‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 85 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

fis firent brûler les planchers des maisons , les meubles des boutiqoes, brisèrent lés portes- et les cofiBres; ils brûlèrent les papiers et les registres des notaires; ils pillèrent f église paroissiale et le couvent des Jacobins; dérobèrent « la custode d'iceluy et brisèrent soubs les pieds Teucharistie estans en icelle. )> Ils incendièrent deux maisons dans Tune desquelles, disent nos registres municipaux, ula maîtresse et enfants ont esté bruslés et tués; leur bled , linge, utensiles de maisons, aostres leurs biens desrobés.» Les mêmes registres accusent encore les troupes d'avoir a violé une fille; blessé à la mort et rançonné une infinité de manants et habitants de ladicte ville et jurisdiction. »

Pour se débarrasser de pareils auxiliaires, les jurats employèrent encore l'expédient dont le maire avait déjà usé auparavant; ils obtinrent le départ des troupes moyennant une somme de 34o livres 6 sols. Comme les précédentes compagnies, celles-ci encore, en quittant la ville, emportèrent les meubles des habitants.

C'étaient là de terribles calamités. Toutefois elles étaient fortuites , accidentelles ; mais il y en avait aussi de générales et permanentes, et celles-là étaient plus

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tristes encore, parce quelles s étendaient à tout, et qu*il était impossible d'en prévoir le terme. Nous en trouvons un tableau curieux dans un mémoire en forme de remontrances, adressé au roi Henri III, Tan 1876, par la ville de Saint-Émilion ^

Les rédacteurs du mémoire s'occupent d'abord du clergé , et commencent par s'élever contre « TambitioB , avarice insatiable, luxe, oysiveté et vie scandaleuse des personnes ecclésiastiques, lesquelles, au lieu de monstrer une bonne, saincte et exemplaire vie, la pluspart ne servent que de maulvais exemple, n'ayant la crainte de Dieu ne de la justice bumaine devant leurs yeux; tellement qu'ils ont baillé l'occasion aux troubles et hérésies advenues dans le royaume ^. » Pour remédier à ce mal, et pour réunir tous les sujets du

^ Arcb. de Saint-Émilion. Ces remontrances étaient signées de P. Bouquey, maire; le nom des jurats est illisible. (Voir du reste la note de la page i44*)

' Dans d'autres remontrances ou suppliques de Tan iSSa, où sont reproduits à peu près les mêmes griefs que dans celles-ci , on lit : < Les prébandiers de Téglise collégiale (de Saint-Émilion) , au lieu d'y célé-~ brer le divin service et y assister aux heures canoniales, s'empeschent

ordinairement d'aller servir les paroisses au moyen de laquelle

dispense, et ne faisans les curés résidence en leurs bénéfices, plusieurspersonnages, leurs paroissiens , se sont débandés de Tégiise catholique, apostolique, romaine, et sont allés ouyr les presches es lieux circonvoisins, au très -grand escandale et détriment du repos public, mesme de la perte de leurs asmes , combien qu'ils ayent revenus sufiBi zans desdictes cures pour leur entretenement. » On se plaint ensuite d ce que le curé et le théologal ne remplissent pas les obligations qui lem* imposent leurs charges.

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