pluviôse (21 janvier
. . » Que toutes les communes des districts de Roanne et de Villefranche sont responsables de la vie du citoyen Lapalus ; que toutes les insultes et violences qui pourront être commises contre sa personne seront vengées au nom du peuple françois qui doit se lever en ma«(se dès qu'un de ses défenseurs est attaqué (3).
(1) Voir page 384.
(2) Archives de la Loire.
(3) Ibid.
Pignon n'acceptant pas d'être le juge, allait accepter d'être le pourvoyeur du tribunal révolutionnaire.
II y eut, à ce moment, à Montbrison, une entrevue du triumvirat Javogues, Lapalus et Pignon, et il fut arrêté, après délibération, une liste des arrestations à opérer dans le district stéphanois : c'est Javogues qui inscrivit les premiers noms. Pignon, les autres (3). C'est bien certainement dans cette entrevue que Javogues confia à Pignon la mission d'emplir à nouveau les prisons de Saint-Etienne un peu vidées par le détachement du 25 nivôse :
Les repr(^senlant8. . .
Instruits que dans Commune d'Armes et autres environnantes il existe encore beaucoup de contre-révolu lionnaires, accapareurs et fanatiques ; que, suivant une liste qui nous a été remise, leur nombre s*élcvc à près de cent individus.
Considérant que le salut de la République exige impérieusement que ces scélérats soient mis hors d*état de nuire plus longtemps au bonheur du peuple qu'ils ont sans cesse trahi, persécuté et fait mourir de faim,
Arrêtent :
Que le citoyen Pignon, accusateur public près le Tribunal criminel du département de la Loire, à qui la liste des contre-révolutionnaires, accapareurs et fanatiques sera remise, fera mettre, de suite, en état d'arrestation ceux qui y sont désignés ; à relTet de quoi, le citoyen Pignon est autorisé à requérir les gardes nationales nécessaires à l'exécution du présent arrêté.
Fait en Commission à Montbrisé, le 2 pluviôse, l'an II de la République démocratique. Javogues.
Près de cent individus I S'agissait-il de ceux qui, inscrits au Tableau des co)i8pirateur$ du 16 nivôse (5 Janvier) n'avaient pu être arrêtés ?
Mais, était-ce tout ? On peut en douter. Les juges de la Commission révolutionnaire de Feurs réclament les documents qui sont entre les mains du Comité de Surveillance de Saint-Etienne :
5 pluviôse (24 janvier).
Au nom du Salut public, vous êtes invités a envoyer à la commission de Feurs copie collât ionnéc de toutes les dénonciations qui se sont faites dans
(1) A l'enquête contre Pignon, Louis Vier dépose :
« Pignon persévéra et sortit une liste de sa poche sur laquelle il y avoit plua sieurs noms ; que Pignon lui observa que les noms mis en tête de ladite liste « étoieiit écrits de la main du représentant et que tout le reste étoit écrit de sa « main ; que celte liste avoit été faite d'accord avec Lapalus et que tous les « citoyens qui y étoient dénommés dévoient' être mis en arrestation ; que la « majeure partie étoiait tous gens d'affaires, des nobles, gens privilégiés et « prêtres ...»
V. plus loin : Livre huitième, chap. 2, Jj VU. La seconde empiète sur Pignon,
tlËt>RISE DES t>OUtlSUtTEâ — LES NOTÉS t>Ë PIGNON 429
votre Comité, ainsi que toutes les pièces, notes et renseignements que vous pouvez avoir contre les traîtres de la République.
Citoyens, de Ténergie, des mesures révolutionnaires et nous parviendrons à purger le sol de la République de tous les conspirateurs et aristocrates.
Envoyez-nous de suite des renseignements pour que le jugement des complices de la conspiration n'éprouve aucun retai*d. Nous espérons que, sous quatre jours, nous serons satisfaits de cette demande.
Salut et fraternité. Txilhasd juge. — Delhorme greffier.
Pignon, investi comme on Ta vu, déjà en possession d*une liste de « près de cent individus » à faire arrêter, se livra à un travail d'examen et de vérification qui aboutit, le 11 pluviôse (30 janvier) à une liste annotée de 108 noms recommandés à la justice révolutionnaire !
Cette liste intéresse trop l'histoire de Saint-Etienne pour que je ne la donne pas ici inlégralement. En l'adressant à Javogues, Pignon la fit suivre d'une lettre qu'il faut aussi reproduire :
il pluviôse.
Républicain, mon ami, je te prie de jeter un coup d'œil sur Touvrage que je t'envoies et sur les rétlexions qui y sont à la fin. Tu me marqueras si c'est là la conduite d'un républicain digne de ta confiance. Si tu approuves, je continuerai. Tu sais que je suis tout a la République, à toi.
Je le fais parvenir une lettre de Sauzêa, de Montcil, près Ârmes-Commune auquel tu avois promis l'élargissement; tu en feras ce que tu voudras. Réponds-moi également à la lettre que t'a dû communiquer Duret et fais promptement sortir Buisson, son arrestation me fatigue ; je poursuis les coupables, mais il faut être bumain envers les innocents (I).
Adieu ; je suis content que tu aies fait un beureux voyage (2). Réponse, mon ami.
Salut et fraternité. Vive la Républi(|ue I
Si les notes que je t'ai laissées ne te parraissent pas assez amples, fais moi les repasser. Je servirai la cbose publique de cœur et d'âme. Marques-moi également s'il te faut expédier ce qui se trouve de coupables en la maison d'arrêt. J'attends tes ordres.
Vivent les Sans-culotles ! Et je suis pour la vie ton ami. Pignon.
Girard avec lequel j'ai eu plusieurs conférences paraît être bien de tes amis.
Les décades se font avec plus de plaisir. Adieu et réponse (3).
(1) Javogues ne fit droit à la requête de Pignon que bien plus tard : ce n'est que le 1 brumaire an III, le 23 octobre 94, que le Comité de Sûreté générale — sur son intervention — mit en liberté le curé Buisson. Le pauvre bommc avait été incarcéré le 20 octobre 93. Et Pignon le jugeait innocent !
(2) Javogues devait être rendu à Feurs.
(3) Archives de la Loire.
La fièvro du combat se lit entre les lignes : le désordre de la rédaction en témoigne de reste. L'étroite intimité avec Javogues y est aussi apparente.
A remarquer Téventualitéd'un second envoi de prisonniers ; une seconde édition de la journée du 25 nivôse.
Voici le travail de Pignon conservé dans les Archives de la Loire :
Armes-Commune ou Commune d*Armes.
Liberté. Vive la liépublique. Egalité,
Notte sur cent huit prévenus arrêtés ou fugitifs
pour la Commission révolutionnaire de Feurs. — (1).
Du il pluviôse an 2^ de la Répuhliqtie démocratique.
Liberté. — Egalité,
i), Picon, juge de paix, rue des Petits-Fossés. — Absent.
D'A mieS'Conimune.
Il a signé des dénonciations contre les patriotes pour les faire arrêter, il y en a une à la Commune à ce qu'on m*a dit ; il a suivi les Sections et a été partisan du fédéralisme des Lyonnois et soutenu la Commission populaire de Lyon.
2). Bizaillony commandant de bataillon, demeurant rue de la Ville. — Absent.
D'Ar^ieS'Commune.
Vital Avanturier counoit les clief de son accusation.
Le Comité de surveillance d'Armes-Commune a une dénonciation contre lui
3). Bout^^elier-Perriny marchand, rue des Fossés. — Mort.
D'ArnieS'Conimune.
Accusé d'avoir été aux Sections et vexé les patriotes.
Vital Avanturier en sait quelque chose.
4). Boggio, architecte, demeurant rue S*<^-Ursule. — Absent.
Il est italien et résidait à Armes-C&nimune.
Il a suivi les Sections, il a prêché le royalisme, l'avantage d'un gouvernement monarchien et dénigré la Convention, il a fraternisé avec les Lyonnois.
5). Gautier, prêtre, demeurant... — - Absent.
D^Armes-Coninumc.
Signataire, comme secrétaire, d'une adresse contre-révolutionnaire qui se
\i) Ces notes sont disposées sur trois colonnes, l® « Noms des prévenus»; — 2» « D'où ils sont » ; — S® « Les faits dont ils sont présumés coupables ». Je dispose les renseignements à la suite pour la commodité de la lecture et j'y ajoute une numération.
«EPRISE DES POURSUITES — LES NOTÉS DE PlÛNON 431
trouve dans les papiers envoyés au Département. Dénonciateur des patriotes ; il a suivi les Sections et a été partisan des Lyonnois.
6) Praire-la-RochCy demeurant rue des Petits-Fossés. — Absent.
D*A rrneS'Conwiune.
Ennemi de la Révolution et royaliste connu , on cmit qu'il a suivi les Sections autant qu'il Ta pu ; c'est un parent aux Praires les scélérats et a fraternisé avec les Lyonnois.
7). Gerphanioriy boulanger, rue de la Ville. — Absent.
D'Amiet'Commune,
A persécuté Joliannot (I) et les autres patriotes; suivi les Sections, et déclamé contre la Convention ; il a été un agent de raristocratie stéphanoise ; Vital en sait quelque chose.
8). Belon aîné, chapelier, rue de la Ville. — Absent.
D'Aitiies-Commune. •
On peut Taccuser des mêmes faits que Gcrphanion.
9). Goniard père, marchand, place Chavanelle. — AbseiU,
D'A i'nie8-Coniftiu7ie.
Il a été président du Comité de Salut public de Saint-Etienne^ vice-président de Section ; il les a suivies et a signé des adresses contre-révolutionnaires qui sont au Département ; les voir et les lire.
iO). Tliiollière-Neyrony marchand, rue Neuve. — Absent.
D'Amiei-Conimune.
Il a été vice- président de Section ; les a constamment suivies ; il a signé des adresses à la Commission populaire de Lyon et est gendre de Neyron, membre de ladite Commission.
11). Jovin l'aîné, marchand, demeurant rue Saint-Jacques. — Absent,
D* Amies-Commune.
Il a été président de Section ; signataire d'adresses contre-révolulionnaires dont il est présumé l'auteur ; toujours anti-populaire, fédéraliste et ami des rebelles lyonnois.
12). Bouiarely son gendre, marchand, à Roannelle. — Absent.
D'A mies-Commtme.
11 a persécuté les patriotes, dénigré la Convention et ses membres, publié
(1) Michel Gerphanion, Jean-Bapti:>te Belon et Claude Mercier dit Guyot avaient été arrêtés déjà le 27 février et le 5 mars 93 prévenus c de complicité d'assassinat prémédité en la personne du citoyen Johannot, non exécuté, avec effraction de la porte extérieure de son domicile ». (V. tome I, p. 446.)
432 REt>tlISÊ DES t'OUtlSUtTËS^ — LEO NOTEâ DK PtdNOK
qu'elle était dissoute, engagé à ne la plus l'econiioitre, suivi les Sections et fédéralisé avec les Lyonnois.
13)i Trahlainey président du Directoire du District, demeurant rue Neuve. — Abaeiit,
D'AiTues-Canimune.
En sa qualité de président, il a signé plusieurs arrêtés et adresses en faveur des rebelles de Lyon ; il n'a rien fait pour s'opposer à leurs projets ; il s'est coalisé ainsi que tout le Directoire avec la Municipalité de Saint-Etienne et a fédéralisé, bu et mangé avec les Lyonnois.
14). Vialton aine, marchand, demeurant au Gaud. — Absent.
D*Ai'^nes-Cofiiniune.
11 était officier municipal de la municipalité contre-révolutionnaire, a vexé les patriotes, caressé les fédéralistes et prêché la dissolution de la Convention nationale, il a suivi les Sections, et fraternisé avec les Lyonnois.
15). Siméon aîné, marchand, rue des Petits-Fossés. — Absent,
D'Atmies^Commune.
Accusé d'avoir été ofGcier municipal de la municipalité contre-révolutionnaire. Cependant, lors du séjour des Lyonnois à Armes-Commune, il s'est tenu caché pendant deux mois par rapport à eux : note donnée par Vernay.
16). Beraud aîné, rue Neuve. — Absent.
De la commune de Paris.
Ancien officier municipal de la même municipalité, il étoit du Bureau d'exécution, et n'avoit que juste l'esprit nécessaire pour en être seulement l'écrivain, il a toujours paru patriote avant et depuis cette époque, toute liaine à part.
17). Legouvéy ancien régisseur, demeurant rue des Minimes. — Absent.
D*At^ies-Commune.
Son nom suffit pour le juger. Aristocrate patnoti.sé, il étoit de la même municipalité et du Dureau d'exécution. Que l'on consulte la clameur publique.
18). Richardy avoué, demeurant rue Neuve. — Absent.
Du Bourg-Argental,
Son nom suffit : cest celui du plus grand coquin; il était Procureur de la même Comm me et a été le membre le plus acharné de la Commission populaire de Lyon : aristocrate, fédéraliste, etc., elc. A guillotiner de suite.
19). Lardon le jeune, notaire, demeurant rue de Lyon. — Absent.
D' Armes-Commune,
Il a, comme administrateur du Directoire, signé plusieurs arrêtés et adresses fédéralistes qui sont au Département; il a signé des lettres aux municipalités pour envoyer des secours à Lyon ; il a suivi les Sections quand il l'a pu et a fraternisé avec les rebelles.
20). Teyter fils, cy-devanl greffier, rue de la Ville. — Absent.
D'Amiei'Conimune.
Aristocrate naturel, secrétaire de Section, dénonciateur des patriotes qu'il a toujours vexés, enûn membre de la Commission populaire de Lyon où il s'est rendu après le 15 juillet et au mépris des décrets de la Convention qu'il méprisoit.
21). PéhMier aîné, de Villebœuf. — Délenu.
D'A rnies-Coniniune,
Egoïste fleiïé, riche à près de 400.000 liv., et n'ayant jamais rien fait pour la Révolution. Plus que modéré.
22). Chovety demeurant à Chante-Grillet. — Absent.
D'Amies-Conimune.
Il a résidé à Lyon pendant qu'on y tramoit les complots liberticides et fédéralistes ; il étoit noble et seigneur, riche à près de deux millions, ses deux enfants jeunes ont été tués, dit-on, à la sortie de Précy.
23). Tripot j marchand drapier, rue de la Ville. — Absent.
D'Amies Commune.
Il a été ragent continuel des contre-révolutionnaires, il a vexé Johannot qu'il vouloit assassiner ainsy que les autres patriotes. Il a prêché la dissolution de la Convention, fédéralisé avec les Lyonnois. Enfin, c'est un coquin.
24). Meijy notaire, rue de la Ville. — Absent,
D' Amies-Commune.
Il a suivi les Sections et a envoyé à la Commission populaire de Lyon des dénonciations signées de lui, pour faire incarcérer les meilleurs patriotes, il protégeoit le fédéralisme.
25). Mey cadet, son frère, commis chez Camier, rue des Fossés.
— Absent.
D'A mies'Commune.
Il a porté les armes avec les Lyonnois et a vexé les vrais patriotes.
20). Dagier, neveu, procureur-syndic du Directoire du District.
— Absent.
D' Atomes-Commune,
Il a été à Lyon après TalTaire du ^ may, pour se consulter avec le Département pour l'établissement de la Commission populaire, loin de l'empêcher il y a donné la main, il est revenu au District où il a favorisé et protégé les projets des Lyonnois, il a fédéralisé avec eux et ne s'est opposé à rien.
27). Vanely ci-devant administrateur du District. — Absent.
De Pélussin, district d'AvfiieS'Commune,
Il a été se concerter à Lyon avec le Déparlement conjointement avec Dagier, il a signé des adresses et arrêtés contre-révolutionnaires, a fédéralisé avec les Lyonnois, aidé et favorisé leurs projets. Cependant, je l'ai cru patriote.
iûi tlEPRlSE DES POURSUITES — LES NOtES DE MGNOK
28). Pleney^ le cadet, demeurant Grande-Place. — Absent.
