‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 73 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

pays de Xaintonge, Perigort, Lymosin, Âgenois et Auvergne ^ »

On doit croire cependant que l'obligation pour les habitants de Saint-Émilion d'entretenir les fortifications de leur ville était encore trop lourde poiu'eux, puisque, en i5&o, les magistrats municipaux demandent qu'un commissaire soit envoyé sur les lieux pour a veor et visiter les tours et balovards ^ de ladicte ville, et les murailhes d'icelle et la ruyne du tout'. » Un commissaire fut envoyé en effet, des experts maçons furent mandés , on procéda à un examen minutieux, et il fut constaté que, i** la ville de Saint- Émilion était fort ancienne , « et en appert , dit le procès-verbal, par l'inspection et antiquitez qui sont en

icelle , qui est assise et située sur rochers »

a" qu'elle est très-forte, « et est ladicte ville construite et édifiée en lieu fort, et les murailhes de ladicte ville sont moult anciennes et subjectes à grant réparations, laquelle dicte ville. ... est forte autant et plus que ville que soy t en Bourdeloys ; » 3* qu'il est urgent d'y faire des réparations , et que , c si iesdictes réparations ne sont faictes , une grande partie desdictes murailhes sont en dangier de thiunber; » 4® que les habitants de Saint-Émilion ne peuvent supporter les dépenses qu'entraîneraient les ré-

' Charte conservée à Saint-Emilion.

* Boulevards.

' Procès- verbal du i3 mars i539 (i54o).

parations qu il est urgent de faire, attendu qu'ils se sont épuisés à préserver les fortifications de leur ville d'une ruine imminente ►

Les réparations nécessaires furent faites, à ce qu'il paraît, car Ton voit encore les traces des travaux ordonnés à cette époque.

Par son édit de Crémieu, du 1 9 juin 1 536, le roi François I** avait posé des règles générales de juridiction, et ordonné que les assemblées d'élection des maires , échevîns et autres officiers municipaux des villes du royaume seraient présidées par les baillis, sénéchaux, etc. lesquels recevraient le serment de ces officiers, les installeraient, examineraient et arrêteraient les comptes des deniers communaux, et connaîtraient des différends élevés à ce sujet. Plusieurs villes de la sénéchaussée de Guienne s'opposèrent à la publication de cet édit; mais il fut passé outre. Saint-Émilion se pourvut près du roi : il rappela ses franchises et demanda que ses droits fussent reconnus. Il expose, ce sont les paroles du roi , «que, en ladicte ville , ont esté d'ancienneté par nos prédécesseurs instituez , pour l'administration de la police d'icelle douze juratz , auxquels , par privilèges donnés par nos prédécesseurs et expressément par nous confirmés, a esté donné jurisdiction , droict de justice haute, moyenne et basse, dedans icelle ville et banliefve d'icelle, au moyen de laquelle ilz sont en possession et saizine de faire assemblée générale quand

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