Wimpiïen, Op. cit., t. II, p. Hl
3. Moreau de Saint-Méry, Notes historiques.... (A. M. C, F^ 138, p. 144).
VIK ET MOKURS CRKOLKS 315
dont clic lait sa cocolc. La cocoto est la conlidcnlc de toutes les pensées de sa maîtresse (et cette confiance est quelquefois réciproque), confidente surtout de ses amours. On no quitte pas la cocote ; on couche dans la même chambre, on mange et boit avec clic, non à table et aux repas, mais au moment oii l'on savoure ces ragoûts créoles, où la familiarité semble mêler un sel de plus, dans les endroits privés et loin de la vue des hommes'. » C'est de cet entourage de femmes de couleur, dont les unes sont quelquefois les maîtresses de leurs maris, de, leurs frères ou de leurs fils, que les créoles attendent le plus souvent toutes leurs distractions, tous leurs plaisirs, « écoutant des journées entières le bavardage flatteur, adulateur et tendre de ces compagnes inférieures qui louent la beauté de la maîtresse, Fexaltent, disent des histoires, racontent les nouvelles des habitations voisines^ », charment d'autres fois leurs yeux par des danses, mais surtout amusent leurs oreilles par les chansons qu'elles zézaient dans le doux et nonchalant parler créole.
Ces chansons sont innombrables, et presque toutes célèbrent l'amour sur un mode tendre et sentimental.
Quelques-unes retracent la rencontre de l'objet aimé :
Si to rencontre la belle To va fair zié ^ doux ba li.
Pis to trouvé li si belle, Hé ! bin, to n'a qu'à prend li.
Taille a li semblé gaulette,