Roche-Cromorel, rentier à Boën, né audit lieu
La liste du monument — avec ses 68 noms — présente donc 21 noms (4+9+8) attribués à tort au Tribunal révolutionnaire de Feurs et reste incomplète de 17 noms omis.
DÉNONCIATIONS CONTRE JAVÛGUES
Les décisions de Tautorité suprême qui mirent fin à la dictature de Javogues se rattachent à des événements de la politique générale qu'il faut bien résumer.
Les trois derniers mois de 93 avaient vu se créer et grandir à Paris le mouvement politique auquel le nom d'Hébert reste attaché. Un moment entraînée, la Convention n'avait pas tardé à reprendre quelque sang-froid et, dirigée par son Comité de Salut public, elle avait nettement condamné les extravagances libre-penseuses et anarchistes que la violence avait, seule, pu imposer à quelques communes. Après les décrets des 14 et 18 frimaire (4 et 8 déc), sur la liberté des cultes et l'interdiction des taxes révolutionnaires, elle avait, le 27 frimaire (17 déc), voté la première arrestation de Vincent, Ronsin et Maillard. La lutte était dès lors engagée à fond. On sait quelle audace montrèrent les Hébertisles et de quelle grandeur d'àme, de quel stoïcisme fit preuve Couthon à la présidence de la Convention nationale pendant la première quinzaine de nivôse (21 déc.-4 janvier). Les Dantonisles et le Vieux Cordelier^ le groupe des amis de Robespierre, une faible majorité aux Jacobins étaient les éléments parisiens de la résistance à l'aclion violente des Hébertisles appuyés sur la Commune de Paris. L'éventualité redoutable était la scission entre les groupes de gauche :
(i) Un MaUiieu Péronin, concierge des prisons de MonU)rison, a été acquiUé Je- 4 nivôse (24 décembre).
(2) Ne pas confondre avec Punctis de Cindrieii inscrit aussi sur la liste du . monument.
DÉNONCIATIONS CONTRE JAVOGUES 487
une lutte fratricide qui pouvait désarmer la Convention et perdre la République. On se supportait, on s'observait sans oser s'attaquer. Les Hébertistes, par la Commune, faisaient cependant grande impression à Paris.
Le l<^r nivôse (21 déc.)» une grande manifestation à Paris en l'honneur de Chalier donna comme une force nouvelle au parti de la violence ; elle parut surtout lui avoir donné un chef digne de lui : Collot d'Herbois revenu de Lyon avec le prestige des grandes exécutions en masse, des mitraillades, des démolitions, des églises saccagées et des taxes révolutionnaires. Avec passion, Collot prit parti pour les violents. La politique plus réservée de la Convention et du Comité de Salut public lui fit dire aux Jacobins : « Je ne reconnais plus l'opinion publique; si j'étais arrivé trois jours plus tard à Paris, je serais peut-être décrété d'accusation. :» Dans l'émouvante séance du 3 nivôse (23 déc.) où le Comité ne fut sauvé que par la nouvelle de la prise de Toulon, Collot triomphant avait dit : (L Rejetons loin de nous toute idée de modération, d Un instant, la victoire des Hébertistes parut certaine et leur nouveau chef qu'ils appelaient (a le géant » eut, c'est indéniable, la situation éminente. La lutte, sourde et pourtant acharnée, dura jusqu'à ventôse où elle tourna à la tragédie : alors que Collot, seul Hébertiste au Comité de Salut public, se croyant perdu, recula. On se rappelle que la tragédie eut son dénouement — du 23 ventôse (13 mars), jour où Ronsin, Vincent, Hébert, etc. furent arrêtés, au 4germinal (24 mars), jour où ils furent exécutés.
Cette indication rendra intelligible — je l'espère — l'attitude de Javogues et les circonstances de son arrestation.