D'Attties-Conimune,
Il était offlcier municipal de la Municipalité contre-révolutionnaire ; il a été membre de la Commission de Lyon ; il en est sorti avec Sauzéa de Monteille ; depuis son retour et avant, il a paru patriote et il a sauvé le représentant Pointe de la fureur des Lyonnois avec Sauzéa de Monteille.
29). Lambert-Cachet y marchand^ rue du Chambon. — Absent.
D'ArmeS'Commune.
Aristocrate de tout temps, il a suivi les Sections et fraternisé avec les Lyonnois, c'est un riche célibataire, ennemi de la République et de la Convention, et l'ami de tous les aristocrates et contre-révolutionnaires du pays.
30). Payrey marchand, demeurant rue de Lyon. — Absent,
D'Ai^niea-Commune.
Il éloit cy-devant juge au Tribunal de commerce, il est accusé d'avoir été juré de jugemens dans Taffaire de Chalier, d'avoir eu un fils au service des rebelles lyonnois et on présume qu'il a fraternisé avec eux et suivi les SecUons.
31). Pourret cadet, dit des GauXy demeurant rue du Chambon. — Absent.
Du Bourg-Ai'gental.
Il étoit juge au Tribunal, partisan du système lyonnois, a jugé à mort le patriote Chalier et a resté à Lyon pendant tout le siège.
32). Neyron cadet, marchand, demeurant rue Neuve. — Absent,
D'A miea-Conimune,
Il étoit notable, ami intime de Richard, il a été membre de la Commission contre-révolutionnaire de Lyon et y a resté pendant tout le siège.
33). Poidebard^Gelinonj marchand, demeurant rue Neuve. — Détenu,
D*Amxe8'C(m\n\une,
Il a continueUement assisté aux Sections, il a protégé les Lyonnois, fédéralisé avec eux, vexé les patriotes et surtout Pignon qu'il désiroit voir emprisonner et guillotiner ; il déclamoit contre la Convention.
34). Ilérauty épicier, rue Neuve. — Absent,
D*Amie8'Conimune,
Les mêmes faits peuvent s'imputer à Héraut.
35). La femme dudit Héraut, — Absente.
D'Amies-Conimune,
Elle partageoit les sentiments de son mari et déclamoit publiquement en faveur des Lyonnois, contre les clubisies, les patriotes et la Convention qu'elle disoit dissoute : l'on ne fait que fortement présumer ce dernier fait.
HEraiSE DES POURSUITES — LES NOTES DE PIGNON 433
36). Neyron fils, demeurant rue Neuve. — Absent.
D'Amiei-Conimune,
Il n'a pas quitté son père et a porté les armes contre la République pendant tout le siège de Lyon.
37). Craponne aîné, marchand, Grande-Place. — Absent.
D'Amies-Comniune,
Vital Âvanturier connolt les chefs d'accusation.
38). Craponne cadet, son frère, demeurant avec lui. — Absent.
D*Amie$'Conimune.
Vital Avanturier connolt les chefs d'accusation.
39). Paradis fils, marchand de fer, rue Boulevard. — Absent.
D'Amieê-Comniune,
Il a fréquenté les Sections où il a véhément (sic) déclamé contre la Convention et les patriotes.
40). Juryy ci-devant notaire et commissaire à terrier, demeurant rue des Petits-Fossés. — Absent.
De MacUu, district d'Amies-Coruniune.
Aristocrate fanatique, royaliste^ fédéraliste, criminel dans tous les genres, intime ami de Lesterpt-Beauvais et de Richard, il a livré et consenti à livrer les armes aux rebelles pendant qu'il éloit à la Commission, il a bien mérité de la sainte guillotine.
41). Jullien, demeurant à Virieu. — Abse^it.
De VirieUf district d'AmieS'Conimwtej canton de Pélussin, Il est un ci-devant privilégié et riche à près de 400.000 liv. Beraud, maire de Bœuf a lancé contre lui un mandat d'arrêt comme prévenu de fédéralisme et d'avoir protégé les projets des Lyonnois. Sa commune réclamera peut-être, mais elle n'est pas extrêmement dans les principes.
42). Gingenne, cilindreur, demeurant place Chavanelle.— Détenu.
D'A mies-Gonimune.
Protecteur ouvert du fédéralisme, fréquentant les Sections, y parlant en maître, protégeant la Commission populaire de Lyon, dénigrant la Convention et les représentans, ayant eu un frère dans ses principes guillotiné à Lyon et ayant fédéralisé avec tous les rebelles lyonnois et vexé les patriotes.
43). UAllierj aubergiste, rue Saint-Jacques. — Absent.
D*Amies-Conimune.
Il est riche, égoïste ; Vital Avanturier connoit les griefs d'accusation. On présume qu'il a été aux Sections et qu'il a fédéralisé avec les Lyonnois.
44). Coignet dit le Rouge, armurier, demeurant Grande-Place. — Absent.
430 REPRiSE DES POURSUITES — LES NOTES DE PIGNOK
D*A mies-Cotyimune.
Palriolc retourné, agent des aristocrates, payé pour déclamer publiquement contre la Convention, fédéraliste dans l'Ame, partisan des F.yonnois, assistant aux Sections et vexant les républicains.
45). Lardon MicJiel, marchand , demeurant rue Neuve. — Absent,
D'A rnies-Commune,
Homme qui a suivi tous les partis, il a fédéral isé avec les Lyonnois, suivi les Sections, il en a fait les règlements, dans un temps il a eu en pleine Commune un discours pour engager les citoyens à consentir à la force départementale pour marcher sur Paris.
46). Anlelmey cy-devant receveur, demeurant rue du Chambon. — Absent.
De RùnianSf département de la Drame,
Royaliste à toute épreuve, ayant pleuré la mort de Louis Capet, appelé la Convention un ^amas d'assassins, protégé le fédéralisme, déchiré la Convention et les patriotes, suivi les Sections, fraternisé avec les Lyonnois, il a bien mérité de Monsieur Samson.
47). Desjoyaux fils, maître de carrière, demeurant à la Pareille. Absenê.
D'A rmes'Commune,
Il a été à Lyon canon ier pour les rebelles pendant le siège, il a toujours vexé les vrais patriotes.
48). VAulanier, juge de paix, demeurant à TEcluse. — Absent.
Il est du Péage de JioussHIon ou des envii*ons.
Fanatique et royaliste, il a dénoncé et vexé les patriotes, il a été vice-président de Section, signé des adresses contre-révolutionnaires, fédéralisé avec les rebelles, etc., etc.
49). Monleiller, demeurant au Grand-Moulin. — Absent.
De Rive-de^Gier,
Cy-devant agent des concessionnaires et juge du seigneur, ensuite commissaire national, il a été destitué pour cause d'incivisme, on présume qu'il a fraternisé avec les Lyonnois et suivi les Sections, il n'aimoit pas la République et fort peu nos l'eprésentants.
50). Pinalely demeurant rue Neuve. — Détenu.
D*Armes'Commufie,
Ex-capucin ; il ne s'est pas encore déprétrisé; il sent le moine à plein nez et n'a jamais aimé la Révolution.
51). Oranger cadet, marchand, place Roanneile. — Détenu.
D'AmieS'Commune,
Il a été à Montbrison avec les Lyonnois et n'a pas été à Lyon comme son frère.
52). Courbon-Montvîol^ marchand, rue Neuve. — Absent.
Û*Am\eê-C<m\mune.
Privilégié, scélérat achevé, fédéraliste, est un des premiei*s conlre-révolutionnaires, il a été président de Section, fait et signé des adresses en faveur des rebelles lyonnois, etc., etc. Au pot.
53). Ravély marchand, rue Neuve. — Absent.
D*ArnieS'Conimufte.
Il est beau-père du scélérat Cuurbon-Montviol, riche, ilasststoit aux Sections, il étoit plus que modéré et n'a presque rien fait pour la Révolution.
54). Bizaillon père, marchand, rue de la Ville. — Absent.
D'Ai'nieS'Conimune.
Vital Avanturier connoit les chefs d*accusalion, il est présumé avoir assiste aux Sections.
55). Bizaillon son fils aine, même rue. — Absent (1).
D'Atifues-Comniune,
Acharné fédéraliste, il a suivi les Sections et accompagjié les rebelles lyonnois partout, à Boën, à Montbrison et à Lyon.
56). Régnier aine, marchand, Grande-Place. — Absent.
D'Anfties-Conimune.
Fort peu patriote, il a persécuté Johannot et assisté aux Sections ; il a, en outre, pris les armes et fédéralisé avec les Lyonnois.
57). Sauveur-Giraudy marchand, rue des Fossés. - Absent.
D'Amie$'Cofnmune.
Quoique patriote, il a été aux Sections et a signé comme secrétaire des adresses contre-révolutionnaires.
58). Peyron fils dit Many, demeurant rue Froide. — Absent.
D'Aitties-Conimune.
Avoué, royaliste et secrétaire de Section, en outre signataire d'adresses contre-révolutionnaires, il a toujours calomnié et avili la Convention et les représentants ; c^est un gueux.
59). CtM8e(ainé, marchand, demeurant Grande-Place. ^ Absent,
D'A mies'Cofumune,
Egoïste et modéré, prévenu d'avoir été aux Sections et de fréquenter les aristocrates.
60). Bayon père, marchand, rue Mi-Carôme. — Absent.
(1) Un Bizaillon flls a été écroué le 7 pluviôse (26 janvier) et rois en liberté le 11 (30 janvier).
D' Amies-Commune.
Vital Avanturier connoit les chefs d*accusalion.
Je les ignore.
61). Bayon fils, demeurant avec son père. — Absent,
D'A tmies-Con in lune.
Il a fréquenté les Sections, fédéralisé avec les Lyonnois et s'est bat lu arec eux contre la République.
62). Savoye père, demeurant aux Fabriques. — Absent,
De Saint-Paul-en-Jarest,
Il a été membre de la Commission populaire à Lyon, il est très riche, on prétend qu'il est sorti conformément à la loi.
63). Camier père, demeurant à Maileval. — Absent.
D'A mieS'Comniune,
Cy-devanl conseiller et privilégié, égoïste, riche, et n'ayant rîen fait pour la Révolution.
64). Puy du Rozeil, demeurant à Rive-de-Gier. — Détenu.
De Rive-de-Gier.
Privilégié et noble, assez riche, il a été à Lyon solliciter la force armée contre les sans-culottes de Rive-de-Gier, toujours an ti -populaire et présumé fédéraliste.
65). Tissoty marchand, à Rive-de-Gier. — Absent.
De Rive-de-Gier,
La Pallud connoit ses chefs d'accusation.
Je les ignore.
66). Vier père, notaire à Rive-de-Gier. — Détenu.
De Rive-de-Gier.
La Pallud connoit ses chefs d'accusation.
Je les ignore.
07). Fanget cadet, demeurant à Saint-Chamond> — Absent.
De Saint-Chamond.
Prêtre, non déprêtrisé et fanatique, dangereux et incorrigible.
68). Avrilf notaire à Saint-Genis-Terrenoire. - Absent.
De Saint-Genis-Ten^enoire.
Praticien peu ami de la Révolution et protégeant les projets des Lyonnois.
69). Chappon Siliié, marchand, rue de l'Hôpital. — Absent.
D'ArmeS'Commune.
Vital Avanturier connoit les chefs d'accusation.
70). Marcoux fils, marchand et cy-devant receveur, demeurant rue de Lyon. — Absent.
D*A mieS'Canimunê,
Président de Section et signataiœ d'adresses contre-révolutionnaires. Cependant, il a refusé d'aller à Lyon comme membre de la Commission et il a toujours joui de la réputation de bon patriote et républicain.
71). Perrier-Molley marchand, rue des Fossés. — AhBent.
D*Ai*nie8-C(miniune.
Contre-révolutionnaire connu et ouvert, le plus acharné membre de la municipalité de Saiiit-Eiienne contre la Convention et pour soutenir le fédéralisme et les rebelles lyonnois.
72). Richardier pèrey marchand, rue de la Ville. — Absent.
D'A mieS'Commune.
Il passe pour un agioteur et un accapareur, on croit qu'il a été aux Sections, c*est un riche parfait égoïste.
73). Bertholon père, marchand, rue de Lyon. — Absent.
• D'Armes-Conimune.
Riche égoïste et modéré, cela n'a rien fait pour la République, on présume qu'il a été aux Sections, c'est le beau-père de Marcoux président.
7i). Desjoyaux père, du lieu de la Pareille. — Détenu.
D'A ifues-Coniniune.
Riche égoïste, ayant eu un flis qui a été canonier à Lyon pendant presque tout le siège.
75). Fratfy chirurgien, rue Froide. — Pris.
De Montbrison.
A été aux Sections, vexé les patriotes, fréquenté les riches et fraternisé avec les Lyonnois, son premier coup de pistolet devoit être pour Pignon et les autres patriotes.
76). Lenoh\ plâtrier, demeurant. .*. . . — Détenu.
D'Aitnet'Coniniune,
J'ignore son accusation, il passe pour patriote dans sa Section et pour l'ami d*Âvanturier.
77). Bénevenl père, marchand, rue Neuve. — Absent.
D'ArnieS'Ccmwiune.
Vrai contre-révolutionnaire de sentiment, préteur sur gages, riche des sueurs du peuple, aUant constamment aux Sections, ami des aristocrates, et très intime du scélérat Richard.
78). Sallichon père, rue Val benoîte. — Absent. D'At^nieê'Conwiune,
4iO REPRISE DES POURSUITES — LES NOTES DE PIGNON
Riche par trois faillites, égoïste et ennemi de la République et de la Révolution.
79). J. Ducoinçy instituteur, demeurant rue Valbenoîte. — Absent.
D*At*nie8^Canunune.
Il a été aux Sections, a signé des adresses en faveur des Lyonnois, il est pauvre, et passe pour patriote, mais il étoit moine.
80). Courhon, avoué, demeurant rue Valbenoîte. — Absent.
De Saint'Genesl'Malifaux,
Patriote quoique praticien, il a signé la même adresse que Ducoing, elle est au Déparlement, il a été aux Sections, mais il n'est pas riche et c'est un père de famille.
81). Benioiidy cy-devant juge de paix, demeurant rue Roanne!. — Détenu,
D'A nneS' Coinmwie.
Président de Section, seulement pendant le séjour des Lyonnois, signataire de la même adresse que Ducoing, mais bon sans-culotte, il a agi par frayeur, il est pauvre et est réclamé par sa Section.
82). Jean-Claude Couturier, demeurant rue Roannelle. — Absent.
D*A}^ie8'Commune. *
Il a été secrétaire de la même Section que Bcrnoud, on peut dire de lui la même cliose.
83). Détours^ cy-devant juge, demeurant place Chavanelle. — Détenu.
D'ArmeS'Conimune.
II a été président de Section, membre du Comité de Salut public, il a signé plusieurs délibérations contre-révolutionnaires, ainsy que des arrêtés et des adresses, il n*a pas péché par ignorance, il étoit intime avec Richard, et son ' fils a soutenu tout le siège avec les Lyonnois ! '^
84). Blanchard, cy-devant commis de Neyron cadet, demeurant rue Neuve. — Absent.
D'At'nieS'Conimune.
Commis a Neyron cadet, et signataire des mêmes adresses, il fréquentoit assidûment les Sections et a fraternisé avec les Lyonnois.
85). Berthon-Dourlicry marchand, rue Saint-Jacques. — Détenu.
D'Annes-Commune,
Réputé ami du fédéralisme, il a signé les mêmes adresses, fraternisé avec les Lyonnois, fréquenté les Sections, et vexé les patriotes qui s'y trouvoient.
