DEUXIÈME PARTIE
En 1 4o8 , le duc d'Aquitaine , Henri IV d'Angleterre, considérant que, par suite de la guerre, la ville de Saint-Ëoulion est presque détruite ; et que ses habitants sont si pauvres qu'ils ne peuvent réparer ses fortifications, accorde à ses magistrats la faculté dû lever, pendant douze années consécutives, un droit extraordinaire sur le vin vendu en taverne et sur le blé vendu au marché, mais à la condition expresse que le produit de ce droit sera employé à réparer et à fortifier la ville , et non à d'autres usages ^
Seize ans plus tard, l'an ilxilx, une nouvelle charte accorde à Saint-Émilion de lever pendant cinq ans le droit créé par celle de 1 4o8. Cette charte rappelle les dispositions de la précédente, et elle ajoute : « Nous voulons pour les mêmes motifs, et parce que les murs de ladite ville sont tombés en grande partie, accorder au maire, aux jurats et aux bourgeois de Saint-Émilion que, pendant le terme de cinq ans, ils puissent
d'état de se défendre contre les entreprises des Français, on crut devoir en prévenir le duc : un ceiiseil fut tenu entre ies officiers du prince , les représentants des villes et les barons du Bordelais : on y arrêta qu'on enverrait au duc deux députés , que la ville de Bordeaux, en enverrait un troisième en son propre nom , qu'un tiers des frais du voyage serait supporté par la ville de Bordeaux , par celles de Saint- Émilion , de Lil^ume et de Bourg, et les deux autres tiers par le clergé et la noblesse. (Voir D. Devienne, Histoire de la ville de Bordeaux,
^ «Ita semper quod pecunia sic levata et coUe-cta fuerit, super re- «parationem et fortificationem villie praedictae, et non in alios usus « convertatur. • (Charte conservée à Saint-Émilion.)
lever le même droit pour réparer et fortifier lesdits
murs ^i »
On voit que les ducs d'Aquitaine mettaient toujours une grande importance à la possession de Saint-Émilion. Toutefois cette ville devait bientôt leur échapper avec la province entière. Mais avant de montrer Saint-Emilion sous la domination des rois de France , jetons un coup d'œil sur l'état général de cette commune au temps des derniers ducs héréditaires d'Aquitaine.