Ibid., F^ 133, p
3. A. Dessalles, Histoire générale des Antilles, t. V, p. 520.
à l'exception des négociajits et de ce qui tient à la magistrature, la population n'est pour ainsi dire composée que de gens arrivant journellement d'Europe, qui, pour la plupart, ont passé les mers, fuyant leur famille et leur patrie, et sont venus en Amérique pour se soustraire soit aux corrections de leurs parens, soiL à celles de la justice. Depuis la paix, le nombre des habitans blancs a doublé, et il n'arrive pas un bâtiment de commerce, qui ne soit chargé de l'espèce mentionnée cidessus. Les vols, le tapage, les jeux, le libertinage, les mutineries, l'on dit presque les séditions, menacent de plus en plus cette ville de quelque accident funeste et que le gouvernement ne pourra arrêter que par les moyens les plus violens. Aussi est-il de la nécessité la plus absolue d'y établir promptement une police forte et active*. »
Étrange et insolite, d'après cela, doit donc être souvent la société qu'on s'expose à recevoir et à fréquenter. Après avoir exposé comment se forme cette société : « Il y a pourtant quelques honnêtes gens, même dans les grandes villes de Saint-Domingue, ajoute naïvement un auteur, malgré la peine qu'ils ont à conserver leur probité au milieu de tant d'autres qui n'en ont point-. » Le mémoire, dont j'ai cité plus haut un passage, met spécialement à part le monde de la magistrature. Mais ce monde, on s'en souvient, n'est pas lui-môme aussi « fermé » qu'il serait permis de le croire. J'en ai déjà dit les faiblesses. De nouveaux détails me portent à
1. Mémoire sur la police du Gap, 1780 (Arch. du min. des Col., Corr. gén., Saint-Domingue, 2^ série, carton XXX).