‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 121 sur 141 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

partie de la France. Tous les sentiments honnêtes et généreux, s^iis étaient bannis du reste du pays, se réfugieraient, dit -il, dans le département de la Gironde ^. Bordeaux, en apprenant les événements de Paris, s'est constitué en insurrection; les communes voisines ont agi de même, et, de proche en proche, tout le département. Par un mouvement simultané , les corps constitués, les corps judiciaires, tous les . fonctionnaires publics se sont proclamés, aux acclamations générales : Commission populaire de salât public da département de h Gironde ^. Cette commission, appelant tous les citoyens au secours de la chose publique, leis a mis en état de réquisition permanente jusqu'au moment où la représentation nationale jouira de la plénitude de sa liberté.

A la voix de Guadet, ses collègues reprennent courage; un seul, le sensible Buzot quitte à regret les champs hospitaliers de la Bretagne; de sombres pressentiments lui montrent son tombeau entr' ouvert dans le midi de la France , mais il suivra ses amis , et jusqu'au bout il partagera leur sort *.

Une première barque part donc de Quimpey, emportant vers Bordeaux plusieurs députés; quelques jours plus tard un vaisseau quittait la rade de Brest,

*■ Louvet , Mimoirts ; édit. 1 8 a 3 , p. 198.

' Lettre du procureur général syndic du département de la Gironde au ministre de Tintérieur, datée du a juin 1 793. ^ Buzot, Mémoires, p. i85.

ayant à son bord Guadet, Barbaroux , Pétion, Louvet Buzot , Vaiady et l'un de ses amis. Ils voguent impa— ^flitients d'arriver au terme du voyage; ils abordent, ei^^st peu s'en faut qu'ils n embrassent avec transport cett^ ^e terre désirée ^ ; ils sont sauvés !

Tel était leur espoir ; mais bêlas ! à Bordeaux comm»* e ailleurs tout plie sous la terreur.

Les représentants de la convention, à leur têt e Ysabeau et Tallien, sont maîtres de la ville, quil^Hs traitent en place conquise. Us font jeter dans les cacbo^^is tout ce qu'il y a d'bommes attachés au principe d'um^Be liberté sage et modérée, d'ennemis connus ou suppos^^s des excès révolutionnaires.

Il fallut donc songer à se mettre en sûreté : Guad^^t laissa ses amis à Ambès , dans une maison appartenanrmt à son beau-père, et partit lui-même pour Saint-Ém^^î"

lion, sa ville natale, séjour de sa famille et de la pli ^'

part de ses amis d'enfance. Là , sans doute , il trouvenr^* des cœurs dévoués ; il trouvera certainement asfle ^^^^ protection pour ses collègues : un exprès viendra biet '^^' tôt les chercber de sa part.

Cependant les députés proscrits avaient été v dans le bourg d' Ambès ; Guadet s'était même nomm Dès lors il n'était pas difficile de deviner quels poi::::^— ^ valent être les autres. Ils se tinrent donc soigneus ment cachés, mais on connut bientôt leur retrait

^ Louvet , Mémoires ; édit. de 1 8 23 , p. 191.

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