‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 100 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

a.Toir, monsieur de Verdun , en saincte et digne garde. £critaucamp de Saint-Émilion , ce dimanche 1 1 juillet 1 62 1 ^. »

Ce même jour de dimanche le roi, «apprès avoir ouy messe dans Téglise collégiale du moustier neuf, et après avoir disné, quitta Saint-ËmiUon vers les dix heures du matin , et s*en alla coucher en la ville de Castiilon, tesmoignant à son départ, ensemble toute sa cour, qu*ilz avoient receu du contentement au logement qa'îlz avoient faict en la présent ville. Et de faict, lesdicts sieurs maire et juratz sestant assamhlez et transportez à la porte Bouqueyre , pour avoir Thonneur de saluer sadicte majesté à son départ, après leur avoir offert de rechef tout ce qui estoit en eux, sadicte ociajesté les auroit de rechef exortés à se maintenir dans son obéissance, comme ilz avoient tousiours faict, s*inclinant vers ledict sieur maire , le remercia , et lui ^yant mis la main sur Tespaule, luy dict qu'il s en resouviendroit, de quoy et de tout ce que dessus il a ^sté faict acte, pour servir en temps et lieu que de Maison. »

Du reste , le rôle actif de Saint-Émilion est à peu près fini , et cette ville perd chaque jour le rang qu'elle a jusqu'ici occupé dans la province. Lorsqu'au comrnencement du xiii* siècle elle soutenait des gueiTes oontre le vicomte de Fronsac, Libourne n'existait (>as , avons-nous dit, et Castillon n'était qu'un château.

> Mercwrt de France, tom. VII, p. 600.

Aujourd'hui, au contraire, Libouriie est une vill^ florissante, Castillon prend un accroissement rapide, et Saint-Émilion tombe en ruines. Chacune de ces villes accomplit sa destinée.

La commune de Saint-Émilion s'était formée au plus fort de la féodalité, et en vue de se soustraire aux tyrannies féodales du pays; tout, dans la formation de la ville , avait été calculé pour lui faire atteindre ce but. Elle avait été perchée sur des rochers aux abords difficiles; elle s était entourée de fossés et de murs infranchissables. Tout cela lui donna de l'importance tant que le système féodal conserva quelque vigueur; mais plus tard, lorsque les seigneurs féodeaux commencèrent à' plier sous l'autorité royale, dont la prépondérance assurait la sécurité des villes, cette position escarpée , ces fortifications ne furent plus un avantage, mais plutôt un inconvénient. La sécurité enfanta l'esprit d'industrie , de commerce , source de bien-être, de fortune; mais tout commerce, toute industrie était interdite à Saint-Émilion : cette ville n'avait ni port, ni grandes routes, seules choses qui fussent maintenant de quelque valeur; elle n'avait non plus ni les mœurs , ni les habitudes qui font une population commerçante et industrielle; son rôle était fini, sa destinée était accomplie.

Libourne, au contraire, constitué plus tard en commune , fut placé dans une position des plus avantageuses, non pour la défense, mais pour le commerce

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