‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 96 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Libourne, chassé ses ennemis rebelles de la ville de Saint-Émilion ^

II paraît toutefois que, depuis la mort de Henri III, les paroisses rurales de la juridiction de Saint-Émilion commençaient à jouir dune assez grande sécurité. Les habitants de Saint-Martin exposent , dans une supplique de Tan i Sg i , que a y a cinq ou six ans passés que, pour l'injure du temps et les invasions et les larcins qui se commettoient ordinairement par les gens de guerre au présent pays, ils fiirent contraincts de retirer deux cloches en la présent ville (Saint- Émilion), pour mieux les asseurer. )> Ils rappellent qu'ils ont déjà repris une de ces cloches ,^ et ils ajoutent : « Voyant que Dieu faict à présent ouverture à son peuple par sa bonté d'estre plus asseurez, encleins et assidus à le servir que par le passé , désirent retirer l'autre cloche pour les inciter de mieux en mieux ^. »

Peu après Henri IV abjura le protestantisme pour rentrer dans le sein de l'é^e catholique^; et la paix se rétablit en France , au moins pour quelque temps.

^ Ces lettres sont entre les mains de M. le duc Decazes. (Voir d*ailleurs Touvrage intitulé Essais et variétés historiques sur Lihoume, tom. I , p. 385.

* Supplique des syndics de la paroisse de Saint-Martin aux magistrats municipaux de Saint-Émilion , Tan 1 691 .

^ Le 3^ juillet iSgS. Il ùi son entrée à Paris, le 23 mars iSgi.

S vra.

Suite de l'histoire de Saint-Émilion. — ' Visite ds Louis XIII. —

(iSgS-iGai.)

Saint-Émiiion tenait encore à ses libertés, à ses firan— chises , bien que ses libertés et ses franchises eussent: été fréquemment méconnues et violées; elles lui coii— taient, à coup sûr, beaucoup plus qu'elles ne valaient maintenant, mais peut-être était-ce là ce qui les lui" rendait plus chères ; car nous nous attachons d'autant plus aux choses qu elles nous ont coûté davantage.

Au mois d'octobre iSgS, Henri IV, à la demande des magistrats de Saint-Émilion, leur confirme les beaax et grands privilèges que ses prédécesseurs rois de France leur ont accordés : « Exemptions , usaiges , franchises, libertés, statuts, ordonnances, justices et jurisdiction, déclairés et spécifiés en leurs an tiens tiltrès et privilèges , aydes de vins vendus en tavernes es dictes ville et banlieue, qui est de vingt deniers l'un, accoutumez de prendre en icelle ville 6t banlieue, poix {sic)j plassaiges et mesiœes, usances et observances quelconques, » et tous autres droits concédés et accordés à la ville par les rois de France et par les ducs de Guienne ^

De même Louis XIII, à la requête des mêmes of^ ficiers municipaux , confirma les coutumes , liberté-

^ Arch. de Sain^-Émiiion.

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