‹ Saint Denys l'AréopagiteChapitre 72 sur 160 · L . de ''époque de la · texte numérisé non relu

L . de ''époque de la

plus qu'une seule hypothèse possible : c'est que tous jj^n de saint les martyrologes , tous les Actes , les diptyques , tous les monuments de la tradition , des chancelleries mérovingienne et carlovingienne, de la liturgie et des offices publics se soient involontairement trompés en France , en Italie , en Grèce , en Angleterre , en Allemagne , avant et après saint Grégoire de Tours, et que, seul , ce père de notre histoire nationale ait eu entre les mains les véritables preuves de nos origines chrétiennes. Mais nous avons suffisamment montré que l'opinion conjecturale1, hasardée en passant d'une manière si timide par Grégoire de Tours, n'est appuyée par lui que d'un texte de la Passion de saint Saturnin, exclusivement relatif à ce saint martyr, et ne pouvant, en définitive, rien prouver pour les autres apôtres de la France , dont cette Passion ne dit pas un

1 Voir le chapitre consacré à l'examen du texte de Grégoire de Tours.

mot. Faut-il renverser toute la tradition pour épargner à Grégoire de Tours le mince reproche d'une déduction fausse? Cet historien est- il ordinairement si bien informé qu'on ne trouve pas d'autres inexactitudes à signaler dans ses ouvrages? Au contraire, les erreurs de ce genre, et de bien plus graves encore, y abondent. Enfin, s'il eût fait une dissertation spéciale pour appuyer sa thèse , nous pourrions comparer la valeur de ses arguments avec le poids de la tradition tout entière. Mais il se contente d'exposer, en deux lignes , un rapprochement que lui suggère la lecture des Actes de saint Saturnin, entre la date de son martyre et celle des autres évêques de Gaule. Il tient tellement peu à cette idée, émise en courant, si l'on peut parler ainsi, qu'en d'autres passages de ses écrits, il professe ouvertement l'apostolicité de nos Eglises des Gaules. N'importe. Ce mot tombé de sa plume deviendra un système complet, grâce à l'ardente polémique de Launoy . Heureusement le temps de ces controverses passionnées a disparu. L'école historique de nos jours a rendu aux faits la place que leur refusait un parti pris de dénigrement absolu. On ne saurait donc d'un mot de Grégoire de Tours, sur un sujet qu'il indique en passant , sans y revenir, et qu'il contredit lui-même, en d'autres endroits de ses ouvrages, conclure au renversement de toutes les croyances solennellement établies par des monuments, par des écrits spéciaux sur la matière , et par une chaîne de témoignages identiques dans tous les siècles ; ce serait la violation la plus flagrante de toutes les lois du bon sens et de l'histoire.

Conclusion. 13. Au point où nous sommes arrivé, après la démonstration qui ressort de ce qui précède, un scru-

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