde ; tra-

» versant l'Océan, et abordant jusqu'à ces îles qu'on

» appelle Britanniques1. »

2. Ainsi le fait de la propagation rapide et simul- Preuve de pré

somption résul-

tanée de la prédication apostolique dans le monde est acquis à l'histoire et illumine la première page de la tradition chrétienne. « La prédication du royaume de » Dieu , pour nous servir des paroles mêmes de saint » Hilaire, ne s'effectua point par un progrès lent, mais » elle parcourut toute la terre, avec une prompte et in- )> fatigable activité 2. » Il semble que cet éclair de la foi brillant tout-à-coup sur le monde, empruntât un nouvel éclat aux ténèbres profondes du paganisme comme l'étincelle électrique détache plus vigoureusement sa lumière dans les ombres de la nuit. Il importait d'établir d'abord ce fait général, dont la portée, on le conçoit, doit exercer une certaine influence sur la question particulière qui nous occupe. Les textes qui précèdent

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etvat. (Eusebii, Demonst. evang., lib. III, cap. v. — Patrol. grœc, t. XXII, col. 204.)

2 Prsedicationis regni Dei non fuit lenta properatio , sed in omnem terram indefessà mobilitate et céleri transcurrit (S. Hilar., Pictav. in psMmum cxlvii. — Patrol. M., t. IX, col. 876.)

ne laissent pas de doute sur l'universelle apparition de la foi dans le monde, aux temps apostoliques. Entre cette lumière portée en même temps par les voyageurs de l'Evangile sur tous les points de la terre, et la fondation régulière d'Eglises durables, ayant une succession non interrompue de pasteurs, il y a la même différence qu'on peut observer, dans le monde physique, entre le premier rayon de l'aurore, et l'invasion lente de la lumière du soleil arrivant graduellement à la pleine conquête du ciel. Des Eglises fondées par les premiers messagers de la bonne nouvelle, toutes ne subsistèrent pas avec leur hiérarchie et leur succession d'évêques; la Grande-Bretagne, visitée par la foi dès le premier siècle, comme Eusèbe vient de nous l'apprendre, et comme nous le verrons plus bas par un texte célèbre de Tertullien, eut besoin de saint Grégoire-le-Grand et de saint Augustin, pour que le flambeau de la foi, reprenant plus tard son premier sillon, vint s'y fixer d'une manière. constante et durable. Ce serait donc une erreur d'infirmer l'authenticité de l'origine apostolique de certaines Eglises par le seul fait de l'impossibilité où elles se trouveraient de présenter une succession non interrompue d'évêques depuis le premier siècle , de même que ce serait au moins une témérité historique de rejeter à priori les dyptiques de celles qui offrent cette succession, quand, en thèse générale, le fait merveilleux de l'universalité de la prédication apostolique dans le monde est établi.

Les citations que nous venons de reproduire, et qu'il eut été facile de multiplier, ne forment encore qu'un argument implicite en faveur de l'apostolicité de nos origines chrétiennes; les Gaules n'y sont pas formelle-

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