‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 94 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

^oyent emporter, ils le gectoyent dans les foussés et louhes, pour leurs meilleurs commodités de les faire lesplasser. Et croyent, aux serments qu'ils ont faicts, pe c'estoyent des plus précieux meubles desdicts labitants, lesquels dicts meubles ils veirent que Ton es faisoit conduire vers le quartier de Gastillon, îaîncte-Terre, Lavaignac, et autres lieux tenants leur )arty où bon leur sembla. Et non contents de ce, à eur département, ils apparceurent et recogneurent ju ils ênmenoyent prisonnier ledict Voy sin et Morault , urats; les sieiœs Helies Chevalier, et Jehan Raoul, adis maire; M* Gabriel Goudin, advocat; Mathurin Kiays, notaire royal; Mathieu Bernard, Pierre Dea£aiye, aussy notaire royal; M* Jacques Voy sin et Mi- ;heau Jehan, chanoynes, tous les religieux des jacopins et cordeliers, et plusieurs aultres desquels ils mt déclairé n'estre souvenants, dont les acdcuns sont îsté contraincts payer la somme de cinq cens escus pour leur rançon, mesme lesdicts Chevalier, Raoul 5t M* Jehan Audrault; aux autres troys cens et deux cens , et la moindre rançon , ainsi qu'ils ont entendeu, estoyt de cent escus. ... Et despuys, lesdicts attestants estans allés et venus dans ladicte ville, et fréquenté les maisons des particuliers d'icelle, ont apperçeu que tous les coffi^es, armoires, boutiques, chaslicts , autres lieux secrets de leurs maisons

esto'yent rompus et brisés lequel dommage et

inlérest, quand il seroyt particulièrement extimé

chescun en sa perte , reviendroy t à plus de cinquante milescus, parce que, savant ledîct accident, ils ont,:»^#t veu que ladicte ville estoyt riche et oppuiante, et^|-^t bien accommodée de toutes choses, et à présent ils^>& Js voyent que les plus riches sont si très-pauvres et dé — ^plorables, qu'il n'y a homme de bon cuer qu'il n eusV^<^t pitié d'eux, les voyant en si misérable qualité qu'oiir:!^ n les veoïd à présent ^ »

Ainsi il serait difficile de déterminer de quel parti -5^, du catholique ou du protestant, la ville de Saint::^" jt- Émilion éprouva le plus de mal ; ce qui signifie que quelque chose qu'ils fassent, les faibles ont toujours tort.

Cependant tous les excès dont cette ville fut time ne purent la faire dévier de la ligne de conduite ^^•^ qu'elle s'était tracée. Toute dévouée aia intérêts d^ -^^ la religion catholique , elle sut toujours démêler c^ ^^^ qui touchait véritablement à cette religion de ce qui -^^^' sous prétexte de la servir, ne faisait que couvrir d^ ^^ son nom sacré des ambitions ou des haines privées. -^^ '^' Ainsi la ligne s'était formée en iSyy; Saint-Émilion::*^'* lui refusa son' adhésion^, à ce qu'il paraît; et ce n'esf'^^^* qu'après l'édit d'union porté par Henri 111, en i588que Saint-ÉmUion entra dans l'association.

L'édit d'union fut reçu dans cette ville le 2 scfp— tembre; le lendemain il fut publié «par les quatre

^ SappHqoe de Tan i58o. (Arch. de Saint-Émilion.)

' Procèft-verbal An 39 juin iSgi. (Arch. de Saint-Émilion.)

Page 1