Il avait — on l'a vu -* administré ce pays à sa manière ou plutôt à la manière hébertiste, imposant des taxes, visant à niveler les fortunes, poursuivant comme un crime d'Etat tout soupçon de catholicisme, s'eiïorçant d'obtenir les abjurations par la peur, imposant son nouveau culte officiel, ne tenant aucun compte des décrets de la Convention et encore moins des instructions du Comité de Salut public, faisant à son gré les administrations, la justice, disposant en somme de la vie et des biens.
Il avait — je l'ai dit plus haut — sollicité son rappel dès le 18 frimaire (8 déc), et ce rappel lui avait été accordé le 21 (11 déc.) Je ne vois pas comment le Comité de Salut public l'oublia, plus d'un mois, dans la Loire et quelles raisons allégua Javogues — s'il en allégua — pour continuer l'exercice de son terrible pouvoir. Il est probable que le Comité ne fit attention au réfractaire que te jour où on lui signala, avec plus d'insistance, d'intolérables abus d'autorité.
488 DENONCIATIONS CONTRE JAVOGUES
Mais dans la Loire, les protestations contre la dictature odieuse, après avoir agité, puis soulevé les consciences, s'exprimaient enfin, se précisaient. Elles allaient être entendues à Paris, lorsque Girard (deTAude) se plaignit au Comité de son irrascible collègue (1<^<' plu* viôse-20 janvier) qui empêchait la caisse du Département de faire à TEtat des avances pour le salaire des ouvriers armuriers. C'est peut-être même cette plainte qui rappela l'attention du Comité sur Javogues. Le Comité le croyait toujours à Saint-Etienne (sur l'adresse : « présentement à Armes-Commune »); il lui écrivit :
10 pluviôse (27.janvier).
Les départements du Rhône et de la Loire, citoyen collègue» étant aujourd'hui sous la surveillance de nos collègues a Commune- A iïranchie et ta mission se trouvant ainsi sans objet, le Comité t'invite à rentrer au sein de la Convention nationale.
Tu t'empresseras d'autant plus de te rendre à celte invitation qu'il y a quatre décades, lorsque lu as toi-même demandé ton rappel, pénétré des raisons qui motivoient ta demande, le Comité n'a pas hésité de l'accueilir (i).
Le Comité avait à peine expédié cet ordre de rappel qu'il recevait une première plainte des populations de la Loire. Elle émanait du Comité révolutionnaire de Saint-Etienne. Le 12 pluviôse (31 janv.), le Comité la transmettait aux représentants à Lyon :
Vi pluviôse (31 janvier).
Le Comité de Salut public vous fait passer, citoyens tîollègues, copie d'une lettre du Comité révolutionnaire de Commune-d' Armes ; elle se plaint de diflërents arrêtés pris par notre collègue Javogues sur la conduite duquel elle se permet quelques inculpations.
Le Comité vous invite à vous faire rendre compte des f'iits et des motifs de plainte que peut avoir cette commune ; vous prendrez ensuite à cet égard les mesures que vous jugerez les plus convenables (2j.
La plainte du Comité révolutionnaire de Saint-Etienne contre Javogues serait un bien curieux document de l'histoire de cette ville : elle n'est malheureusement pas facile à découvrir.
Fût-elle spontanément écrite par le Comité révolutionnaire? Ne lui fut-elle pas inspirée? Cette idée vient si on se rappelle qu'à la fin de nivôse, la municipalité stéphanoise avait envoyé des commissaires à Paris et si on suppose que ces commissaires, Fauriel, Catelan et Desgrands, ne furent pas sans donner conseil sur l'opportunité d'une démarche aussi grave. Cette supposition n'est pas
il) Aulard. Papiers du Coniilé. Tome X, page 51H. (2) Ibid., page 578.
DÉNONCIATIONS CONTRE JAVOGUES 489
lout à fait gratuite. En eflet, il est sûr que, dès leur arrivée, les commissaires furent, naturellement, empressés au Comité de Salut public, chez Robespierre même (par lequel Fauriel a dit plus tard avojr été reçu). N*ont-ils pas été interrogés, sévèrement peut-être, sur les événements de Saint-Etienne, ce qui expliquerait leur impression que la municipalité avait été desservie à Paris? N'ontils pas, à ce moment, renié Javogues et n'ont-ils pas apporté un écho de la plainte publique?
