DEUXIÈME PARTIE
pour Tassurande de leurs personnes et biens; les aultres font édifier des grands et superbes édifices; les aultres ont baillé leur pilheries et larcins à l'intérest; les aultres font estât de jouer et tenir à leur suicte , âoubz le prétexte de noms de capitaines , une infinité <le vagabonds et bambliens , au lieu que de tout temps l'on avoit accoustiuné créer des gentilshommes de nom et d^armes capitaines , lieutenants et enseignes , qviî avoient leur honneur et réputation, et avoient de longue main faict preuve de leur vailhance et suffisance. De sorte que, pendant que tel ordre a esté ol>3ervé en vostre royaulme, il a tousjouis demeuré ^*^ bonne paix et union, et toutes choses y ont heu- ^^visement succédé; et, au contraire, à présent tout ^st renversé, perverty et adultéré.» On demandait ^^nc : i" que le titre d*écuyer fut interdit à quicon- ^^e ne le possédait pas légitimement; 2° que cha- ^^ïi rendît compte de ce cjuil avait extorqué, sous P^îne de la vie et de confiscation des biens; 3° qu*à * avenir les gouverneurs de province, villes, châteaux ^^ forteresses ne pussent dans aucun cas créer capi- ^^ines, lieutenants ou enseignes que des «gentils- *^ommes de marque, de nom et d'armes, expérimentés ^u fait de la guerre, lesquels répondraient de tous *^s excès, extorsions et violences commis par ceulx ^e ieiu's charges et compaignies ; » 4° que les gentils- *^ommes ne pussent tenir aucune ferme , directement ^u par personnes interposées, sous peine de perdre
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leur noblesse ; 5"* que le ban et rarrière-ban fussentenus de servir, à peine ^;alement de privation de noblesse; 6^ que les gentilshommes payassent la tailli pour ce qu'ils possédaient de biens roturiers, « mesm^^ au présent pays de Bourdelloys, disait-on, où 1^^ tailles sont personnelles.... et à tant, toutes les taillas doibvent estre réelles, car estant personnelles en (^^ pays de Bourdelloys, il advient souvent que le pouvr^^e paye plus que le riche... ce que n adviendrait si l^^s tailles estoyent réelles; lesquelles se poiirroient levfl^sT
par demyes années, en événement que le revenu qi ic
vostre majesté prendra sur les ecclésiastique ne fv^^^ sufiizant pour vostre entretennement et des gens cr^ic guerre... et aultres vos affaires, comme il a été cy-de^^^ssus remonstré. »
Venant enfin au tiers état, on se plaignait surto^' ^^ en son nom des tailles , subsides et nouvelles impôts- •**' tions ^ mises à sa charge , et a aussi de tant d'oflficie:^ "^^ de justice superflus, et dont les gaiges pesaient le peuple ^.v»
Les impositions, disait-on, ont pour auteurs h étrangers , et les étrangers encore en ont le maniemcnrrr:^^ et l'administration , et transportent les deniers hoi^^"^ du royaume. Ils ne sont bons qu'à entretenir la guem:^^^^^
* Saint-Émilion revient souvent sur rénormité des impôts mis à ^
charge. Il y a parmi les papiers conservés auxi archives de cette vil pne foule de suppliques ou de remontrances à ce sujet.
' Même observation qu« dans la note précédente.