86). Covlard-Descos fils, demeurant rue de Lyon. — Absent,
D'Annes-Commune.
Mêmes faits et presque la même accusation.
87). Ardaillon fils cadet, avoué, demeurant rue des Fossés. — Absent.
De MonlbrUon,
Aristocrate né, praticien contre-révolutionnaire, royaliste fréquentant les Sections, atni des Lyonnois, fédéraliste et signataire des mêmes adresses. A la guillotine.
88). Camier fils aîné, négociant, demeurant rue des Fossés. — Détenu.
D'Ai*nie8-Commune.
Il a été aux Sections, ses commis étoient tous aristocrates, il a signé les mêmes adresses.
Il n'est pas mal à son aise.
89). Gerviy marchand, rue des Fossés. — Absent.
D'At'niei'Commune.
Il a été secrétaire des Sections, il a signé les mêmes adresses, on les trouvera dans les papiers envoyés au Déparlement à Feurs.
90). Crouzat, notaire, demeurant Grande-Place. — Détenu.
Du lieu du Chambon.
I II est royaliste et fédéraliste, il a signé comme administrateur des arrêtés liberticides, il y a une dénoncialion contre lui à la suite d'un procès-verbal dans les papiers étant au Département, sur une petite feuille à l'avant- dernière page, il en a assez fait, la tête au fond du sac !
91). Blachon, laboureur. — Détenu.
Du lieu d'Yzieu.
Après TatTaire du 29 may, comme membre du Conseil du département à Lyon, il mit les scellés chez Bertrand et Chalier, il passe cependant pour '.patriote, il est sourd, et laboureur, il mérite des égards.
92). Courbon, bourgeois, demeurant rue Neuve. — Détenu.
D*Arnici'Communc,
Père de Courbon-Montviol le scélérat, riche, et protégeant ses principes, il n*a rien fait pour la Révolution, on ignore s'il a été aux Sections, on le présume.
93). Sauzéas, du Monteil, y demeurant. — Détenu.
D^Aimiei'Conitnuue.
Sa commune le regarde comme un bon patriote, il a sauvé le représentant Pointe, mais jusqu'au 23 juillet, il a été membre de la Commission contrerévolutionnaire de Lyon, etc., etc.
94). Veille^ instituteur, de Saint-Ghamond. — Détenu.
De Saint'Chamond.
Il a été secrétaire de Section à Saint-Cliamond, sa commune le réclame c^mme bon patriote, c'est- un pauvre diable qui n'y retournera pas.
4i2 REPRISE DES POURSUITES — LES NOTES DE PIGNON
05). Coullard, cy-devant capucin, demeurant rue d'Enfer. ^ Absent.
D'A }*nieM'Commutie.
Moine défroqué qui 8*étoit mis dans les canoniers, et qui a été à Lyon soutenir partie du siège contre la République.
96). La femme de Bidauty notaire, à Rive-de-Gier. — Absente.
De Rive-de-Gier.
Elle mérite quelques mois de détention, pour lui faire retenir sa langue et la punir de ses propos contre-révolutionnaires.
97). Grangier, marchand, demeurant Grande-Rue. — Absent.
De Saint-Chanwnd.
Très riche propriétaire ayant au moins 1.500.000 liv. n*ayant rien fait pour la Révolution, et les pauvres, je crois qu*il a élé aux Sections et reçu les rebelles lyonnois, on peut prendre à Saint-Chamond des informations.
98). Dugas du Villardy de Saint-Chamond. — Détenu.
De Saint-Chamond .
Grand propriétaire, on le dit riche égoïste, ayant fraternisé avec les Lyonnois, mais il n'y a rien de bien sûr à cet égard.
99). Dugas Camille, marchand, à Saint-Chamond. — Pris.
De Saint-Chamond.
Riche, mais aimant le peuple, il est réclamé par sa commune.
100). DugaS'ViallSy marchand, à Saint-Chamond. — Absent.
De Saint-Chamond,
Egoïste serré, et riche. Je n'en sais pas davantage. On peut prendre des renseignements à Saint-Chamond.
101). Dugas de la Calonnièrey de Saint-Chamond. — Pris.
De Saint-Chamond,
Riche et privilégié, mais on dit qu'il a fait de grandes offrandes à la République.
102). Dubouchet'Palley maire du Chambon. — . . .
Du Ciiambon.
Riche propriétaire, associé de Palle, on l'assure patriote, mais il n'a rien fait pour la Révolution.
103). Saint Genest, seigneur, à Mallifaux. — . . .
De St-Genest-Mallifaux,
Cy-devant noble et seigneur, plus que modéré, riche et avare et n'ayant rien fait pour la Révolution.
104). Philibert, seigneur, à Fontanés. — . . .
HEPRI^iE DES POURSUITES — LES NOTES DE PIGNON 443
Be Fontanèa,
Cy-devant noble et seigneur, il faut prendi'e des renseignements. J'ignore ce qu'il peut encore avoir fait.
105). Girerdf marchand, Grande-Place. — Absent.
D'Afinei-Conimune.
. Il étoit patriote modéré, associé de Régnier aîné et a été à Lyon où il est demeuré comme juré de jugement dans TaOraire de Chalier et autres.
106). Autre Granger cadet, demeurant à Roannelle. — Absent.
D'AmieS'Conimune,
U a été canonier avec les rebelles lyonnois ; les a suivis partout et a soutenu une partie du siège.
107). Gagnièrcy cadet, marchand, demeurant Grande-Place. — Absent.
D* A finies-Commune,
A été aux Sections ; a reçu chez lui Lesterpt-Beauvais ; a eu un fils dans les Muscadins qui est venu à Saint-Etienne avec eux; il passe cependant pour patriote ; il n'est pas mal à son aise.
108). Miiguet dit Vara;îgres, demeurant rue Mi-Caréme. — Absent.
D'At'nieê'Conimune.
Scélérat profond et achevé, membre de la Commission de Lyon et de la Municipalité contre-révolutionnaire de Saint-Etienne. Aristocrate à i.OOO carrats. S'il est pris, au pot.
Je conseille aux membres de la Commission populaire révolutionnaire d'enjoindre aux municipalités de lui faire passer de suite la notte de tous les scellés qu'elles ont apposés, ou qui sont apposés dans leur commune, et d'indiquer si les coupables sont ou non arrêtés. De celte manière rien n'échappera. Je conseille aussi de faire imprimer le nom de tcms les fuyards et de promettre une gratification de 4U0 liv. sur leurs biens à quiconque en arrêtera un ; ce sera d'autant plus utile que ce sont presque les plus scélérats qui se sont échappés.
Le 11 pluviôse an 2* de la République démocratique une et indivisible.
Le Sans-culotte, Pignon.
Quelques-uns de ces noms figurent déjà au Tableau des Conspirateurs du 16 nivôse (5 janvier).
Ce document renseigne sur la mentalité de celui qui l'a rédigé. La poursuite est, là, méthodique, froidement résumée ; elle est le résultat de notes et d'une enquête personnelle qui supposent une attention persévérante et un classement. L'homme laisse tomber quelquefois des expressions de colère qui ont peut-être quelque intention de cruelle ironie, mais qui ne sont que terriblement méchantes : « Il en a assez fait, la tête au fond du sac ! »
4i4 LES ÉGROUS A LA PRISON DE LA RUE DE LA VILLE
(90Crouzat) (1). Cet inquisiteur ne devait point avoir le rire cominunicatif ; c'est un méticuleux qui n'oublie pas les punitions que méritent les propos des femmes contre-révolutionnaires (2).
Ce document témoigne encore qu'on n'est plus seulement poursuivi pour complicité dans la révolte ou pour crime de contre- Révolution ; mais pour crime « d'égoïsme >». Etre égoïste c'est, quand on est riche, ne pas apporter à la Nation une oiïrande importante. On ne songe plus à prélever la taxe révolutionnaire, mais le riche qui n'offre pas le tribut qu'on peut attendre de lui est jugé ennemi du peuple par « égoïsme y>, l'ennemi qui laisse mourir de faim le peuple malheureux.
les egrous a la prison de la rue de la ville jusqu'au rappel de JAVOGUES
Voici la liste des arrestations depuis que Javogues quitta Saint- Etienne, le 25 nivôse (15 janvier), jusqu'après son rappel, fin pluviôse (18 février). Je rappelle qu'il ne s'agit que des arrestations mentionnées au Livre d'écrou de la prison de la rue de la Ville. (Voir plus haut, page 368.)
NIVÔSE
28 \Lachaux^ \Françon^ '\Chale\jer, — Ordre du District. (17 jauv.) — Conduits à Feurs le 4 pluviôse (23 janvier).
Conduits ensuite à Lyon où ils furent condamnés à mort le 25 ventôse (15 mai*s).
Les trois paysans qui, à Rulhianges, coupèrent l'arbre de la Liberté et y substituèrent une croix.
29 Frécon François et Coignel Jean^ bouchers. — Ordre de (18 janv.) la Commune. — Mis en liberté le 2 pluviôse (21 janvier).
Police de la boucherie ?
(1) Voir encore : 18 Richard, 40 Jui^, 46 Antelme, 86 Ardaillon, 408 Muguet.
(2) 35 Femme Eyraud, 96 femme Bidault.
NIVÔSE
30 Gingenne. ^ Ordre du représentant Girard. — Conduit m janv.) le 2 pluviôse (21 janvier).
Conduit sans doute à Feurs, puis à Lyon, où il fut mis en liberté par la Commission temporaire, le 7 ventôse (25 février).
Gingenne était cylindreur ; poursuivi à cause de ses opinions ; frère de Tofflcier général de la révolte exécuté à Lvon.
PLUVIÔSE
^ i®' Gonin-Duvemey, — Ordre de la Commune. — Conduit (20 janv.) le 2 pluviôse (21 janvier).
Conduit sans doute à Feurs, puis à Lyon, où il fut mis en liberté par la Commission temporaire, le 15 ventôse (5 mars). JMgnore le motif de l'arrestation.
— Del GahiOy Paly, Fray^ Lenoir, — Ordre de la Commune.
— Conduits le 2 pluviôse (21 janvier).
Conduits sans doute à Feurs ils eurent des destinées ditîérentes :
Del Gabio Pierre-Antoine (1), conduit ensuite à Lyon, y fut acquitté le 30 ventôse (20 mars).
Paly Julien, huissier, conduit aussi à Lyon, y fut condamné à la détention jusqu'à la paix, le 17 germinal (6 avril) ; mis en liberté le 24 brumaire an III (14 novembre M).
Fray, poursuivi pour des propos et pour avoir fréquenté les Sections, fut sans doute mis en liberté par la Commission temporaire de Lyon.
Lenoir fut acquitté à Feurs le 20 pluviôse (8 février).
Tous les quatre avaient été dénoncés, avec Montmain (Voir plus haut, page 370), Desjoyaux (Voir ci-aprés, 14 pluviôse), et Raverot (Voir plus haut, page 60.) La dénonciation portait sur des propos .sans précision.
— Périer. — Ordre du représentant Girard. — Transféré à
la prison de Sainte-Marie le 13 messidor (l«r juillet).
De Lyon. Il s'agit sûrement d'un Périer, secrétaire de Girard, dénoncé comme un muscadin travesti en patriote.
— Mirandon fila et sa rnèrCy bouchers. — Ordre de la Com-
mune. — Conduits à Feurs le 4 pluviôse (23 janvier).
2 Mirandon Jacques^ boucher. — Ordre de la Commune. — (21 janv.) Conduit à Feurs le 4 pluviôse (23 janvier).
Mise en vente de viande corrompue.
(1) Je crois qu'il s*agit toujours de l'architecte qui avait été écroué déjà le il nivôse (1*^ janvier) et mis en liberté le 18 (7 janvier). (Voir plus haut, page 370.)
446 LES KCROtS A LA PRISON DE LA tlUE DE LA VILLE
PLUVIÔSE
4 Un soldat du 2« bataillon de Rhône-et-Loire (déserteur?) (23janv.) Quatorze détenus de droit commun, transférés de la
prison a du Château v.
6 •\'Conty François. «Transféré». — Ordre du District. — (25janv.) « Conduit, fusil. . . le 6 ventôse » (24 lévrier).
Il s'agit évidemment de Claude Françoi9 Louis Candy, né à Crémieu (Isère), y demeurant, exécuté à Lyon le 6 ventôse.
— Poidebard'Girinon. « Transféré. » — Ordre de Pignon.
— Mis en liberté le 7 ventôse (25 février).
Action en faveur des Lyonnais, contre les patriotes, et Pignon en particulier.
7 Pélissier ainèy de Villebeuf. « Transféré. » — Ordre de (26 janv.) Pignon. — Mis en liberté le 6 ventôse (24 février).
Accusé t d'égoïsme ».
— Pinatelf ex-capucin. — Ordre de Pignon. — A Thopital le
29 ventôse (19 mars).
Conduit ensuite à Feurs, où il fut acquitté par le Tribunal criminel le 29 messidor (17 juillet).
Pignon lui reprochait de « sentir le moine » et de n*avoir jamais aimé la Révolution.
— Bizaillon fils, « du lieu de la Ville ». — Mis en liberté le
il pluviôse (30 janvier).
Accusé d'avoir servi avec les Lyonnais.
— Bénevent fils, le jeune. — Mis en liberté le 19 pluviôse
(7 février).
8 Granger cadety de Roannel. — Transféré à la prison de (27 janv.) Sainte- Marie le 13 messidor (1«' juillet).
Accusé d'avoir servi avec les Lyonnais.
— Trablaine et sa femmey cabaretiers. — Ordre de la Com-
mune. — Mis en liberté, la femme, le 1«' ventôse (19 février), le mari, le 22 ventôse (12 mars).
Police du cabaret?
— Vingt déserteurs de Monislrol.
LES ÉGROUS À LA t>RISON DE LA ROE DE LA VILLE 447 PLUVIÔSE
12 DugaSy Durozeil, Vier.
(31 janv.)
Camille Dugas, arrêté le 9, écroué à Saint-Etienne le i% fut peu
après mis en liberté... Pignon rendait de lui bon témoignage.
Pierre Puy du Rozeil, resta prisonnier jusqu'au 22 vendémiaire an III (13 octobre 9i) ; accusé d'avoir contribué à l'arrivée des Lyonnais à Rive-de-Gier où il habitait.
Vier Louis fut acquitté à Feurs le 23 pluviôse (il février). Réputé patriote, il fut défendu par des patriotes.
13 Un déserteur d'Avignon.
(l«r fév.)
14 Revier. — Ordre du représentant Girard. — Mis en (2 fév.) liberté le surlendemain 16.
Accusation contre Johannot à propos d'une horloge.
— Desjoyaux pêi^e. — Ordre de Pignon. — Mis en liberté le
7 ventôse (25 février).
Accusé c d'égoïsme >•
— Ginot Jeatiy d'Izieu. — Ordre du District. — « Conduit »
le 20 pluviôse (8 février).
Propos séditieux. Le District le renvoya devant le juge de paix.
15 Deux déserteurs de Firminy.
(3 fév.)
15 Cire Guillaume^ de la Charité. — Ordre du juge de paix (4 fév.) Jacasson. — Mis en liberté le 13 messidor (1«' juillet)
par le juge de paix.
17 Coignet. — Ordre de Pignon. — Mis en liberté le 7 floréal (5 fév.) (26 avril), ordre des représentants.
« Patriote retourné », dit Pignon.
18 Fontaine^ femme de l'avoué. — Ordre du Comité révolu- (6 fév.) tionnaire. — Mise en liberté le 17 ventôse (7 mars).
Poursuivie en même temps que son mari en fuite.
19 Ravel Pierre et Catlierine Buisson, de Firminy. — Ordre (7 fév.) du District. — Mis en liberté par le juge de paix le
7 floréal (26 avril).