N'ont-ils pas même recueilli du Ck)mité, de Robespierre, l'avis d'agir, de faire agir, contre l'hébertiste exalté qu'était Javogues, avec l'assurance que leur action serait soutenue? Quoiqu'il en soit de ces suppositions, il est sûr que les commissaires stéphanois étaient à Paris quand la plainte y arriva et qu'il est presque certain qu'ils furent chargés de la présenter et de la soutenir. Dans les renseignements que je donne plus loin sur cette mission (l)on veri*a que Fauriel transmit aux municipaux, à peu près quand le rappel de Javogues fut décrété, cette impression que la Commune de Saint-Etienne n'était pas en bon rang dans l'estime du Comité de Salut public, ce que les municipaux expliquent par des imputations fausses et des calomnies œuvre des aristocrates.
D'ailleurs de Roanne et de Villefranche s'élaient élevées aussi des plaintes contre Javogues. De Roanne, une délégation avait été envoyée qui accusait plutôt Lapalus ; elle fut reçue par la Convention le 18 pluviôse (6 février), avec les honneurs de la séance, Couthon présidant. On lit au procès-verbal :
Des députés de la Société populaire de Roanne (2) se plaignent des calomnies et des dilTamations dirigées contre eux par un homme vindicatif qui a surpris la confiance du représentant du peuple Javogues. Ils se plaignent des mesures auxquelles donnent lieu ces mêmes calomnies dont ils sont victimes. Us exposent tout ce qu'ils ont fait pour la Révolution, avant et depuis la rébellion de la ville de Lyon. Us se plaignent notamment de deux militaires dont un nommé Lapalus exerce le plus alfreux despotisme. Ils joignent à leur exposé diverses pièces justificatives. Ils demandent un représentaiit du peuple qui ne soit pas de leur département pour examiner et juger leur conduite passée et présente.
Le président répond aux pétitionnaires qui obtiennent les honneurs de la séance.
Un membre a la parole sur cette pétition et confirme l'exposé des pétitionnaires sur les surprises faites à .lavogues par les intrigants dont il est entouré ; il accuse Javogues de n'être pas revenu, malgré l'ordre de rappel à lui donné par le Comité de Salut public.
Un autre membre propose le renvoi au Comité de Salut public en ce qui concerne Javogues et au Comité de Sûreté générale en ce qui concerne Lapalus.
(1) Voir plus loin, ^ XXll ; La mission à Paris et Fauriel.
(2) Le Moniletir dit Roanne et Villefranche.
490 JAVOGUES ET COUTHON
Cette proposition est décrétée.
Un membre demande la suspension provisoire de l'exécution des mandats d'arrêt lancés pai* Lapai us.
La Convention passe a l'ordre du jour motivé sur le décret qui vient d'être rendu.
JAVOGUES ET COUTHON
Pendant que le Comité de Salut public et la Convention s'occupaient des plaintes formulées contre lui, Javogues, que les échos des ardentes compétitions hébertistes devaient surexciter, eut ridée d*entrer dans la bataille et d'apporter sa part de violences, d'invectives et d'injurieuses accusations. C'est à Couthon qu'il s'en prît; à Couthon qui, pendant la première quinzaine de nivôse, avait présidé la Convention, qui la présidait encore dans la seconde quinzaine de pluviôse, et qui donnait au Comité de Salut public une collaboration importante et redoutée. C'est la part de Couthon au siège de Lyon, qui lui servit de thème pour un réquisitoire exaspéré.
