‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 35 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

de iaDordogne eldellsie, placée de manière à dominer complètement sm* Time et Tautre de ces rivières. Sm* cette butte Charlemagne avait construit un fort destiné à tenir en respect les pays d*alentour. De là , dit-on , le nom de castellam Francicum ou Franciacam^, fort des Français. Les seigneurs féodaux n avaient garde de négliger une telle position ; au xiii'' siècle r un château féodal. surmontait donc la butte de Fronsac,» et rendait le seigneur qui le possédait maître à peu près absolu du cours des deux rivières de Dordogne et de risle. C'en est assez pour nous autoriser à supposer que le vicomte de Fronsac fit souvent acheter à ceux qui parcouraient ces rivières le droit de passer devant son fort. Saint -Ëmilion, dont le commerce ne pouvait guère s effectuer que par la Dordogne, se montra, sans doute, peu disposé à plier devant les exigences du vicomte; de là des guerres fréquentes.

L'acte conservé aux archives de Saint - Ëmilion constate la fin de ces guerres. Cet acte peut être traduit ainsi : « Soit chose connue de tous ceux qui verront ou entendront ces présentes lettres qu'il y a eu discorde et grande guerre entre honorable baron Raymond, vicomte de Fronsac, et les siens, d'une part; et le maire de Saint-Émîlion , les jurats ^ et la com-

^ Tous les auteurs qui ont parlé du château de Fronsac l'ont représenté comme la place la plus forte du Bordelais. ^ Jurais est le mot gascon répondant au mot français jurés. De là

mune de Saint-Émilîon et les leurs, d'autre part. » Les parties, cédant à la médiation du sénéchal de Gascogne et de plusieurs autres personnes considérables, s engagent à vivre en paix à Tavenir. Les termes de l'engagement pris par le vicomte méritent d'être rapportés; je traduis littéralement r «Savoir est que le susdit vicomte , pour lui et pour les siens , a reçu le susdit maire et les jurats et la commune de Saint- Emilion, eux et chacun d'eux et tous leurs biens , meubles et immeubles généralement quelconques, sous son sauf-conduit et sous sa protection, ainsi que toutes leurs marchandises quelconques , vins ou autres choses à eux appartenant, sur mer ^ ou sur terre, en quelque lieu qu'elles soient ou qu'elles aillent, ou de quelque lieu qu'elles viennent, ensemble les barques, les ancres, les conducteurs des barques et tous leurs apparaux, et tous les hommes, de quelque lieu qu'ils soient, qui, pour affaires de vins ou autres marchandises , ou pour toutes autres affaires , iront à Saint- Ëmilion ou en reviendront .... Le susdit vicomte est convenu , et a promis loyalement au susdit maire et à la commune de Saint-Emilion , qu'eux ni leurs barques, conducteurs ou apparaux, ni leurs vins, ni

«ans doute vient le titre donné dans le Bordelais aux ofiBciers municipaux assesseurs du maire.

* C est-à-dire sur la rivière de Dordogne ; les rivières , dans ces anciens documents, sont presque toujours désignées sous le titre de mers ; le nom d'Entre deux mers en est resté au pays compris entre la Dordogne et la Garonne.

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