20 Dazod Marcelin, — Ordre du District. — Conduit « à (8 fév.) Planfoy » le 19 ventôse (9 mars). — Ramené en prison
le 21 ventôse (11 mars) ; mis en liberté le 23 germinal (12 avril).
PLUVIÔSE
— Drevel Pierre et Bador Andè*é, — Ordre des * Corps consti-
tués :». — Mis en liberté le 21 ventôse.
Police correctionnelle.
— VéèHsel Claude, — Ordre du représentant Girard. — Mis
en liberté le lendemain.
— Meyrieux François. — Ordre des « Corps constitués ». —
A l'hôpital le 17 ventôse (7 mars).
24 Lacou Claude^ Petit-Pierre et Robert Jean^Baptiste. — (12 fév.) Ordre du District. — Les deux premiers transférés à
la prison de Sainte-Marie le 14 messidor (2 juillet), le troisième, mis en liberté le 20 germinal (9 avril).
Les deux premiers ne furent mis en liberté que le il thermidor (29 juillet), par un arrêté qui les désigne tous les trois.
Municipaux de Bourg- Argental, accusés d'avoir laissé dévaliser réglise pour la soustraire « aux brigandages de l'armée révolutionnaire » et d'avoir organisé un pétitionnement pour nianirester l'attachement à la religion catholique.
25 Prajala Jean, de Saint-Héand. — Ordre du représentant (13 fév.) Girard. — Mis en liberté le même jour.
— BonlempSy boucher. — Ordre de la Commune. — Mis en
liberté le surlendemain 27.
— Ginetf curé de Maleval ; Jowmel, curé de Beuf ; Dupuy^
curé de Maclas; Collot^ juge de paix de Beuf; « citoyenne » Grangier, de Vallée Rousseau (Saint- Chamond); Grangier oncle, de Saint-Chamond ; Camyer, ci-devant conseiller au présidial de Lyon, de Maleval. — Ordre de Pignon. — Transférés à la prison de Sainte-Marie le 13 messidor (1" juillet), à Texception de Joupnel mis à Thôpital le 3J germinal (19 avril), et de Collot, conduit à Lyon le 26 ventôse (16 mars).
Ginet, conduit à Feurs, y fut acquitté par le Tribunal criminel de la Loire le !«<' thermidor (19 juillet).
Journel, conduit aussi à Feui*s, y fut mis en liberté (nonlieu) le 25 messidor (13 juillet) : ordonnance du président du Tribunal criminel.
Dupuy, conduit aussi à Feurs, y fut acquitté par le Tribunal criminel de la Loire le l*f thermidor (49 juillet).
LES ÉCROUS À LA t'RtSON DÉ LA RLK Dfci LA VlLLÉ ^iO
PLUVIÔSE
CoUot, juge de paix patriote, condamné à la détention jusqu'à la paix, le 17 germinal (6 avril).
« Citoyenne » Grangier, mise en liberté à une date que jMgnore.
Grangier Etienne, mis en liberté par arrêté, le 15 thermidor (2 août). — N'avait « rien fait pour la Révolution ».
Camyer, mis en liberté par arrêté, le M thermidor (29 juillet). Je ne vois pas l'accusation.
Camyer, « ex prêtre », de MalevaL — Ordre de Pignon. — Transféré à la prison de Sainte-Marie le 13 messidor (ie»^ juillet).
Je ne sais rien de lui. Mis eu liberté le. . .
— Gasquet Jacques, — Ordre du District. — Conduit le
10 ventôse (28 février).
— Baltistre Michely de Beuf. — Ordre de sa commune. —
Mis en liberté le 18 ventôse (8 mars).
Je ne vois pas l'accusation.
— Monlchovety de Bourg- Argental. — Ordre de Pignon. -
« Conduit dans une chambre, d'ordre du Directoire, le 7 germinal » (27 mars).
Je ne vois pas l'accusation.
— Rivier Barthélémy. — Ordre du juge de paix de Saint-
Etienne, — Mis en liberté par le juge de paix le 29 pluviôse (17 février).
26 Bâché YictoVy de Bourg-Argental. — Ordre de Pignon. — (14 fév.) Mis en liberté le 22 ventôse (12 mars).
« Auteur des troubles et de la scission à rassemblée primaire » pour la nomination d'un juge de paix.
— Carry (Carre) àWr Barolles. — Ordre du District. — Mis
en liberté le 2 germinal (22 mars).
Je ne vois pas l'accusation.
— Couturier Damien. — Ordre du District. — Mis en liberté
le 19 ventôse (9 mars).
De la Valla. — Je ne vois pas Taccusation.
— Granotier Jean-Marie. — Ordre du District. — Mis en
liberté le 2 germinal (22 mars).
Je ne vois pas l'accusation.
ioO LES ÉCROUS A LA PRlSON DE LA tlUË DE LA ViLLË
PLUVIÔSE
29 Plotton Jean-Pierre. — Ordre du District. — Mis en (17 fév.) liberté le 4 ventôse (22 février).
Il faut souligner ici Taction de Pignon agissant en vertu de Tarrêté du 2 pluviôse qui l'investissait de nouveaux pouvoirs. Elle apparaît en une série de vingt-deux arrestations à partir du 6 pluviôse : Poidebard-Girinon, Pélissier, Pinatel, Bizaillon fils, Bénevent ûls, Granger, Desjoyaux père, Coignet, tous les huit de Saint- Etienne ; — Camille Dugas, Grangieret sasœurde Saint-Chamond ; — Puy du Rozeil et Louis Vier, de Rive-de-Gier ; — Montchovet de Bourg-Argental ; — la femme Fontaine, le curé Ginet, le curé Journel, le curé Dupuy, l'abbé Camyer, l'ex-conseiller Camyer, Balustre et Collot, tous les huit du Rivage du Rhône. Neuf de ces vingt-deux détenus ne figurent pas sur les notes de Pignon (1) ce qui prouve que les 108 noms inscrits sur ces notes ne disaient pas toute la suspicion de cet infatigable inquisiteur.
Deux de ces arrestations ont un caractère particulier, elles portent sur d'ardents patriotes, Collot et Vier.
Collot, dit Collot de Perthe, était ce juge de paix de Saint-Pierrede-Beuf qui avait paru investi de toute la confiance de Pignon et qui avait pris, dans son canton, une part active aux dénonciations et aux poursuites. (V. page 289.) J'ignore quelles raisons de culpabilité Pignon invoquait contre lui.
Louis Vier avait été membre du District en 4792; il était juge de paix à Rive-de-Gier ; notaire, il s'était empressé d'obéir à la loi qui supprimait le notariat, il avait renoncé à ses fonctions dès le 27 nivôse (16 janvier) et abandonné à la République le remboursement de son office. Son arrestation, que rien ne motivait, mit un moment la Commune et la Société populaire de Rive-de-Gier en émoi ; elles envoyèrent à Saint-Etienne des délégués qui y arrivèrent» en même temps que le détenu et obtinrent de Pignon, le jour même (12 pluviôse}, la mise en liberté provisoire. Vier rentra à la prison le 16 pour être, le 18, conduit à Feurs où il fut acquitté le 28. Personne n'acceptait la responsabilité de cette arrestation. Sortant du Tribunal, Vier fut appelé chez Javogues où il reçut de Lapalus cette assurance : « L*on a dit que c'étoit moi qui avois donné ordre à Pignon de te faire arrêter; je ne lui ai jamais parlé de cela. » Pignon, de son côté, prétendait que le nom de Vier figurait sur une
(l) Montchovet, la sœur de Grangier, la femme Fontaine, les curés Ginet, Journel et Dupuy, l'abbé Camyer, Balustre et Collot.
Les écRoUs A LA prison uè la RuK de La Ville 45-1
liste arrêtée « d'accord avec Lapalus » et dont Javogues avait inscrit les premiers noms (1). On a vu que, dans ses notes, Pignon avait inscrit Vier et avait dit de lui : « Lapalus connoît ses chefs d'accusation : je les ignore :ù.
Les autres arrestations ne sauraient être imputées à Pignon. A quelques-unes près, elles n'ont aucune signification à retenir. Del Gabio, Paly, Fray et Lenoir furent les victimes de la dénonciation d'un exalté qui — sans même préciser — leur prêtait des propos contre-révolutionnaires (2). Gingenne, Gonin, Ginot, Lacou, Petit, Robert, Bâché, Carre, Coulurier, ne portent que de faibles accusalions. J'ai dit, ailleurs, l'aventure de l'horloger Revier. Celle de Périer serait des plus amusantes si les dénonciations étaient tenues pour justifiées : employé à la Commune de Lyon pendant le siège, serviteur passionné et véhément de la révolte, Périer aurait trouvé la paix en devenant le secrétaire du représentant du peuple Girard, à Saint-Etienne.
Je ne connais pas les motifs d'arrestation pour Cire, Ravel et Catherine Buisson, Drevet, Meyrieux, Gasquet et Granotier. Il se peut que la politique n'y soit point indiiïérente. H paraît, au contraire, pour Dazod, Vérisol, Prajala, Rivier, Plotton qu'il s'agit de délits peu importants, assez punis par deux ou trois jours de prison : Vérisel et Prajala, ce dernier de Saint-IIéand, arrêtés pour un jour, par ordre du représentant Girard, me font TefTet d'être des armuriers qui ont voulu travailler le décadi ou chômer le dimanche.
Les huit arrestations de bouchers et decabaretiers ont été expliquées par des infractions à la loi du Maximum, La famille Mirandon fut poursuivie devant le Tribunal révolutionnaire pour avoir vendu de la viande pourrie. Je ne vois pas le motif de l'arrestation des cinq autres.
Restent les condamnés à mort.
Si fna supposition est exacte et si Claude-Fran^îois-Louis CanJ*/ est le François Contij du Livre d*écroUy celte arrestation ne serait pas du cadre de ce livre. Un Candy, du Dauphiné, habitait Sain t-
(1) Voir la déposition de Vier à renquète coiilre Pignon (Livre luiiUcme, chap. 2, § VII : La seconde enquête sur Pignon.
(2) Une copie certifiée conforme est conservée à la Bibliothèque de Lyon (Fonds Coste 17896) ; elle est anonyme, signée iliisiblemcnt, quelque chose comme « Niad ».
Elle a été publiée par M. G. Lefebvre, biljliothécnire ûc Saint-Chaniond, à la page 47 du Registre des proccs-verbaux de la Socirté républicaine de Saint' Chapiond.
Etienne ; rien d'étonnant à ce qu'un parent, soldat de la révolte, soit venu chercher asile près de lui.
J'ai parlé ailleurs de ces trois malheureux paysans de Rulhianges qui, pour une croix de bois, se firent couper le cou ; une fois de plus, je veux dire l'horreur que m'inspirent de telles exécutions.
Les vingt-deux arrestations faites par Pignon témoignent de sa volonté de réaliser le projet soumis à Javogues : les 108. En ces dix-neuf jours qui vont du 6 au 25 pluviôse (25 janv.-13 février), il y eut à Saint-Etienne un souffle de violente terreur. Plus qu'avant peut-être, les poursuivis et ceux qui les aimaient eurent peur... On savait d'ailleurs que le Tribunal de Feurs allait reprendre ses tragiques audiences et cette fois, sous une impulsion inflexible.
jusqu'au rappel DE JAVOGUES
Pour la période visée au paragraphe précédent, du 25 nivôse (14 janvier) au rappel de Javogues, lin pluviôse, je donne le tableau des sorties de la prison de la rue de la Ville. Je marque d'un astérisque (*) celles qui n'étaient pas des mises en liberté et qui devaient conduire le détenu à une autre prison.
Dates des sorties. Dates des ëcrous.
NIVÔSE
28 (17 janv.) Rougier 24 nivôse.
PLUVIÔSE
i^' (20 janv.) Salichon 28 frimaire.
2 (21 janv.) Frécon François 29 nivôse.
— Coignet Jean —
* Gonin-Desverneys (Conduit à Feurs) 1" pluviôse.
^DelGabio —
— *PaIy
— * Fray - —
— *Lenoir - —
— •Gingenne — 30 nivôse.
3 (22 janv.) Ronzil 16 frimaire.
4 (23 janv.) Vaucanson 9 frimaire.
— *Mirandon Jacques (Conduit à Feurs) 2 pluviôse.
* Femme Mirandon. — 1" pluviôse.
— * Mirandon fils ... — —
— * Lachaud - - 28 nivôse.
— *Françon - —
— * Chaleyer
6 (24 janv.) Alloués 31 octobre.
8 (26 janv.) Frécon 16 nivôse.
H (30 janv.) Bizaillon 7 pluviôse.
— Cellard 25 nivôse.
15 (3 fév.) Raverot 18 frimaire.
16 (4 fév.) Revier 14 pluviôse.
17 (5 fév.) Mason Joseph 12 nivôse.
— Anne Angénieux
18 (6 fév.) Guichard 26 brumaire.
— * Vier (Conduit à Feurs) 12 pluviôse.
19 (7 fév.) Bénevent fils 7 pluviôse.
— Marguerite Ferréol, femme Macabeo 19 nivôse.
20 (8 fév.) Jean Ginot, d'Izieu 14 pluviôse.
25 (13 fév.) Prajala 25 pluviôse.
— Guillet 24 nivôse.
— Cave Joseph 15 nivôse.
— Neyret Denis , 21 brumaire.
— Ferréol Barthélémy —
Louise Pauze, femme Ferréol 4 novembre.
Catherine Ferréol —
Marie Anne Champavère 25 octobre.
Jeanne Lherbret —
* Crouzat,du District (Conduit à Feurs) 22 octobre. 27 (15 fév.) Bontemps 25 pluviôse.
— Vincent 22 nivôse.
Ce tableau révèle que le 2 et le 4 pluviôse (21 et 23 janvier), on dirigea sur Feurs des escouades de six prisonniers.
Il faudrait y ajouter la sortie du détenu François Conty(queje crois être François Candy), dont je ne connais pas la date précise.
Les exécutions à Feurs allaient reprendre.
On a vu (page 383) comment, le 10 nivôse (30 déc), Javogues avait tout suspendu. Si, à dislance, les effets de la mesure apparaissent comme ceux d'une clémence involontaire, personne, en janvier 94, ne lenr prêtait ce caractère. On ne pouvait y voir qu'un prolongement de supplice. On plaignait ceux des détenus voués à la mort qui se reprenaient à vivre et ceux dont Tacquitlement pouvait être espéré qui subissaient une détention plus longue, dans une incertitiide toujours plus douloureuse.
Au représentant Girard (de rAude)qui s'intéressait à une famille de bouchers stéplianois (les Mirandon), un juge de la Commission militaire répondait :
C pluviôse (25 janvier) Citoyen représenUiiit,
La Cunimission établie à Feurs a été suspendue de ses fonctions par une
lettre du cit. Javogues, ton collègue, en date du 10 nivôse. Depuis cette époque,
elle n'a pu juger et cette suspension n'a pas encore été levée. Nous nous
sommes occupes à préparer des matières pour accélérer le jugement des
traîtres de la République. Noua avons reçu les pièces relatives aux père, femme
et fils Mirandon ; mais on ne })eut les juger que lorsque la Commission aurn
été réintégrée dans ses fonctions.
Salut et fraternité.
Tailhand juge, — Delhorme greffier (1 ).
La Commission ne fut pas réintégrée : elle fut renouvelée. Elle était, on se le rappelle, composée de Bardei président ^ Arcbimbaud, Avanturier, Chaul, Meyrand, Phalipon et Tailhand ji/^es, Dubien accusateur public. Javogues la transforma aiiiBi :
Président : Lafaye jeune. — Jean-Marie Lapai us président en l'absence (2).
