VIII OBSERVATIONS
partenant à ces trois mois doivent passer dans notre système actuel avec un millésime accru d'une unité. Ainsi , par exemple , une charte datée du 1 2 février 1 4oo devra être inscrite sous la date du 1 2 février 1 4o 1 .
A la chancellerie d'Angleterre , on suivait et l'on suit encore un autre système; les diplômes, n'y sont pas datés de l'année de Jésus-Christ, mais de l'année des différents règnes. Le commencement de l'année varie donc avec ces règnes, et le premier soin du chronologiste est de déterminer la date du commencement de chaque règne d'après notre calendrier actuel; cela fait, il n'aura plus qu'à établir la concordance de l'année du règne avec l'année, ou plutôt avec les années de l'ère chrétienne. Mais il se présente souvent un autre genre de difficulté : les diplômes portant tout simplement le nom du roi dont ils émanent, lorsque, dans une période plus ou moins longue, il se rencontre plusieurs rois du même nom, on est souvent embarrassé pour déterminer auquel on doit attribuer le diplôme. Soit une charte datée de Gondat, le 7 juin, l'an XVII du règne d'Edouard (c'est la date de la charte qui confère aux magistrats de Saint -Emilion la haute, moyenne et basse justice). Trois Edouards se succédèrent
sur le trône d'Angleterre depuis 1272 jusqu'à 1377:
Edouard P% Edouard II, Edouard III, et le règne de tous trois se prolongea au delà de dix-^ept ans. Auquel des trois appartient la charte .^ On sait que , depuis la xiv*' année de son règne, Edouard III prit, dans les diplômes, le titre de roi d'Angleterre et de France; or, la charte dont il s'agit portant le seul titre de roi d'Angleterre, Edouard III se trouve hors de cause. Restent Edouard P^ et Edouard II;
CHRONOLOGIQUES. ix
Edouard II , au mois de juin de la xvn* année de son règne, c'est-à-dire en i325, était retenu dans les iies britanniques par les troubles d'Angleterre, et par consécpient ne pouvait signer une charte à Gondat; celui-ci donc doit encore être écarté. Ainsi la charte appartient nécessairement à Edouard I*'. En eflet, le 7 juin de l'an XVII* de son règne, cest4i-dire de Tan 1289, ^^ prince était à Gondat, où Ton sait qu il passa les mois de mai et de juin.
Venons aux actes émanés des autorités locales.
On peut dire d'une manière générale que dans la Guienne, du xii' au xvf siècle, l'année commença le 25 mars, époque fixe, quoiqu'il y ait eu de nombreuses exceptions à cette règle. Il est certain du moins qu'il en fut ainsi dans le Bordelai$, et particulièrement à Saint-Émilion ; on le voit par les registres municipaux de cette ville. Le plus ancien de ces registres commence le 26 juin i458 et finit le 17 décembre i^Sg. Les derniers procès-verbaux portant le millésime ii458 sont du 17 mars, puis on lit : Los rolles, clamors, corellas e deff, son treytz (détruits ) dassi en sus; puis enfin le registre reprend à la date du 2 avril i i^àg. L'année commençait donc entre le 17 mars et le 2 avril. Prenons un autre exemple : nous avons un registre commençant le 3o juillet i5d2. et finissant le 26 juin lb^^, Le dernier procès-verbal avec le millésime i5d3 est du 24 mars, et immédiatement après vient un autre procès-verbal du dernier de mars ibHà, L'année commençait donc entre le 2 4 et le 3 1 mars , ou le 2 5 mars ( on ne peut supposer qu'elle allât d'une Pâques à l'autre, car en i544 la fête