CHAPITRE h
ment nommées. On pourrait, il est vrai, se demander comment, Fan 140, saint Justin, à Rome, aurait osé se prévaloir de l'universalité de l'Eglise vis-à-vis de Tryphon ; comment il se fut hasardé à le mettre au défi de citer une seule peuplade : ne unum quidem, où le nom de Jésus-Christ n'eut point été invoqué, si ce juif, d'un mot, avait pu lui fermer la houche en lui répondant : Les Gaules, qui sont à nos portes, les Gaules, la plus belle conquête de Jules César et Tune des plus riches provinces romaines n'ont jamais entendu prononcer le nom du Jésus que vous prêchez !
3. Quoi qu'il en soit, nous avons des témoignages témoignage*
. explicites en fa-
positifs, précis, irrécusables qui démontrent que la veu^de raposto- Gaule ne demeura pas étrangère au grand mouvement ^ Ganies. de la prédication apostolique. Ecoutons encore l'éloquente parole de Tertullien : « Les rameaux de la race » des Gétules, dit- il, les nombreux pays habités par les » Maures, toutes les contrées des Espagnes, les diverses » nations des Gaules : Galliarum diverses nationes, la » Bretagne, inaccessible aux Romains, mais soumise » au Christ, la multitude des Sarmates, des Daces, des » Germains, des Scythes, les nations les plus reculées, » les provinces et les îles dont le nom même nous est » inconnu, adorent le crucifié1. » Ainsi parlait, vers l'an 200, ce grand homme. Et certes, on ne le soupçonnera pas d'avoir ignoré ce qui était alors de no-
1 Getulorum varietates, et Maurorum multi fines, Hispaniaruni omnes termini, et Galliarum diversœ nationes , et Britannorum inaecessa Romanis loca Ghristo vero subdita, et Sarmatarum, et Dacorum, et Germanorum , et Scytharum , et abditarum multarum gentium , et provinciarum, et insularum multarum nobis ignotarum, et quae enumerare non possumus. (Tertull., Âdversus Judœos, c. vu. —Patrol., t. II, col. 610.)
8 SAIiNT DENYS L'ARÉOPAGITE.
toriété vulgaire, que la Gaule comprenait autre chose que la Province romaine (Provence) voisine de la Méditerranée; que la Gaule avait été divisée, sous Auguste, en quatre grandes régions administratives et politiques : la Narbonnaise, la Lyonnaise, la Belgique et Y Aquitaine. L'expression même dont il se sert : Galliarum diversœ nationes, enlève toute espèce de doute à ce sujet. S'il était possible de s'y méprendre, la mention qu'il fait, immédiatement après, de la Grande-Bretagne inaccessible aux Romains, et néanmoins ouverte aux messagers du Christ, détruirait toute illusion. Par quel chemin, en effet, sinon par le nord de la Gaule, les envoyés de la parole évangélique avaient-ils pu pénétrer jusque chez les Bretons, séparés du reste de l'univers1.
Texte 4 . Vingt-cinq ou trente ans avant Tertullien, vers 170,
•le saint Irénée. ' j » . *| . iwi
saint Irenee, successeur de saint Pothin sur le siège de Lyon, au milieu même de ces Gaules, dont l'origine chrétienne pour leurs autres Eglises ne remonterait, dit-on, qu'à l'an 250 de notre ère, écrivait les paroles suivantes : « Au milieu de la diversité des idiomes qui » se partagent le monde, la tradition chrétienne a con- » servé son unité. Les Eglises qui ont été fondées en » Germanie n'ont pas une croyance ni une tradition » différentes de celles qui existent chez les Ibères , de » celles qui existent chez les Celtes, de celles qui existent » en Orient, de celles qui existent en Egypte, de celles » qui existent en Lybie, de celles qui existent en Italie, » le centre du monde 2 . » De bonne foi, ces paroles
1 penitus toto divisos orbe Britannos.
2 Kat yàp ai xarà tov xôff//ov StaXexrot y.vôp.OLOi, a).X' tj ouva/v.is