Juges : Vital Avanturier, Antoine Chaul, Jean-Henry Darcourt, Chalier Guyot, François-Julien Marcelin.
Accusateur public : Dubessey.
(1) Dossiers de Feurs. — Mirandon,
(2) Sur Taffiche du jugement du 20 pluviôse (Archives de la Loire).
Je ne connais pas Tarrété de la promotion : je prends les noms sur trois sentences.
Le changement était radical. Le président Bardet, l'accusateur public Dubien, les deux juges auvergnats Meyrand et Tailhand investis par Couthon, c'était, au fond, tout Tancien Tribunal révoqué. Les nouveaux venus offraient-ils plus de garanties au maître? Lafaye venait du Département, sa fonction de Procureur-général syndic ayant été supprimée par le décret du 14 frimaire (4déc.); Dubessey en venait aussi quittant le Directoire; Guyot en venait encore quittant le Secrétariat général. Marcelin, nouveau venu dans le pays, avait été nommé à la Commission révolutionnaire de Lyon, mais n'avait pas siégé. Darcourt était sergentmajor de l'armée révolutionnaire parisienne.
Le nouveau Tribunal n'a à son actif que quatre jugements : l'un du 20 pluviôse (8 février) portant trente-sept acquittements, un autre du 22 pluviôse (10 février) portant dix-sept condamnations à mort ; un autre, du 23, portant cinquante et un acquittements. Le dernier de date inconnue : (1) porte onze condamnations à mort.
On y voit que le nouveau Tribunal a quitté la pratique des prédécesseurs et qu'il suit l'exemple de Lyon : il motive ses jugements par des formules.
Voici celle de la condamnation :
La Commission révolutionnaire établie à Feurs,
Considérant !• qu'il importe de purger le sol de la Liberté des traîtres qui rinfectent, 2« que le peuple demande vengeance de ses eiuiemiSi 3** que les François sont arrivés à un terme où rien ne peut excuser ceux qui ont sciemment arboré l'étendard de la contre-Révolution.
D'après ces considérations et, les interrogatoires subis par les nommés : {Suivent les noms).
Déclare qu'ils sont convaincus d'avoir participé à la rébellion lyonnoise, soit en portant les armes contre leur patrie, soit en assistant au Congrès déparl(»mental formé à Lyon, soit en propageant les principes des contre-révolutionnaires de cette cité rebelle, soit enfin en cherchant à détruire les Sociétés populaires.
(l) Le registre du Tribunal (Arcliives du Rhône) porte à cet endroit une regrettable lacune : un double feuillet enlevé : pages 19-22. La date du 22 pluviôse ainsi que le texte du jugement de ce jour me sont fournis par une arfiche.
Une pièce officielle conservée aux Archives de la Loire donne exactement la liste des condamnés à mort de Feurs C'est un accusé de réception « au citoyen Marcel directeur de l'agence de l'Eiu'egistrciment et des domaines à Feurs » de dix-sept jugements prononcés à Feurs et comportant condamnations à mort ; il est daté du 19 floréal (8 mai). C(; document donne lu date du 23 pluviôse (Il février) pour les deux jugements de dix-sept et onze condamnations.
En conséquence, les condamne à la peine de mort.
Ordonne que leurs biens seront confisqués au profit de la République, conformément à la loi.
Chargea de Texécutiondu présent'jugement, le commandant de la force armée de Feiirs.
Ainsi prononcé d'après les opinions des citoyens...
Voici la formule de racquiUement :
1^ Commission révolutionnaire établie à Feurs,
Considérant qu'autant la foudi*e vengeresse doit être prompte à écrasser les monstres qui ont o.sé tramer contre la Liberté et le bonheur du peuple; autant la justice et l'humanité réclament en faveur des innocents et de ceux qui entraînés par les conseils perfides des hommes qui ont su profiler de leur ignorance pour les plonger dans l'erreur, n'ont pu et ne peuvent vouloir détruire la Liberté seul objet de leui*s vœux et de leur bonheur.
Après avoir interrogé et examiné les accusations intentées contre les non unes :
(Suivent les nonis).
Déclare qu'il n'y a pas lieu à inculpation contre eux et les décharge d'accusation.
En conséquence, ordonne qu'ils seront mis à l'instant en liberté pour renti-er dans la société et y remplir les devoirs de républicain, à la charge par ceux qui sont dans l'Age de la première réquisition de se conformer à la loi.
Ordonne que les scelléis et séquestres apposés sur leure biens seront levés.
Le présent jugement sera imprimé et affiché partout où besoin sera.
Ainsi prononcé d'après les opinicms de...
Je dois rappeler, cependant, que rinslruction avait été préparée antérieurement avec un soin qui, pour être insuffisant, exclut toute idée de parti pris. L'aumônier Barberaud, par exemple, l'un des derniers condamnés en pluviôse avait subi le 16 frimaire (0 décembre) un interrogatoire long et circonstancié (I).
Avant de donner la liste des dernières condamnations et des derniers acquittements prononcés à Feurs, je puis donner un recensemment de la population des prisons de Feurs dressé le 7 pluviôse (26 janvier). Il n'intéresse que faiblement les cantons sléphanois; les accusés emmenés de Saint-Ktienne le 25 nivôse (14 janvier) n'étaient pas encore arrivés dans les [)risons de Feurs.
(I) Jkamtib de Feurs. — Barberaud.
« ÉTAT des prisonniers détenus dans la commune de Feurs, 7 pluviôse» 2* année (1) ».
Jean-Louis Gonyn de Lurieu.
Alex. Buronne.
Pierre-Joseph Bergier.
Benoit Sauvade.
Piiilippe Rochefort.
G*** Coignet des Gouttes.
Louis-Raymond Dubouchet.
Jacques-François Boubée.
Etienne Verney.
Hubert Leconte.
G* Ant. Pupier de Brioude.
Ant. Ghavassieu.
Benoit Bouchetal.
Laurent Bouchetat.
Thomas Richard.
Ant. Latlard du Clievalard.
Mallh. Parisi.
Jean Humbert.
François Cibost.
Joseph Jarige.
Général Villlemallet (2).
Antoine-Marie Verne.
Glaude Styre.
Jean Touneau.
Glaude-François Barberaud.
J.-M. Davai.
André Laforge.
André G'* Gonyn de Lurieu.
Pierre-Benoit Gonyn de Lurieu.
Antoine Escot.
Pierre Meynard.
Jean Goubier.
Ant. Taillet.
Pierre Maisonneuve.
Laurent Hamoir.
André Pesette.
Marguerite Escal, f™® Roche.
Glaude Gharrerot.
Simon Jaquou aine.
Simon Jaquou cadet.
Jean Godonnier.
Glaude Ghapot.
André Deville.
J.-B. Girodon.
Georges Granjon.
Marie Bonnet.
Biaise Granjon.
Pierre Perrier.
Ant. Dupré.
Pierre Masot.
Jean Hyvernat.
Benoît Larcy.
Thomas Jamon.
Ant. Soleil.
Martin Javelle.
JeanMonzy.
Jean Fil liât.
Antoine Gharrin.
J.-B. Grange.
André Monnet.
Jean Senore.
Benoit Prioret.
* François Lachaux.
*Jean Françon.
(1) Dossiers de Feurs. —Feurs, — Je marque d'une «istériaquc les pris()iniipi*s du District de Saint-Etienne.
(2) Ecroués à Saint-Etienne, Yilleniallel et Jarige koliI toit à fait étrangers aux affaires stéphanoises. Voir plus haut, prges C5-67.
•Michel Chaleyer(l).
Jeanne -Françoise Relogue,
veuve Peryeux.
Agathe Jamy, veuve Relogue.
Jean-François Reguilliat.
Philibert Gonindart.
François Jouvenal.
Claude-François Couson.
Antoine Ponsard.
Fleurie Chevalier.
•André Vimal (2).
Pierre Bussy.
Pierre-Georges Dau relie.
•Jean-Pierre Gautier (3).
Pierre Chatelus.
Jacques Bertliau t.
Jacques Moissonnier.
Benoit-Gabriel Meynis-Duvivier.
Jacques-Benoit Ardaillon.
Jean-Marie Reynaud.
Jean-Joseph Fraisse.
Pierre Baleydier.
Christophe Richard.
Ern.-Thomas Rhony.
Claude Tempier.
Pierre Poy.
Denis Caire.
•Jacques Mirandon (4),
*sa femme,
•son fils.
Antoine Mathon (5).
Lapierre de Saint*Hilaire.
Antoine Levet.
J.-B. Griot.
Martin Cassardet.
Benoit Couzon.
André Barrallier.
Charles Chomette.
Benoit Baudot.
Etienne Feti.
*Ant. Nabonnaud(6).
•Jean Dubouchet (7).
•Jean Françon(8).
Benoît Vially.
Antoine Pache.
J.-B. Mallot.
Claude-M^^* Lablanche.
Louis Fougas.
A net Bonabaud.
Claudine Vallan.
Marie-Anne Palley.
Anne Brun, femme Reverdet.
Mathieu Dumas,
sa femme.
Marie Connasse, veuve Durand.
Elisabeth Ortut.
Jeanne Seyve.
Elisabeth Cliafia.
Anne Dépercieux, veuve Seyve.
Au total, cent vingt-deux noms.
(1) Lachaux, Françon et Chaleyer qui avaient coupé un arbre de liberté à Rutianges, avaient été écroués à Saint-Etienne le 28 nivôse (17 janvier) et dirigés sur Feure le 4 pluviôse (23 janvier).
(2) Voir plus haut, page 14-1.
(3) De Rive-de-Gier.
(4) Le boucher de Saint-Etienne.
(5) De Sauvain. Rien de commun avec les Mathon de Bourg-Argental.
(6) Curé de Saint-Cliristo-en-Jarez.
(7) De Saint-Ktienne : dit Çhamhonnaire.
(8) De Bourg- Argental.
De nouveaux détachements ne tardèrent pas à venir augmenter ce nombre : les quinze premiers condamnés à mort, de Boën, de Montbrison (sentence du 22 pluviôse-10 février) ne figurent pas sur cette liste.
Il y eut, le 19 pluviôse (7 février), un envoi de prisonniers dirigés de Montbrison sur Feurs (1). Entre de nombreux Montbrisonnais, les accusés de Saint-Eiienne firent partie de ce convoi.
Voici la liste des dix-sept condamnés à mort du 22 pluviôse (10 février), d'après l'affiche du jugemenH;2).
Jean-Louis ArnouXy notaire et juge de paix résidant à Boën.
Noël ChazelleBy notaire à AUieux, canton de Boën.
Sixte Fangety notaire de Varennes, canton de Boën.
Georges Cheminai^ curé de la commune de Bussy-Albieux.
Jean-Baptiste Maliety dit de Vandègne, ex-noble, à la Bouteresse, près de Boën.
Anloine-Nicolas-Joseph Laffondy notaire et juge au Tribunal du district de Montbrisé.
Pierre Baronnaty gendarme à Montbrisé, originaire de Boën.
Claude Elis (3)y prêtre, originaire de Sauvain.
Jean-Marie Rouger, ci-devant prieur de Marcilly, originaire de Fenol, département du Tarn.
Pierre-Martin Duguel-Clianternerle fils cadet, ci-devant clerc d'avoué à Montbrisé.
François Durand, ci-devant prébendierà Marcilly-les-pavés.
François Ducros-Papony ex-noble, commune de Marcoux, canton de Boën.
Antoine Giraudiery ci-devant curé à Saint-Laurent-en-SoUore, canton de Boën.
DeniS'Metayer-Descombey homme de loi à Montbrisé.
Benoit Barrieu fils, homme de loi à Montbrisé.
Louis Rngmond-Duhouchety homme de loi^ résidant alternativement à Sury et à Montbrisé.
Lapierre Saint-Hilairey ex-uoble, résidant à Montbrisé.
(1) Registre de la commune de Montbrison, 10 pluviôse.
(2) Archives du Rhône. Dossiers de Feurs. — Feurs.
(3) Membre de la Commission populaire. (\\ son interrogatoire — Archives du Rhône. Dossiers de Feurs. — Etis,)
Voici la liste des onze condamnés à mort du second jugement (22 pluviôse ?)
Benoît-Gabriel Meynis (1), officier municipal à Bonnet-la-montagne.
Pierre Duasy (receveur), officier municipal à Bonnet-la-monlagne.
Jacques Moissonnier {2)y — —
Pierre Lattard du Oievalard père (3), ci-devant capitaine, à Mon tb ri se.
Antoine Nahonnau, curé à Saint-Gliristo-en-Jarez.
Antoine Levet^ avoué à Montbrison.
Claude-François Darheraud^ ci-devant prêtre à Montbrisé (R. P. Aymé, récollet, aumônier des Sainte-Claire).
Laurent Douchelal (4), praticien à Bonnet-la-montagné.
Antoine Chavassieu, avoué à Montbrison (5).
Thomas /tic/iarJ, notaire à Saint-Hilaire de Bonnet-la- montagne.
Antoine Escoty écrivain à Ck)mmune-Aiïrancbie.
Au total, vingt-huit condamnations à mort.
Plus longue est la liste des acquittés (quatre-vingt-huit noms).
4» D'un jugement du 20 pluviôse (8 février) (6), rapporté par M. J.-M. Devet {Une prison en 93, p. 88) au 23 pluviôse (il février).
(1) Membre de la Commissiun populaire.
(•2) Médecin. Membre de la Commission populaire.
(3) V. plus haut la condamnation du fils, page 115.
(4) Membre de la Commission populaire.
(5) Antoine Clmvassieu est l'aïeul du député à l'Assemblée nationale de 1871-75, plus tanl sénateur.
Il paraît avoir été perdu par la dénonciation d'un nommé Jean Jacob, matelassier, à Montbrison, lequel a rapporté qu'au moment où les Lyonnais recrutaient à Montbrison, se serait passé le fait suivant :
« Devant la porte des Cordeliers où étoient environ vingt-cinq hommes de « Saint-Just-la- pendue et des hommes de Trelins, Jacob parlant à ces derniers tt leur dit : Que venez-vous faire ici f Voun venez vous engager à porter les atinies « contre votre patrie f Ne savez-voits pas que vous vous exposez à être pendus ? A « quoi Chavassieu, (jui entendit cette exhortation, s'adressant audit Jacob, d'un « ton brusque lui dit : De quoi vous mêlez-vous ? Ce ne sont point vos affaires. * Jacob répliqua (pie les Lyormois promettoient de payer ces gens là et qu'ils ne « les payeroient pas. Sur qiwi, Chavassieu riposta que les Lyoïniois les paye- « roient bien et iiu'en tous cas, si les Lyonnois ne les payoient pas, ils les paye- (' roit lui-même ».
(Dossiers de Feurs. — Chavassieu).
(6) Une affiche de ce jugement est conservée aux Archives de la Luire.
LES DERNIERES EXÉCUTIONS A fH^URS
Jacques Bertrand fils Claudine Valand.
Marie Faure.
Pierrette Brun.
Anne Boscary.
Benoit Priory.
Thomas Jamont, Antoine Taillet, Jean Goubier, Pierre Ménard.
Pierre Maisonneuve.
Jean Goûtes.
Jean Monzy, Antoine Char in, Jean Filion, Antoine Soleil.
Martin Javelle.
Jean Senaure. Pierre Baleyguier.
Jean-Baptiste Granger.
Jean Jacquet.
Etienne Perag ut père.
Christophe Bussy.
Philibert Vindry.
Simone Vial.
Barthélémy Lenoir.
François Perag ut.
Chateauneuf'Delmas.
Jean Siaume.
Claude Siaume, Clau'Hne Rivaton, Marie-Anne Faure.
Marguerite Besson, Aimée Delorme.
Marie Granger.
Antoinette Paradis.
Marie Chapuis femme Scot, (EIscot).
