PREMIÈRE PARTIE
plus récente que le portail , est aussi un morceau trèsremarquable par l'élégance et la pureté des ornements qui la décorent. Elle a intérieurement vingt pieds de profondeur; éUe est percée de trois grandes fenêtres élancées, dont Textrémité, terminée en ogive, est brillante de dessins variés et de riches ciselures. Les vitraux, étincelant de vives couleurs, représentent des sujets empruntés à fhistoire sacrée. On doit remarquer aussi la finesse et la précision du travail des quatre contre-forts qui séparent les croisées, et qui se terminent en pyramides d'une riche sculpture.
Enfin , si nous considérons dans son ensemble Tégiise collégiale de Saint-Émilion , nous dirons qu'à part toute prévention locale , cette é^se nous parait digne de Tattention des savants et des artistes. M. Jouhannet s'est trompé sur les dates, mais il a très-bien décrit ce qu'il voyait : « L'église de Saint-Emilion , ditil, offire le genre de grâce, d'élégance et de légèreté, qui caractérise les plus beaux monuments du xii* siècle (il fallait dire du xrv*). Ses ornements extérieurs, le sanctuaire , son double autel , les colonnes accouplées qui portent les voûtes et leurs ogives, enfin la flèche avec sa galerie et ses pyramides, tout dans cet édifice du moyen âge est marqué au coin d'un goût qui n'est plus le nôtre, mais auquel on trouvera toujours des charmes ^. »
La partie supérieure du clocher de Saint-Émilion,
^ Notice sur Saint-Emilion , dans le Musée d'Aquitaine, tom. If , p. 2 2 .
nous parait appartenir à la même époque que la seconde moitié de Té^se collégiale. L*étage qui pose immédiatement sur la tour byzantine d'Arnaud Guiraud ^ porte la hauteur intérieure de Tédifice jusqu à près de quatre-vingt-dix pieds ; le second, jusqu'à près de cent. Là se termine la tour carrée; une galerie élégante la couronne d'mie manière tout à fait pittoresque. Du sommet de la tour part une flèche octogone, dont la base a quinze pieds de diamètre dune arête à Tautre. Cette flèche est légère et d'un travail parfait. Sa hauteur est de soixante pieds; elle est accompagnée de quatre pyramides aux quatre angles de la tour. La hauteur totale de l'édifice est donc intérieurement d'environ cent soixante pieds.
Mais il ne faut pas juger par sa hauteur de l'effet 4ue produit ce clocher; car il emprunte de sa position au sommet d'un plateau et surtout de son isolement complet, qui permet à l'œil de le suivre depuis sa base jusqu'à son sommet, un effîet que ne produisent pas des monuments de cette espèce beaucoup plus élevés, mais accolés à des églises construites en plaine; vu à distance, il ressemble à un immense obélisque dressé sur une montagne.
La description que nous faisons ici du clocher de Saint-Emilion se rapporte à son état primitif; mais il n'est plus tel qu'il fut dans l'origine : sa base a , comme nous l'avons dit, été enterrée de pltisieurs pieds; deux
^ Voir ci-dessus page Sa.