L'époque de la mission du premier évêque de Paris, Actes
. * * et Martyrolog»
par saint Clément , n est pas seulement établie par une chaîne continue de témoignages, recueillis aux différents siècles, dans nos chroniques et nos archives nationales. L'histoire des conquérants de la foi a été écrite par leurs disciples. Les triomphes du martyre eurent leurs historiens, comme Alexandre et César ont les leurs. Dès l'an 90 de l'ère chrétienne, le pape Clément Ier, qui envoyait saint Denys dans les Gaules, avait institué des notaires chargés de recueillir, dans chaque région, les
gesta martyrum*. Les Souverains-Pontifes avaient, en quelque sorte, voulu compter chaque goutte du sang versé à grands flots pour le nom de Jésus-Christ , sur tous les points du globe. « Leur sollicitude , dit le car- » dinal Baronius, s'était étendue, avec une charité » maternelle, non-seulement aux martyrs de Rome, » mais à tous les autres enfants que l'Eglise engen- » drait pour le ciel, chez toutes les nations de la terre 2 » . Les monuments traditionnels où sont enregistrées ces morts glorieuses , comme autant de dates de victoires , sont de deux sortes : 1° les Actes, 2° les Martyrologes. Les Actes sont un récit, plus ou moins détaillé, des interrogatoires et des supplices de chaque martyr. Us prennent aussi le nom de Passio, terme consacré par l'Eglise pour désigner l'histoire des souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et qui s'appliqua ensuite, par extension , à celle des martyrs particuliers , continuation du sanglant sacrifice du Calvaire. — Les Martyrologes sont des calendriers ecclésiastiques, où sont rangés, par chaque jour, les noms des martyrs, avec une brève indication de l'époque et du lieu de leur supplice. Dressés, dès l'origine, sur les Actes mêmes
1 Septem notarios instituit qui gesta ruartyruin sollicite et curiose unusquisque , per regionem suam perquirerent. (Liber pontifical, S. Clemens, pap. I.)
Voir à ce sujet le remarquable travail de M. Nigon de Berty, directeur au ministère des cultes, sur la Statistique religieuse de la France, depuis 1802. L'auteur, dans son introduction, suit pas à pas le développement progressif de cette première institution de saint Clément, sous l'influence des papes ses successeurs, et établit que la science de la statistique religieuse doit ses premiers éléments au zèle éclairé des Souverains-Pontifes.
* Romana Ecclesia... materna caritate, non tantum Romse passos martyres censuit esse suos ; sed omnes ubique gentium se cum dolore peperisse. (Baronii, Martyrol. romain, Prefatio, c. vi.)