2" D'uQ second jugement du 23 pluviôse (11 février) conservé au registre de la Commission :
Louis Vier.
Thomas Devaux, Claude Desportes.
André Barailler.
Jacques Mirandon.
Joseph Mirandon.
Benoît Couzan.
Etienne Fédi.
Jean Françon.
Jean-Baptiste Griot Etienne Vial.
Mathieu Maître.
Jean Poujol.
Denis Montet.
Jean Bertrand.
Jean Combe.
Jean-Baptiste Giraud. Mathieu Ravier.
Jean Bertholin.
Jacques Perragut.
Benoît Rolle.
Martin Collardet.
Marin Richard.
Philippini Rigaud.
Antoine Vidal.
Claude-Marie Roche, Jean -Claude Roche.
Simon Jacquou fils, Marie Bonnet.
André Deville.
Jean Gaudonnier.
Simon Jacquou père.
Etienne Robert.
Benoît Chalancon, Antoine Bouchet.
Biaise Granjon.
Jean Johannet.
Robert Vincent.
Mathieu Parisis.
Anet Devaux.
i6Û LËâ DERNIÈRES EXÉCUTIONS A PEVM
Jean-Bapliste Giraudon. Marguerite Barralon.
Jacques Morel. Marguerite Escat,
Georges Granger, Jean-Baptiste Sintéon.
Benoit Ferriol, Marie-Anne Imhert.
Pierre Bruuon. Claudine Brun, Piei*re Dubreuil.
Une seule des condamnations à mort intéresse le district de Saint-Etienne, celle de Nabonnau, curé de Saint-Christo-en-Jarez. Nabonnau avait prêté tous les serments. II était puni de mort pour avoir écrit, le 9 juillet, à son neveu Gubian, de Saint-Germain-laval, une lettre dans laquelle on avait relevé :
... Je ne vous parle pas de nouvelles, vous les connoissez ainsi que moi. Chalier n'est plus, Dieu soit béni ! On court à Saint-Chamond et à Saint- Etienne contre tous les brigands qui composoient les clubs ; on en arrête ; on en manque qui se cachent et fuient dans nos campagnes. . .
A son interrogatoire, il s'excuse :
— Je ne connoissois point Chalier ; je n*en ai parlé que d'après la ruemeur publique.
— Je ne me suis jamais mêlé de rien ; dans les affaires de la Révolution, j'ai été un être nul.
Dans les acquittements plusieurs sont du pays stéphanois. D'abord des femmes : Claudine Rivaton, Marie-Anne Faure, Marguerite Besson, Marguerite Barralon, Marie-Anne Imbert et Claudine Brun. Puis, les Mirahdon, Jean Françon de Bourg-Argental et Louis Vier de Rivê-de-Gier, ancien membre du District. D'autres encore, peutêtre.
Le procès de Vier, seul, était sérieux : il était poursuivi pour n'avoir pas, étant magistrat, juge de paix, protesté contre la révolte alors que les révoltés occupaient son canton. Son patriotisme paraît avoir été, d'ailleurs, incontesté.
Les Mirandon avaient été arrêtés pour avoir mis en vente de la viande corrompue (1).
(1) M. Devet a pensé que cette poursuite avait un motif plus révolutionnaire et de plus grande conséquence :
« Désespérant de vaincre par les moyens ordinaires la résistance des bou- « chers à l'application du Maximum, la municipalité de Saint-Etienne résolut « de faire un exemple et le 4 pluviôse, elle fit traduire toute la famille Mirandon « devant le Tribunal révolutionnaire de Feurs. Mais celui-ci se refusa à sévir « et le 23 pluviôse acquitta les prévenus. En fin de compte, il fallut que les « autorités constituées élevassent les prix assignés à la viande de boucherie ».
LtS DERNIÈRES EXÉCUTIONS A PEUftS 463
— Je crois que c'est parce que j'ai vendu une vache qui avait le foie gâté. D. — Tu voulais donc empoisonner les patriotes?
— Jamais ; bien au contraire, j'ai toujours été leur ami.
Jean Françon, un jeune charron de vingt-six ans, volait du bois.
D. — Tu as volé du bois dans la commune ?
— J'ai pris une fois du bois, en effet.
On volt que Ton était conduit devant la justice révolutionnaire pour des délits bien peu graves. J'en veux citer un exemple extraordinaire. Pierrette Brun, de Montbrison, est âgée de seize ans :
D. — N'as-tu pas chanté des chansons inciviques ?
— Non ; moi et ma camarade chantâmes :
Les Autnchiens et les Prussiens Les Sans-^nilottes les t'ossent !
Parmi ces acquittés un grand nombre d'insoumis au recrutement renvoyés <ï à la charge. . • de se conformer à la loi ».
Les vingt-huit condamnés à mort furent exécutés en une fois par la fusillade. Il va de soi que cette exécution causa à Feurs une terrifiante impression. M. Broutin dans son Histoire de Feurs en a recueilli de dramatiques souvenirs : le cortège des condamnés liés le long d'une grosse corde, le P. Barberaud en tête (1), se dirigeant vers le lieu du supplice au chant du Miserere; Javogues, m entre deux déesses de la Raison j> donnant le signal du feu ; Antoine Levet achevé à coups de sabre ; la a populace des quartiers pauvres )> se précipitant sur les victimes pour les dévêtir : <k on lui avait promis ces dépouilles pour acheter son impassible indifférence i», etc. ; puis, des détails macabres : «c Les corps entassés dans la fosse commune ondulant les uns sur les autres et paraissant tressaillir chaque fois qu'un corps nouveau était jeté sur ces chairs palpitantes ».
Bien que je ne croie ni aux déesses de la Raison, ni à l'abomi* nable conduite prêtée à la population pauvre de Feurs, je n'entends rien constester de ce récit auquel j'eusse cependant préféré le plus petit témoignage du temps. Mais qu'il me soit permis de dire que l'honorable historien de Feurs a bien peu vérifié et a tenu
(1) Ce P. Barberaud s'était montré très courageux à son interrogatoire : D. — As-tu prêté les serments prescrits par les décrets de 1790 et celui du 5 avril dernier ?
— Non, je n*en ai point prêté : ma conscience me le défendoit.
il)4 LES RANÇONS ET LES SOUMlSSIOI^S
pour vérités de très manifestes erreurs. Qu'il se soit trompé sur la date de l'exécution, c'est bien peu (1) : mais qu'il ait fait flgurer dans le cortège des gens qui n'y étaient sûrement pas (2), c'est la preuve du peu de certitude de ces « souvenirs ». Il y a plus : des circonstances qui paraissent vues, ne peuvent qu'avoir été imaginées de toutes pièces. M. Broutin compte, par exemple, dans les victimes de Feurs, le P. Laurent Ilamoir, des Camaldules de Val- Jésus, vu, à Feurs, « porté mourant sur Técbafaud » ; or, c'est plus d'un mois après la suppression du Tribunal de Feurs, le 20 ventôse (19 mars), que le P. Ilamoir fut condamné et exécuté à Lyon. Mieux encore, et, ici, apparaît la construction très loyale de la légende établie contre toute vérité. Madame Gonin, née DeJesgallery, a été mise en liberté le 2 nivôse (22 déc.) ; M. Broutin qui croyait que le père de cette dame, Marcellin Deiesgallery, et son frère, Etienne Deiesgallery, avaient été exécutés ce même jour, 2 nivôse, ajoute qu'on fut c< si lent à relâcher » la prisonnière que « du fond de sa prison », elle ot entendit la double fusillade qui la séparait pour toujours de son père et de son frère ! » (3). Or, il est certain que Marcellin Deiesgallery avait été exécuté le 15 frimaire (5 décembre), dix-sept jours avant cette mise en liberté de sa fille et que Etienne l'avait été un mois avant, le 3 frimaire (23 novembre)! Et M. Broutin précise cependant : « Tous ces détails ont été fournis par Madame Gonin. . • aïeule de l'auteur »,
LES RANÇONS Éï LES SOUMISSIONS
Les taxes révolutionnaires, les motifs sur lesquels on les avait justifiées avaient mis dans l'esprit des patriotes ce sentiment qu'une part des fortunes éminentes était le patrimoine de la Révolution.
(1) n indique le 20 pluviôse (8 février) alors qu'il s'agit du 22 au plus tôt.
(2) Les Leconte père et fils exécutés à Lyon le 27 ventôse (17 mars) ; Deladret père exécuté à Lyon le 28 ventôse (18 mars), et Deladret fils déjà exécuté à Feurs le 8 nivôse (28 décembre).
(3) U dit formellement que & le même jugement qui acquittait Madame Gonin condamnait à mort son vieux père et son jeune frère », lesquels étaient moiis depuis dix-sept et trente et un jours. Madame Gonin ne fut point mise en liberté par « jugement », mais par une ordonnance de non lieu que M. Broutin fait connaître et qui constate « qu'elle n'est pas portée sur le registre d'écrou ; que les causes de sa détention sont inconnues et qu'elle ne peut rester sans danger étant sur le point d'accoucher »,
LES HANÇONS ET LES SOUMISSIONS . 46t
Si beaucoup n'allaient pas jusqu'à approuver la main-misë que la loi d'ailleurs défendait, tous pensaient qu'un citoyen riche ne pouvait être réputé patriote s'il n'avait apporté à la Patrie une offrande digne de sa fortune. Dans Texamen des situations civiques, on faisait grand état de ces offrandes. A cette pensée générale répondait cette question dans les interrogatoires des gens riches : Qû*a8'iu fait pour la Révolution ? ou encore cette note administrative sur les accusés : N^a rien fait pour la Révolution (1).
Dès que cette idée fut un peu répandue, vers le milieu de nivôse, les accusés, les détenus se décidèrent à mettre dans leur dossier quelque attestation favorable de largesse révolutionnaire. C'est bien à. tort que, plus tard, on présenta ces offrandes comme extorquées par des agents révolutionnaires à leur profit ou au profit de quelque puissant. Rien n'est moins exact d'une façon générale. Je n'entends pas nier les vénalités démontrées ou probables ; j'entends dire que la pratique des offrandes à la Nation ne répond pas à une intention de corruption. La vérité est que la crainte arracha aux. détenus ou aux suspects des offres de services à la République, desquelles ils espéraient indulgence. Faire fléchir la rigueur des poursuites, tel était le but : pour l'atteindre, loin de dissimuler l'offrande comme une tentative de corruption, on la mettait en lumière, on l'adressait publiquement aux autorités, au représentant, à la Société populaire, etc., etc., pour, le moment venu, s'en prévaloir justement. Pour la preuve de ce fait, on pourrait recueillir beaucoup de textes : j'en donnerai quelques-uns tirés des suppliques des détenus conservées dans les dossiers.
Je ne puis séparer ces offres d'argent des protestations de patriotisme — il faut entendre de jacobinisme — qui, quelquefois et même ordinairement, les accompagnent. Evidemment, la sincérité de ce jacobinisme et la spontanéité de l'offrande ne peuvent faire illusion. Si bien qu'il me parait presque injuste de citer ces paroles inspirées par la peur et de paraître les considérer comme exprimant des sentiments réels. Mais comment pourrais-je scinder?
Voici des textes :
!• Jean^Thomas d'Aftotw, ancien capitaine d'infanterie, retraité, âgé de 61 ans, demeurant à Firminy, écroué le 20 octobre et con-
(1) Voir ci-devant, pp. 433 et suivantes, dans les notes de Pignon : 21 Pélissier;
— 53 Ravel ; — 63 Camyer ; — 92 Courbon ; — 97 Grangier ; — 102 Dubouchet ;
— 103 Courbon de Saint-Genès. A tous ces noms de suspects riches la formule est appliquée : N*a rien fait pour la Révolution,
ao
damné à mort le 29 ventôse (19 mars) peut-être parce que sa démission (à soixante ans) parut une protestation contre la chute de la monarchie (1).
Dans une lettre au District, du 30 octobre, d*Aboin dit qu'il « exposeroit encore ses jours pour la République > et dans une déclaration déposée au District le 26 pluviôse (14 février) :
Je soussigné Jean-Thomas Daboin, ci-devant capitaine au 11* régiment rrinfanterie, déclare faire un don de ma pension pendant tout le temps que durera la guerre pour le soutien de la République.
A Armes-Commune, ce 23 nivôse. Daboin (2).
Celte offre d'une pension de retraite faite par un officier presque sans fortune est une des pièces les plus touchantes des dossiers que j'ai compulsés. A mon sens, c'est une pure infamie que ce vieux soldat ait été condamné à mort alors qu'aucune accusation n'était précisée contre lui.
2» Jean-François Bernou, ex-seigneur de Rochetaillée. Ekîroué le 19 octobre ; mis en liberté par arrêté du 26 vendémiaire an III (17 octobre 94). Sur'une pièce sans date :
Il vous atteste, citoyens, qu*il n'a jamais participé, directement ou indirectement^ à la machination muscadine ni à aucun arrêté liberticide... Sa détention n'a pas ralenti son patriotisme car, outre les dons, qu'il avoit précédemment faits, il a fait hommage à la Convention de toute son argenterie pesant cent soixante et quatorze marcs et il a encore l'intention de faire tous les sacrifices qui seront jugés convenables... (3).
3o Charles Carrier (dit la Thuilerie)^ entrepreneur de la Manufacture d'Armes. Ecroué le 9 octobre, condamné à mort le 26 ventôse (16 mars).
Dans une supplique du 22 pluviôse (10 février), il rappelle son passé, « son attachement pour la Révolution qui Ta affranchi des
(1) Aux Tableaux des contt'e'réiK)lulionnaire8 mis à mort (affiches officielles) sa condamnation est ainsi motivée : « Ex-noble, contre-révolutionnaire, a quitté le régiment en 1792. »
On a dit qu'il avait été condamné parce qu'il avait refusé de condescendre à une humiliation personnelle imposée par Javogues cl qui consistait à rendre sa croix de Saint-Louis. La vérité est que la remise des croix de tous genres élait prescrile par un décret du 28 juillet 93 et que le District enregistra le 6 nivôse (26 déc.) une déclaration du maire de Firminy accusant réception de la croix de J.-Th. d'Aboin.
(2) Dossiers de Feurs. — D*Aboin.
(3) Dossiers de Feurs. — Bernou. 174 marcs d'argent = 8.700 liv.
persécutions qu'il a éprouvées sous l'ancien régime de la part des agents des despotes :»...; il offre des ce sacrifices tant au péril de sa vie que de sa fortune :» (1).
4® Alexandre-LouiS'Jérôme Charpinj ex-seigneur de Feugerolles. Ecroué le 20 octobre ; acquitté le 5 nivôse (25 déc).
Voir plus haut, page 333, le récépissé donné par Javogues à Charpin de son argenterie : 466 marcs 4 onces (2).
5o Camille DugaSy de Saint-Chamond. Ecroué le 10 pluviôse f29 janv.) ; mis en liberté le... Dans une lettre à Javogues, du... pluviôse :
Dans plusieurs circonstances, je t'avois fait connoîlre mon vœu de concourir à tes œuvres bienfaisantes ; je t'avois même offert d'en consigner rengagement dans tes mains. Tu parus convaincu de mon zèle et de ma sincérité puisque tu m'assuras devoir t'occuper prochainement d'un projet dans lequel tu ne doutois pas que je m'empresserois de concourir. Enfin, impatient de le voir éclore et mon cœur pressé du désir de venir au secours de mes concitoyens, je déposai dans le sein du citoyen Bourgeois mon hommage et mon engagement formel en le priant de t'en aviser. J'y réunis celui de mes deux frères qui, comme moi, sont dans le commerce.
Le lendemain de mon arrestation, Bourgeois te fit passer le tout. Maintenant, j'attends que tu me donnes des ordres pour savoir à qui tu veux que je compte les soixante mille livres énoncées dans la promesse collective que tu as do nous, trois frères, Camille Ougas. Dugas-Vialis et Claude-Marie Ougas.
