Girod-Chanlrans, Voyage d'un Suisse...., p
3. Moreau de Sa,ml-Méry, Descriptio?i de la partie française de Saint- Domingue, t. I, p. 19.
4. Le P. Nicolson, longtemps missionnaire à Saint-Domingue, donne cependant l'idée la plus avantageuse de la vertu des femmes, « On peut dire à la louange du sexe, écrit-il, qu'il sait respecter les bonnes mœurs, que l'honneur, la décence, la sagesse sont des barrières qu'il n'a pas coutume de franchir et qu'une femme déréglée, je ne parle que des blanches, est aussi rare que les hommes libertins sont communs. » (Nicolson, Essai sur l'histoire naturelle de Saint-Domingue, 1776, in-S", p. 53.)
5. C'est un certain Brousse, qui, en 1769, donne cette excuse aux déportements de sa femme, tout en demandant qu'elle soit enfermée (A. M. C, Personnel, E, doss. Brousse, B*").
naire à Tune de ces intrépides femmes, je vous félicite de nouveau, et, pour le reste, je m'en réfère à ce que j'ai déjà eu l'honneur de vous dire à plusieurs reprises ^ » L'étouffante atmosphère des tropiques, qui fait du bain quotidien l'occupation voluptueuse à laquelle s'attardent le plus volontiers les femmes, qui les autorise à n'adopter comme vêtements que l'indispensable, et les conduit naturellement ainsi à un soin exagéré de leur corps, à une perpétuelle contemplation de « leurs appâts », comme le dit un vieil auteur, crée peu à peu chez elles une ignorance naïve de la pudeur notée bien souvent et qui peut servir d'excuse ou d'explication à leurs mœurs, à leurs habitudes. Le déshabillé des femmes créoles est, en particulier, le plus suggestif qui soit pour elles et pour les autres. « Les femmes de la partie du Sud, écrit Moreau de Saint-Méry, portent des peignoirs à plis ou des casaquins à grandes tailles et longues basques, avec des gorgerettes retombantes. Le tour d'en haut évidela poitrine pour la laisser voir, et là-dessus l'on ne met que des fichus menteurs'. » « Une seule jupe, insiste un voyageur, et un peignoir de mousseline assez claire composent le vêtement journalier des créoles, et l'on n'est pas réduit à fureter longtemps des yeux, pour, à travers ce voile, distinguer bien des choses. Ce n'est que lorsque la circonstance exige une toilette plus recherchée, qu'elles y joignent un jupon de taffetas de couleur et un corset. » « Et avec un pareil laisser-aller, ajoute-t-il, ces femmes ont d'autant plus de mérite à vivre généra-
1. -Moreau de Saint-Méry, Notes historiques... (A. M. G., F' 133, p. 434).