‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 87 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

pour « ayder i marier les pouvres filles; 2"" pour l'entretien de deux ou trois régents. » Le surplus sera versé aux finances royales.

n sera permis aux officiers du roi , et à ceux des seigneurs dans leurs juridiction, d'emprisonner et de châtier les moines et religieux qu'ils trouveront a vagants par les ruhes , marchés et aultres lieux publicqs, s'ils ne sont pour le moings deux de coreligieux , ayant congé de leur supérieur pour pourveoir aux affaires de leur communauté ; » nul ne pourra prendre l'habit qu'il n'aye passé vingt-cinq ans à peyne séculière. Aucun étranger ne pourra exercer aucun office , tenir aucun bénéfice séculier ni régulier dans le royaume, s'iJ n'est naturalisé par lettres expresses du roi.

Les archevêques, évêques et autres prélats feront, de trois mois en trois mois, à leurs dépens, une tournée dans leur diocèse , « réformeront les abus et cérémonies superstitieuses , informeront sur les délits qui se commettront par les ecclésiastiques séculiers et réguliers, et iceulx puniront instamment selon la rigueur du droict, exepté des cas et crismes dont la cognoissance appartient aux officiers royaux et aultres des seigneurs. »

Enfin on demandait que les bénéfices ne fussent conférés qu'à des personnes élues upar commune voix et opinion du chapitre de leurs églises, et aultres personnes notables des villes et communaultés de leur résidence, sans... que pour ce, ajoutait-on, il soit

bésoing rfenvoyer en cour de Rome pour impétrei aulcunes bulles , dispenses ne signatures , attendu que vostre majesté nest subjecte au pape, empereur, ne à nul monarque du monde. »

Viennent ensuite des considérations sur la noblesse, à laquelle on reproche d'avoir « postposé sa qualité, pour s'accommoder à Tusage plébéien. » La plupart des gentilshommes du royaume tiennent des bénéfices , dit-on, et il ne se fait aucune ferme sans qu'ils se rendent fermiers ou qu'ils participent dans l'opération. '(De quoy ils se sont tellement occupés, pour le proufiBct qu'ils y treuvent, que, pendant les guerres civiles.... bien peu en nombre se sont présentés à vostre service, ayant mieulx, aymé estre cazaniers, oysifs, trafique marchande et mesnagers les fruicts desdicts bénéfices , que prendre les armes pour la défense, union et repos de vostre royaulme ^ »

n résulte de là d'abord , que les gouverneurs des provinces ont été obligés de créer des capitaines , des lieutenants, des enseignes de basse condition , qui, d'un coté , ne furent jamais bons soldats , qui, de l'autre, se donnent des airs de noblesse , et s'arrogent les droits et l'insolence des gentilshommes : « les aulcuns ont usurpé et achapté des places nobles de ceux qui sont esté contraincts les habandonner et se retirer ailleurs,

^ Montaigne, dont le château est peu éloigné de la ville de Saint- Ëmilion , se vante d*étre resté totalement étranger aux troubles de ces temps-là.

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