Camille Dugas (3).
L'engagement des trois frères Dugas dont il est question dans cette lettre est ainsi formulé :
Nous soussignés Jacques Dugas-Vialis, Camille Dugas et Claude-Marie Dugas, citoyens de Saint-Chamond, promettons de payer et de verser entre les mains du citoyen Bourgeois la somme de soixante mille livres pour être employées suivant les intentions et les ordres qu'il nous transmettra de la part du citoyen Javogues.
A Commune la vallée de Mont-Rousseau, le 6 pluviôse l'an deux de la République une et indivisible»
J. Dugas- ViALis. — Camille Dugas. — C.-M. Dugas (4).
il) Dossiers de Feurs. — Canner,
(2) Archives de la famille Charpin de Feugerolles. 4(56 marcs rr 24.0CO liv, environ.
(3) Dossiers de Feurs. — Dugas.
(i) Ibid.
&> Jacques Dugas dit Dugas-Vialis ou du VillarSy de SaiDt-Chamond, frère du précédent. (Ecroué le... ; mis en liberté le 17 vendémiaire an III-8 oct. 94). Compris dans l'engagement du 6 pluviôse (t25 janv.) que je viens de donner. Son frère parle de lui dans une lettre à Duret (?) du 27 nivôse (16 janv.)
Mon pauvre frère n*a pas été, heureusement, du voyage de ses compagnons d'infortune (1). Pouvons-nous espérer qu'il rejoindra bientôt ses foyers? Sa présence le mettroit à portée de voir jusqu'où il pourroit porter ToArande qu'il est dans Tintention de faire à la Patrie, déjà* depuis longtemps (2).
Cette mention s*éclaire par l'engagement suivant :
Je soussigné Jacques Dugas, citoyen de la commune de Sain-Chamond, promets de payer au citoyen Javogues, représentant du peuple la somme de quatre-vingt mille livres dont la moitié à première réquisition et l'autre moitié aux termes qui me seront assignés et le tout entre les mains de qui le citoyen représentant voudra m'indiquer ; priant ledit représentant d'agréer, au nom de la Patrie, la somme ci-dessus mentionnée en don et hommage de ma part.
/^ Jacques Duc as (3).
'Ces pièces sont des dossiers de Fèurs. Au procès-verbal de la séance de la Société populaire de Saint-Chamond du 26 thermidor (13 août), je trouve :
On a fait lecture d'une promesse de Jacques Dugas-Villard de la somme de quarante mille livres pour subvenir aux dépenses de la commune de Saint- Chamond et prié la Société de s'intéresser à ce qu'il recouvre sa liberté pour qu'il puisse satisfaire à ses engagements (4).
7^ Claude-Marie Dugas. Compris dans l'engagement que je viens de donner (voir 5® Camille Dugas).
8° Jean^Baptiste DugaSy Taîné (5). Son frère Caofiille parle de lui dans la lettre du 27 nivôse (16 janv.) que j*ai déjà citée au sujet de Jacques Dugas :
Un autre de. mes frères et le plus aîné, Jean-fiaptiste Dugas, ... est on état d'an'estation chez lui... Depuis longtemps brûlant du désir de manifester son
(1) Le transfert des prisonniers de Saint-Etienne a Montbrison et à Feurs le 25'nivô8c (14 janv.)
(2) Dossiers de Feurs. — Dugas,
(3) Ibid.
(i) Publication de M. G. Lefebvre de Saint-Chamond : ProcèB-verbawt de la Société républicaine.
(5) Jean-Baptiste Dugas est l'importateur des métiers à la Zurichoise.
LES RANÇONS ET LES SOUl^ISSIONS 469
patiiotisme il a cherché, mais inutilement, à vendre une de ses propriétés pour faire un hommage à la Pati'ie. Ne trouvant point d'acquéreur, il se décida, les premiers jours de cette décade, à offrir la partie majeure de ses fond$ en nature qui se trf)uve dans le district de la Campagne de Commune-Affranchie et envoya son offre au représentant Javogues qui se trouvant au moment de son départ ne put en prendre connoissancc.
Depuis lors, quelques amis lui ont offert de lui prêter les uns dans six, les autres dans neuf et douze mois, à peu prés Téquivalent de cette portion de propriété dont il joint ici le dénombrement et il a imaginé qu*il seroit plus avantageux à la République de faire son offrande en valeur effective, c'est-à-dii*e en assignats.
Il vient de me communiquer cette idée ; mais avant de la mettre à exécution, ne connoissant d'autre voie que la franchise la phis pure, j'ai pensé qu'il convenoit de te la soumettre et à notre représentant pour avoir son avis. Tu voudras bien lui faire observer que mon frère se croit obligé de partager son don enti*e le district de Commune-d'Ârmes et celui de la Campagne de Commune- Affranchie...
Tu observeras que les fonds qu'il offroit par la lettre qu'il adressa au citoyen représentant sont d'une valeur de 220 mille livres qui ne rendent plus que deux et deux et demi pour cent et son offre en assignats seroit de 150 à 160 mille livres. Mais il demanderoit, vu la pénurie où il se trouve, qu'on lui acçoMàt un délai d'un an pour parfaire ladite somme sur laquelle il doimeroit un à\!ompte de suite...
Cette lettre vise un engagement dont je trouve la trace dans une pièce sans date(1).
Etat des biens fonds que le citoyen J.-B. Dugas l'ainé, frère de Camille offroit à la Nation par la lettre qu'il adressoit au citoyen représentant Javogues, au moment de son départ de Commune-d'Armes...
Cet état comprend : 1° un domaine à la Roussilière (Saint-Maurice-sur-Dargoire) ; 2** deux domaines aux Ormes (Id.) ; 3° la propriété de Chassagny avec trois domaines.
L'échange de ces propriétés contre des assignats fut accepté puisque le 6 ventôse (24 fév.), le District accuse à J.-B. Dugas réception de 20.000 liv. « à compte de celle de 160.000 liv. que ledit Dugas Tainé. a promis de payer à la République pour Taider à payer les frais de la guerre »...
9^ Pierre-Antoine Fromage^ président du Tribunal civil. Ecroué le 14 nivôse (3 janv.) ; mis en liberté le 11 brumaire an m (1" nov. 94). A son interrogatoire (2) du 24 pluviôse (12 fév.) :
( I) Dossiers de Feurs. -- Dugas.
(2) Dossiers de Feurs. — Froniago,
D. — Q'as-tu fait pour la Révolution ?
— J*ai précbé ses principes ; j'ai fourni mon blé û larmée de la République sous Lyon, sans en rien exiger ; j'ai donné des offrandes patriotiques assez considérables. En un mot, je me suis comporté comme un bon patriote.
10^ Etienne Grangier, oncle, de Saint-Chamond. Ecroué le 25 pluviôse (13 fév.); mis en liberté par arrêté du 15 thermidor (2 août). Je lis aux procès-verbaux de la Société populaire de Saint-Chamond (1) à la date du 24 thermidor (H août) :
La Société a arrêté qu'elle nommoit les citoyens Pervanclion, Laval, Hardisson, Dérange et Pitiot commissaires pour se transporter au Comité de bienfaisance pour savoir si le citoyen Grangier avoit souscrit.
Et le lendejnain 25 :
Les commissaires nommés pour aller au Comité de bienfaisance pour savoir si le citoyen Grangier avoit soucrit, ont rapporté qu'il l'avoitfait pour la somme de quarante mille livres.
il° Jacques Neyron, ox-seigneur de Roclie-la-molière, fabricant de rubans. Ecroué le 18 octobre, acquitté le 16 germinal (5 avril). Dans une supplique adressée à un « citoyen représentant » (2), le 14 ventôse (4 mars), je trouve :
Animé du bien public et voulant, autant qu'il est en mon pouvoir, te donner des preuves de mon dévouement à la République, je viens t'offrir la majeure partie de ma fortune qui consiste à environ deux cent quatre mille livres de débiteurs en Espagne, à Naples, à Paris, à Bordeaux, à Ville-affranchie, à Commune d'annes et en marchandises, sans en garantir la diminution, ni les paycmens de tout ce qui m'est dû.
Si cet abandon ne test pas agréable, je t'offre 15.000 livres payables dans le mois de mon élargissement et 65.000 payables en vingt-deux payements de 3.000 liv., chacun de mois en mois, à la résen'e du dernier payement qui se trouvera de 2.000 livres. Total 80.000 livres.
Je pense, citoyen repivsentant, que malgré l'activité que je mettrai à liquider mon commerce, j'aurai de la peine à remplir les engagemens que je pn^nds. ..
Il ne me reste qu'à t'édifier sur les revenus de mes propriétés pour procurer la subsistance a ma femme, à moi et à mes cinq enfants.
Suivant la matrice des rôles de Commune d'annes, de Feugerolles et de Hoche, il s'élève à une somme de six mille cent livres sur laquelle j'ai à payer les impôts et les réparations. Cette somme, quoique modique pour une grande famille, suffit a un républicain qui fait consister son bonheur dans la prospérité de la chose publique.
(1) Publication de M. G. Lefebvre.
(2) Je ne vois pas quel est le représentant : Girard ou Meaulle? Javogius était parti depuis plus de quinze jours.
Si mes propositions te sont agréables, je te prie de m^accorder un quart d'heure d'entretien pour prendre avec toi les arrangements nécessaires et t'offrir toute Targenterie que je puis avoir (i).
Et à son interrogatoire ?
D. — Ce qu'il a fait pour la Révolution ?
— Qu'il a donné douze cents livres pour la première levée, deux cents livres pour les canons, deux mille livres pour l'emplette des blés et, dans le mois d'août dernier, mille livres pour les femmes et les enfants, de ceux qui étoient marché contre les rebelles, ainsi qu'un habit complet (2).
12» Pélissievy de Villebeuf. Ecroué le 7 pluviôse (26 janv.) ; mis en liberté le 6 ventôse (24 fév.). D*une supplique du 14 pluviôse (2 fév.) adressée à un « citoyen représentant » :
... Le jour où j'aurai recouvert ma liberté sera le plus beau jour de ma vie, puisque je pourrai, de suite, concourir aux vues bienfaisantes du représentant du peuple Girard qui m'a chargé — comme administrateur de la Maison de secours de notre commune, de recevoir les offrandes de mes concitoyens pour le soulagement de nos indigents (3).
Pignon, le 11 pluviôse (30 janv.), avait donné sur Pélissier la note suivante :
Egoïste fieffé, riche à près de 400.000 livres et n'ayant jamais rien fait pour la Révolution. — Plus que modéré (4) ;
13« Barthélémy Pourret l'aîné, dit des Gauds, ancien membre du District, ancien juge au Tribunal. Au registre du District (8 messidor (26 juin), déclaration d'abandon — (c pour concourir à l'extinction de la dette nationale » — de 1.644 liv., prix de la liquidation de son office de procureur.
Je ne vois pas que Barthélémy Pourret ait été inquiété. Son frère, juré de Ghalier, fut recherché par Pignon. Le 22 nivôse (16 fév.), il avait, devant le District, déclaré renoncer à exercer le rôle de Conseil autorisé par la loi de brumaire qui supprimait les avoués. Le 26 nivôse (15 janvier), il offrit au District « pour les défenseurs de la Patrie » six chemises, quatre cols, trois mouchoirs
(1) Dossiei*s de Feurs. — Neyron.
(2) Ibid.
(3) Dossiers de Feurs. — Pélissier,
(4) Voir plus haut, page 43.
et un chapeau, et le District fut séduit à ce point qu'il c a crié d'une voix Vive la République I et dît que mention honorable en serait faite sur le registre ».
14* Jean-Louis Praire dit du Rey ou de Montaud^ 74 ans, oncle du maire Praire-Royet. Ecroué le 20 octobre, mort en prison. Dans une lettre, sans date, adressée aux « citoyens juges », Praire du Rey fait très courageusement le récit de l'abominable torture à laquelle il fui soumis par des agents pour obtenir un surplus de numéraire qu'on lui supposait après lui avoir enlevé 41.787 liv., 81 liv. en gros sols et pour plus de 1.000 fr. d*argenterie. (Voir page 328.)
150 Ravel Jean-Bapiistey dit la Terrasse, Ecroué le 5 novembre, acquitté le 10 germinal (30 mars).
Le 17 germinal (6 avril), le District accuse réception de l'argenterie donnée par Ravel : 19 marcs d'argent et 2 marcs 12 deniers de galons.
16o Antoine-François Ronzil. Ecroué le 16 frimaire (6 déc), mis en liberté le 3 pluviôse (22 janvier). Dans une supplique sans date, adresée à un c< citoyen président », il ofTre la rente qui lui revient de son ancienne fonction d'Elu à l'Election de Saint-Etienne :
... A l'égard de ceUe Election, la rente qu'il peut lui revenir montant à 4.000 livres et quelque chose, il en fait hommage à la Patrie et dont il en fera décharge. Ce citoyen n'a jamais favorisé les Lyonnois ; quand ces scélérats sont venus paralyser notre ville, ledit citoyen étoit malade.. . (1)
17® Darthéle^ny Veyrey notaire à Maclas. Abandonne le prix de son office, « comme jaloux de concourir au dégrèvement de la dette publique » (District, 17 pluviôse-5 février). Je ne vois pas que Veyre ait été inquiété.
18° Vier Louis, de Rive-de-Gier. Ecroué le 12 pluviôse (31 janv.); acquitté le 23 pluviôse (Il février). Notaire, L. Vier, élu juge de paix, avait renoncé à son office et en avait abandonné à la République le remboursement (2).
19* Antoine Vincent (Soleymieu). Ecroué le 17 octobre, condamné
(1) Archives de la Loire.
(2) District, 13 ventôse (3 mars).
à mort le 29 ventôse (19 mars). Dans une supplique sans date, aux juges de Feurs (1) :
... Il s'est dépouillé de son argenterie ; il en a fait hommage avec le plus ^rand plaisir en faveur de la Convention . . .
. . . Vrai républicain qui a toujours été et qui sera toujours Tami intime des Sans-culottes. . . Offrant de donner ce qui sera jugé convenable pour la prospérité de la République . • .
Le dépouillement plus attentif donnerait d'autres exemples. Mais un plus grand nombre de textes montrerait-il mieux ce qui est visible que les offrandes à la Patrie faites par les détenus ou les suspects furent de véritables rançons apportées avec un empressement égal à la crainte qui en faisait sentir la nécessité cruelle. Et aussi que les administrateurs les acceptèrent comme le simple accomplissement d*un devoir patriotique.
Ces rançons donnèrent lieu à bien des légendes. M. J.-Â. de la Tour- Varan, qui aurait pu se piquer d'exactitude historique, raconte en un travail généalogique sur sa famille (2) que son grand-père, Nicolas de la Tour-Varan, € ne parvint à échapper à la mort qu'en accablant le proconsul sous les débris de sa fortune ». Et, cependant, les Archives de la Loire conservent une supplique, sans date, dans laquelle Nicolas de la Tour- Varan dit :
L'exposant n'ayant aucun bien, les dettes délaissées dans sa maison par ses ancêtres et une nombreuse famille à élever Tout réduit à la triste nécessité de vendre tous ses biens ; il ne vit que des modiques revenus de la légitime de son épouse...
Et il ajouta, naturellement, des attestations de son patriotisme :
... Il croyoit que son patriotisme bien déclaré et conforme en tout à l'esprit de la Révolution le mctioit À l'abri des inculpations. . .
