DEUXIÈME PARTIE
les sieurs de .chapitre et des couvents y estant aussy venus avecq leur croix en procession , psalmodiant et chantant, sa majesté seroît arrivée environ les dix heures du matin ; au-devant de laquelle lesdicts sieurs maire et juratz s'étant mis à genoux, ledict sieur maire luy ayant représenté le contentement incroyable que tous les habitants recepvoyent en son arrivée, le zèle, l'affection et la fidélité qu'ilz avoient tous à son service , suppliant sa majesté de les croire et tenir tousiours pour ses très-humbles et fidelz subjectz, il lui auroit de rechef présenté les clefs, que sadicte majesté auroit prins des mains dudict sieur maire, et icelles baillées au capitaine de ses guardes scouzoises , qui les auroit soudain après rendues audict sieur Chevalier, maire; ce qu*estant faict, sadicte majesté les ayant exortés de se mainctenir tousiours en son obéissance, elle seroit entrée dans ladicte ville et conduicte dans Thôtel du doyenné ^ et messieurs le Pi'ince, connestable^, guarde des sceaux', mareschaux de Lesdiguières , de Choiseuil*, de Sainct-Géran ^ et
Jousse, Arnaud Deymène, Antoine Gheverailhes, Pierre Guadet et Pierre Grangier, ci-devant jurats.
^ Le doyen de Saint-Émilion était dors François d'Escoubleau de ourdis, archevêque de Bordeaux.
* Gharies d'AlBmt, duc de Luynes, qui mourut la même année.
^ Guillaume du Vair, qui mourut le 3 août à Tonneins pendant la siège de Ciérac.
* Charles de Ghoiseul.
^ Jean François de la Guiche, comte de Saint-Géran.
plusieurs autres grands seigneurs , en grand nombre , auroyent aussy esté logés en ladicte ville, avecq leurs équipages, faisant en tout le nombre de plus de (piatre mille hommes. Et pour ce qui estoit de Tarmée , qui venoit à la suite du roy, qui estoit de douze miUe hommes , elle fut logée dans la jurisdiction , suyvant les despartitions qui en furent faictes. »
Les relations du temps disent que le roi, étant à Saint-Émilion , «remarqua l'admirable construction de réglise principale » et qu'il reçut deux avis : « l'un du duc de Mayenne, de la reddition de Nérac, et l'autre qu'il trouveroit de l'obéissance dans Bergerac ^^ » Le roi lui-même écrit de Saint-Émilion au président du parlement de Paris : « Monsieur de Verdun, vous saurez par ceste-cy que j'eus hier nouvelles asseurées de mon cousin le duc de Mayenne, qu'il avoit réduict la ville de Nérsic en mon obéissance; et que, ce matin à mon réveil , ay eu austres nouvelles que le sieur de la Force et les siens avoient quitté Bergerac , et laissé les habitants maîtres de la ville , lesquels me sont venus trouver et rendre Tobéyssance qu'ils me doivent avecq autant de joye et de contentement qu'ils avoient auparavant de douleur et de regrets de se trouver sous la tyrannie des rebelles. Ce sont des œuvres de Dieu, à qui j'en rends grâces très-humbles. Vous en ferez de mesme et part à tous mes bons semteiu^ de tant d'heureux succès, et je prierai sa divine bonté vous
^ Mercure de Frcmce, tom. VII, p. 600.