‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 93 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

averti du projet d'excursion des habitants de Saint- Émilion , fit « dresser une entreprise à quelques-uns des siens, » ce sont les secrétaires de Sully qui pai^ent, et envoya à Sainte-Foy tous ceux qui désiraient être de la partie ^ , afin qu'on ne pût dire l'expédition préparée en un lieu compris dans ]es limites de la trêve. Au joiu" fixé, on se mit en marche sur le soii% et, deux heures avant le jour, on se trouva à un quart de lieue de Saint-ÉmUion , où ayant mis pied à terre , continuent les mêmes secrétaires , « vous marchastes par un profond vallon , et arrivastes sans alarmes près des murailles. Geluy qui menoit le dessein marchant devant avec six soldats choisis qui portoient la saucisse, laquelle ils fourrèrent dans une assez grosse tour, par deux canonières assez basses qui estoient en icelle , ausquelles saucisses le feu ayant esté mis, la tour s'entr ouvrit (de sorte que deux hommes y pouvoient entrer de firont) avec un tel tintamarre, qu'il fut entendu jusqu'à Centras; laquelle occasion fut aussitost embrassée pdr tous vous autres qui estiez couchez sur le ventre, départis en trois bandes, chacune composée de vingt hommes armez et soixante harquebusiers; et, après eux, venoit encore M. de Roquelaûre avec soixante hommes armez , pour demeurer ddiors

maire était B. Biays; les jurats : P. Delescure, F. GhoyeraUhes, J. Voy- 8ÎQ, H. Morault; le procureur d office, J. de Lagrange.

^ L'expédition fut conduite par le capitaine Lambertic. (Procèsverbal de Tan 1 58o , aux archives de Saint-Emilion. )

et subvenir aux accidents qui se pourroient présenter. Vous entrastes dans la ville sans aucune opposition , et ne rencontrastes que deux troupes qui ^ ayant tiré quelques harquebusades, se retirèrent;, bref, il n'y eut que quatre hommes de tuez de ceux» de la ville, et six ou sept de blessez; et, de vostrer costé, deux soldats tuez et trois ou quatre blessez^ puis tous .les habitants se renfermèrent dans leurs^ maisons, sans faire plus aucmie défense; puis oi^ s'employa au pillage, où les gens de guerre, et surtout les voisins du lieu , s'employèrent comme brave» Gascons ^ » Selon les documents officiels de Saint- Emilion, c'est par la trahison de quelques habitants^ que, la nuit du 16 octobre, les huguenots s'emparèrent de la ville. Dans une enquête faite à ce sujet , des témoins déclarent qu'ils « sont bien mémoratif^ dudict jour, seiziesme octobre, que ladicte ville fust:prinse par ceidx de ladicte prétendue religion réformée, et qu'ils la surprindrent. Lesquels y séjourna— rent jusques au Jundy en$uyvant, heure de midy , et^ pendant leur séjour, ils pillarent, ruynarent, empor— tarent et desplassarent tout ce que bon leur sembla ^ et comme ils (Ze5 témoins) veirent . charryer par ieurs^ chevaidx, asnes et valets en sy très-grand nombre^ qu'ils n'ont pu en espécifier lesquels dicts meuble^^ ils emportoyent enveloppés dans des linceulx {de^ draps), couvertes et à pleins sags; et qu'ils ne pou^ —

* Sully, Économies roycdes^ ch. xiv.

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