PREMIÈRE PARTIE
côtés de la tour ont été revêtus de maçonneries destinées à la consolider; à un troisième côté a été adossée une cage d*escalier construite après coup.
Le décanat du cardinal de la Motte fîit donc pour Saint-Émilion le temps des grandes constructions. C'est encore à la même époque , tout autorise à le supposer, que furent construits le portail et les fenêtres gothiques de Téglise monolithe ou égjUse paroissiale, désignée peut-être dès lors sous le nom de Moastier vieux, pour la distinguer de Téglise collégiale ou Moastier neuf. Les sculptures du portail sont aujourd'hui complètement mutilées.
Faut-il encore rapporter au même temps , c'est ce que nous n'oserions décider, la construction de la jolie chapelle élevée au-dessus de la grotte même de saint Émilian, et connue sous le titre de Chapelle de la Trinité? On a dit avec raison de cette petite rotonde que l'élégante simplicité de sa forme et la pureté de ses profils la feraient prendre pour im petit temple grec, si ses fenêtres gothiques et ses colonnettes un peu grêles ne nous avertissaient pas que ce joli monument appartient au moyen âge. On trouverait difficilement, en effet, une simple chapelle d'une construction plus élégante et d'un meilleur goût. Aussi doit-on vivement r^retter qu'elle soit devenue propriété privée , et surtout qu elle soit laissée dans un état de dépérissement complet. Faisons des vœux pour qu au moins elle échappe à une entière destruction.
42 SA1NT;ÉMILI0N.
Enfin les constructiohs enclavées dans ie mur de ville, du côté du nord , et connues sous le nom de Palais-Cardinal, doivent-elles leur existence à Gaillard de la Motte? Sont-elles antérielires , sont elles postérieures à ce cardinal? L^nspection des parties qui subsistent encore nous porte à croire qu'elles appartiennent à plusieiu:s époques différentes, et que quelques-unes sont antérieures à Gaillard de la Motte. C'est là que fut anciennement le plus brillant quartier de Saint-Emilion, comme l'indiquent encore quelques maisons voisines des restes du palais.
Depuis sa fondation jusqu'au temps de la révolution française , le chapitre de Saint-Emilion marcha de pair avec les collégiales 1^ plus célèbres. Ses doyens furent presque tous des personnages éndinents, des évêques , des archevêques , des cardinaux : Arnaud dé Pontac, évêque de Bazas; François d'Escoubleau de Sourdis^ archevêque de Bordeaux; Louis de Bassompierre, évêque de Saintes, etc. furent successivement doyens du chapitre de Saint-Emilion ^. Peut-
' Voici une suite des doyens de Saint-Emition empruntée au Gallia cAmtÂina, et augmentée de quelques noms, d'après des documents que ne. connurent pas les auteurs de cet ouvrage : i° Gaillard de la Motte, neveu du pape Clément V; 2° Roger : ce doyen, inconnu aux auteurs de la Gaule chrétienne , se constitua en révolte contre le pape^^ainsi que nous rapprend une charte de la quatrième année de Richard II (i38o), rapportée par Rymcr; 3° Jean I" d'Espinay, mort en 1609 ; i° Jean II, Ferrand, son successeur; 5° Jean de Dieux- Aide, député du chapitre pour la rédaction de la coutume de Bordeaux, en iSao, inconnu aux auteurs de la Gaule chrétienne; 6** Arnaud II de Pontac, évêque de