... Quoique son âge le dispensât d'aller combattre les l'ebelles de Lyon, il a été un des premiers chefs de bataillon qui se soient empressés de marcher à la tète des gardes nationales... (3)
Dans les exemples que je viens de citer, si toutes les offrandes n'aboutissent pas à la mise en liberté, aucune du moins ne fut
(1) Dossiers de Feurs. — Vincent. Deau-frère de J.-F. Bernou ex-seigneur de Rochetaillée.
(2) Arvional et généalogies.
(3) Ce « patriote » avait dps fils qui dqnnaient leur vie pour leur roi: l'un, Joseph, mitraillé à Lyon le li frimaire (4 déc) ; l'autre, André-Joseph — u Quiberon..*
perçue d'un condamné à mort. Les biens des condamnés à mort étaient d'ailleurs acquis à la Nation. Mais on a vu que les offres de Carrier et d'Antoine Vincent ne les sauvèrent pas du supplice.
LES ACCUSES DE SAINT-ETIENNE DEVANT LES JUGES LE TRIBUNAL DE FEURS SUPPRIMÉ
A Feurs, l'épouvante étreignait tout. Une nouvelle hécatombe allait suivre. Sur quelles têtes allait-elle porter? Quelles nouvelles figures éplorées ou résignées allait-on voir défiler dans le nouveau cortège? Il restait encore des Montbrisonnais à juger; mais le tour des Sléphanois approchait.
J'ai raconté plus haut leur voyage de Saint-Etienne à Montbrison. C'est, je pense, le 19 pluviôse (7 février) qu'ils furent transférés à Feurs, au moins en grande partie. La délibération suivante de la commune de Montbrison me parait s'appliquer à leurs dépouilles :
19 pluviôse (7 février).
Sur ce qui a été observé que tous les détenus dans la maison d'arrêt, cy-devant maison de Sainte-Marie, ont été traduits ce jourd'huy par ordre du représentant Javogues, à Feurs ; qu'il reste plusieurs effets, tels que matelas et autres objets appartenant aux détenus; qu'il est intéressant de prévenir la dilapidation de ces objets. , .
Arrivés à Feurs le même jour sans doute, ils étaient destinés à ne pas attendre longtemps.
Le 24 pluviôse (12 février), la Commission révolutionnaire préparait, en deux séances du matin et du soir, sa séance publique du lendemain qui devait être suivie de l'exécution lamentable.
Ce jourd'huy vingt-quatre pluviôse, an second de la République...
En la séance du matin de la Commission révolutionnaire de Feurs, composée des citoyens Lafaye le jeune président, Marcelin, Dubessey, Darcourl, Guyot, Chaul et Avanturicr juges, assistés de Delliorme fils groftier, ont été amenés par la force armée les ci-après nommés, prévenus du crime de lèse-Nation et interrogés comme suit :
Voici la liste des interrogés :
1^ Un groupe de Montbrisonnais :
Chanteloux, veuve Maubou, résidante à Montbrisé.
Du Rozier, veuve des Périchons —
Marthe Lattanerie, —
Jean-Marie Salles, —
Marguerite Salles, —
Elisabeth Salles, —
Jean-Pierre Lagier, —
Jean-Pierre Lafont, —
François Gérentet, —
Antoine Mathon, de Sauvai n, —
François Sibaud, —
Michel Roche, —
Charles Prodon, curé, —
2» Un groupe de Stéphanois.
Jean Dubouchet, dit Chambonnaire, de Commune-d' Armes.
François Bourdely, curé de la Fouillouse.
Jean-Baptiste Ravel, dit la Terrasse, de Villars.
Etienne Orelut, chirurgien à Saint-Chamond.
Jean-Pierre Gauthier, de Saint-Roinain-en-Jai*ez.
Jacques Cal! et, de Saint-Chamond.
Jérôme Chambovet, de Saint-Chamond.
Joseph Cremeau, dit Misère, de Saint-Chamond.
Claude-Antoine Détours, de Commune-d'Armes.
Jean-Pierre Ravarein, —
Carrier, dit la Thuilerie, —
André Vial, —
Pierre Chabannes, —
Joseph -François Teyter, —
Paul Lardon, notaire, —
Marie-Claudine Pupier Brioude, —
Pierre- Antoine Fromage, —
Jean-François Yvon, —
Jérôme-Marie Vinoy, —
Antoine Vincent, dit Soleymieu, —
Je vais donner ici, dans leur concision, ceux de ces interrogatoires qui se rapportent plus ou moins directement à l'histoire de Saint-Etienne.
Jean Dubouchet^ dit Chambonnaivey 38 ans, marchand.
D. — Pourquoi as-tu été à Lyon ?
— On me fit tirer au sort.
D. — Pourquoi as-tu déclamé contre les Sociétés populaires ?
— Je les ai, au contraire, soutenues.
François Bourdely, 60 ans, curé à la Fouillouse.
D. — Ta commune a-t-elle envoyé des députés au Congrès départemental ?
— Non,
D. — N'as-tu pas lu au prône de tes messes, les arrêtés liberticides du Déi^artement de Rhône-et- Loire ?
— Oui ; mais seulement Tarrêté qui convoquoit les asssemblées primaires sans y rien ajouter aucune réflexion.
Jean'- Baptiste Ravel la Terrasse^ 46 ans.
D. — Etois-tu membre du Département ?
— Je i'avois été ; mais suivant des lettres qui sont sous les scellés, on verra que j*ai donné ma démission en novembre 1792.
D. — Tu en impose quand tu dis qu'en 1792 tu as donné ta démission puisqu'en 1793 tu étois en correspondance avec le Département qui t'écrit en ces mots : « Cher collègue ».
— Je ne le crois pas.
D. ~ As-tu protesté contre le Congrès départemental ?
— Je ne m'y suis pas cru obligé.
Claude-Antoine DetourSy 52 ans.
D. — Etois-tu de la Société populaire ?
— Non ; parce que mes fonctions absorboient mes iutants ainsi que le soin de ma famille.
D. — Où étois-tu pendant le siège de Lyon ?
— J'étois a Commune-d'Armes.
D. — Pourquoi as-tu souflert que ton (Ils ait suivi et fréquenté les muscadins ?
— Mon fils étoit presque indé{)endant ; il agissoit sans mon consentement. D. — N'as- tu pas signé une adresse faite par les Sections de Commune-
d' Armes à la Commission dite populaire de Lyon et a la date du 27 juillet dernier ?
— Je ne le crois pas. J'en ai signé une, à la vérité ; mais je ne crois pas que ce soit celle-là.
Jean-Pierre Ravarein, 71 ans et demi.
D. — Quel grade occupois-tu dans la garde nationale ?
— J'étois commandant de bataillon.
D. — Tu as marché à Lyon pour secourir les rebelles ? -- Oui ; d'après les ordres à moi donnés par mes chefs. D. — N 'étois-tu pas membre de la Commission militaire scélérate de Lyon ?
— Oui ; mais je n'ai été présent qu'à trois jugements. D. — A quelle époque es-tu sorti de Lyon f
— J'en suis sorti le 27 août.
Charles Carrier, dit la Thuileriey 49 ans.
D. — Tu as voté pour l'envoi des députés au Congrès départemental ?
— Non ; j'étois à Paris à cette époque.
D. — Tu as envoyé, le 1" septembre dernier, à la Commission, des armes pour armer les patriotes qui se portoient sur Montbrisé, les quels fusils étoieitt liors de service ?
— J'ai envoyé les fusils qu'on m'avoit demandés ; si les fusils li'avoient pas été recevables, c'étoit à la Commission à les refuser.
D. — Tu as été à Montbrisé et à quelle époque ?
— J'y ai été le 24 août. J'y étois envoyé par le Directoire du District de Commune-d' Armes pour remplacer les administrateurs de Montbrisé qui étoient absents.
D. — Pourquoi as-tu fait donner mille fusils aux muscadins ?
— Si les muscadins ont reçu mille fusits ce n'est pas moi qui les leur ai livrés, parce que je ne suis pas chargé, dans la Manufacture, de la livraison.
André Vial^ 32 ans.
D. Etois-tu membre de la Société populaire ?
— Oui ; et j'en ai été plusieurs fois le président.
D. — Tu as assisté aux Sections pendant la rébellion lyonnoise. ~ Oui ; je ne croyois pas que cela fut contraire à la chose publique. D. — N'étois tu pas secrétaire de Section ?
— Oui ; pour cinq ou six séances.
II. — N'as-tu pas signé des adresses contre-révolutionnaires aux campagnes.
— Jamais.
Pierre Chahannes^ 32 ans.
D. — Pourquoi disois-tu que, dans six ou sept jours, nous aurions un roi sur le trône ?
— Cela est faux.
D. — As-tu assisté aux Sections pendant la révolte lyonnoise ?
— J'y ai assisté une seule fois.
D. — Es-tu marié ?
— Non.
Jean-Françoi» Teyler^ 52 ans et demi.
D. — N'étois-tu pas notable de Commune-d'Armes ?
— Oui.
D. — N'étois-tu pas l'intime de Praire et autres scélérats ?
— Je cornnoissois Praire puisqu'il avoit était {Président du District ; mais non autrement.
D. — N'as-tu rien signé de contre-révolutionnaire, soit en qualité de secrétaire du District, soit comme notable r)u comme citoyen dans les assemblées primaires.
— En qualité de secrétaire du District, mon nom se trouve à tous les arrêtés du District, puisque l'imprimeur l'a ajouté par espèce de formalité.
D. — As-tu protesté contre le Congrès départemental ?
— Je ne connoissois pas la loi à cet égard.
Paul Lardon^ 56 ans et demi.
{Renvoyé dans la maison d*arrêl)»
Marie'-^Claudine Pupier-Brioude, 52 ans, visitandine.
« Fanatique ». **
Pterre-Antoine Fromagey 63 ans.
D. — Âs-tu protesté contre le Congrès départemental, étant fonctionnaire public ?
— Je n'ai pu protester, étant perclus de tous mes membres. D. — Qu'as-tu fait pour la Révolution ?
— J*ai prêché ses principes ; j'ai fourni mon blé à l'armée de la République sous Lyon sans en rien exiger ; j'ai donné des offrandes patriotiques assez considérables. En un mot, je me suis comporté en bon patriote.
Jean-François Yvon, 30 ans.
D. — N'étoîs-tu pas Substitut du procureur de la Commune ?
-Oui.
D. — Pourquoi as- tu remplacé Richard qui étoit parti pour Lyon ?
— Je n'assistois que rarement à la Commune et on me força à le remplacer. D. — Tu as assisté à la B'édération, le 14 juillet, à Commune-d' Armes où
étoient les muscadins ?
— Oui ; j'y ai été entraîné de force et j'ai prononcé ce mot de discours dont tu me parles. Ce n'est pas mon ouvrage ; on m'a obligé à le prononcer.
D. — As-tu protesté contre le Congrès départemental ?
— Oui ; et au mois d'août, au commencement de septembre, j'ai écrit et détaillé à la Convention nationale les événements fâcheux qui étoient arrivés à Commune-d'Armes. Et voici le Bulletin de la Convention qui en fait mention.
Jean-Marie Vinoy^ 36 ans.
D. — Qu'as- tu fait pour la Révolution ?
— Je suis un des fondateurs des Sociétés populaires.
D. — Pendant le séjour des muscadins à Communes-d 'Armes, quelle a été ta conduite ?
— J'ai abhoiTé les muscadins et j'aurois voulu qu'il y eût moyen de les chasser.
D. — On te dénonce pour avoir fait le service de sous-officier conjointement avec les muscadins ?
— J'ai fait le service comme garde national ; mais je n'ai pas été mêlé avec les muscadins.
Antoine Vincent, dit SoleymieUy 45 ans.
D. — Où étois-tu pendant le siège de Lyon ?
— J'étois dans ma demeure.
D. — Etois-tu fonctionnaire public et as-tu prolesté en conséquence ?
— J'étois juge au Tribunal de commerce de Commune-d'Armes et je n'ai pu protester, attendu que j'étois à Lyon et que je ne connoissois pas la loi qui l'ordonnoit.
I>. — Combien as-tu d'enfants ?
— J'en ai trois : une fille mariée à Commune-Affranchie, une à Communed'Armes et un fils au semce de la République.
Pour chacun des accusés, la Commission avait sou$ les yeux un
dossier contenant les dénonciations, les pièces justificatives (1), lettres, suppliques, etc. Et, enfin, on avait fait venir à Feurs le maire et des membres du Comité de surveillance, appelés, sans aucun doute, à renseigner. Les membres du Comité ont laissé de leur mission le témoignage suivant :
Observations sur des détenus, par le Comité,
Barthélémy Lenoir, Elargi par le Tribunal.
Jean-BajHiste Ravarein, teneur de livres.
Commandant de bataillon à Saint-Etienne. A marché avec un détachement au secours des rebelles lyonnois contre les soldats de la République et a menacé de faire fusiller ceux de sa troupe qui parlèrent de se retirer. A été membre de la Commission militaire établie par les rebelles dans les murs de Lyon et signé, en cette qualité, un jugement qui a été affiché avec son nom et sa qualité de commandant du détachement de Saint-Etienne.
Charles Carrier^ armurier.
Dirigeur de pétitions dans les Sections. Contre-révolutionnaire et aristocrate des phis décidés.
André Vial^ avoué.
Connu pour avoir dénoncé à sa Section de V Egalité y où étoient les Lyonnois, la pétition des électeurs à la Convention nationale et pour avoir dit à ce sujet à Reynard-Thivet et Guillermin, deux électeurs : « Vous ne désavouez pas c cette pétition, il est clair que vous Tavez signée. »
(1) Voici, entre autres, un envoi de pièces fait par le District de Saint-Etienne
à l'accusateur public, à Feurs.
5 nivôse (25 déc).
Ci-inclus tu trouveras des pièces recueillies dans les maisons séquestrées propres à rendre saillantes les manœuvres criminelles des rebelles et de leurs adhérents contre-révolutionnaires et à jeter des lumières sur leurs complots ténébreux. Elles consistent en papiers trouvés chez Joseph Gallet^ associé de Neyron aîné, — Jean Gonon (a), curé de la Valla, — Jacques Neyron, — Gtéérin pèrCj de Saint-Chamond, — Gaulhier, ci-devant minime, idem, — Jacques Roux, chef de légion^ id., — Marc-AntoineHervier, id., — Vinan^ aubergiste, id.,
— Bethenod, médecin, id., — Callet père, id., — Blachon, dMzieux, — Crouzat, administrateur à Commune-d'Armes, — Trablahic, président du District, id.,
— portefeuille de B. Ravel^ — Michel Crotte, maire de Lupé, — et trois autres lettres apportées par la municipalité de la Fouillouse.
Veuillez nous accuser réception et agréer nos salutations fraternelles.
Laforest, agent national.
Je ^adresse aussi plusieurs brouillards d'écrits trouvés chez notre imprimeur,
(a) Pour Gaumond.
Jean'Baptiste Ravel, administrateur de Rhône-et-Loire.
Faisoit partie du Congrès départemental, etc. Lors de l'arrestation du représentant du peuple, Noël Pointe, s'élant toujours opposé à son élargissement et ayant cherché à engager les citoyens de Saint-Etienne qui venoient le réclamer, à le laisser à Lyon, et lorsqu'il vit impossibilité à réussir, il se retira de rassemblée du Département.
Pierre Chàbanney armurier.
Inconnu au Comité.
Joseph-François Teyter, notaire.
Secrétaire du District de Saint-Etienne ; notable sous la mairie de Praire - Royet, son partisan et celui.de Richard, procureur de ladite Commune et instrument de toutes manœuvres des aristocrates.
François Bourdely^ curé de la Fouillousef près Saint-Etienne, Inconnu au Comité.
Attesté par les viembres du Comité qui ont donné leur observation d*après leurs connaissances itidividuelles et celles qu'ils ont recueillies. A Commune de Feurs, le 24 pluviôse, 2* année de l'ère républicaine.