Pour amener les levées du Puy-de-Dôme sous les murs de la ville rebelle, Couthon, Maignet et Châteauneuf-Randon avaient installés, à Ambert, un Comité central et, à Montbrison et à Sainte-Foy-lès-Lyon, deux Comités annexes pour remplir le rôle des intendances et aussi quelques missions révolutionnaires. La mobilisation ayant été exécutée par les administrateurs du Puy-de- Dôme, aux frais de ce département sauf recours à l'Etat, ces administrateurs recueillirent les comptes de l'opération pour les vérifier et en obtenir le règlement. Que les comptes de cette levée en masse aient été réguliers, personne n'oserait le croire; que les paysans d'Auvergne aient trouvé dans le Forez des bénéfices de plus d'une sorte, on peut le croire sans peine puisqu'il est avéré que Montbrison, considérée comme ville rebelle et ennemie fut traitée un peu en ville conquise. C'est dans cette organisation de la levée et dans les agissements des Auvergnats en Forez que Javogues trouva les motifs des accusations les plus graves. ^
La forme même de ce réquisitoire prouve que son auteur n'avait pas seulement pour but de redresser des malversations, mais surtout de frapper l'opinion par une dénonciation, retentissante. C'est, en effet, sous la forme d'une proclamation aux citoyens de la
JAVÔGUES ET COUTHON 491
Loire que sont rédigés les considérants d'un arrêté d'ordre administratif. La dénonciation fut ainsi rendue publique par une longue affiche de deux feuilles à trois colonnes d*un texte serré. Ce texte contient, sur un déni de gloire aux troupes foréziennes dirigées par Javogues, d'amères récriminations qui révèlent un amour propre violemment surexcité.
Jedonne, sauf quelques coupures dans les amplifications littéraires, ce très long document (1), daté du 13 pluviôse (l*f février).
A tous les citoyens ihi département de la Loire,
Citoyens,
Vous avez été victimes de votre crédulité envers des administrateurs perfides qui ne se sont servis de la confiance que vous leur aviez donnée que pour vous trahir lâchement et creuser le tombeau du peuple. Un grand nombre d'administrations de départements qui vouloient usurper le pouvoir souverain et s'élever sur les débris du seul centre qui doit rallier tous les François (la Convention dont elles avoient juré la destruction et l'anéantissement) avoient formé le complot criminel de fédéraliser la France, d'allumer le flambeau de la gueiTC civile et de ressusciter, par tous les degrés de l'oppression et des supplices des républicains, la domination exécrable de la royauté. Les administrateurs du département du Puy-de-Dôme, coalisés avec ceux du Jura, de l'Ain et du Rhône-et-Loire avoient résolu d'établir une nouvelle Vendée dans le Midi...; des arrêtés Hberticides, des écrits imposteurs, vous avoient plongé dans régarement... ; vous n'avez pas été longtemps les jouets des desseins destructeurs... ; vous avez reconnu votre erreur; vous vous êtes réunis aux habitants des campagnes restés fidèles à la cause de la Liberté et de l'Egalité ; vous vous êtes levés en masse pour exterminer les rebelles de Lyon ; vous avez réparé par votre courage les moments de faiblesse...
Oui, républicains du département de la Loire, sans aucune impulsion que celle de la honte d'avoir songé que les infâmes satellites de Précy vous rivoient les fera de l'opprobre et de l'ancien régime, un sublime mouvement vous a tous animés ; vous n'avez pas balancé entre les horreurs de la servitude et les bienfaits inappréciables du Gouvernement rt'publicain ; vous vous êtes montrés et votre attitude imposante a suffi, seule, pour pulvériser la horde des brigands...
... Montbrisé..., la forteresse de Montrond..., la commune de Feurs..., l'action qui eut lieu à Chazelles-snr-Lyon où la Sans-culotterie républicaine triompha complètement des ci-devant ducs de Grammont et comtes de Nicolaï..., les redoutes d'Oullins..., la célèbre journée du 29 septembre..., votre entrée à Lyon ont été le prix de vos victoires...
La coloime de l'année du peuple venant du Puy-de-Dôme s'est présentée à Moutbrisé api*és l'évacuation de la troupe muscadine... Les représentants du peuple Maignet et Chàteauneuf-Handon ont établi à Montbrisé un Comité de surveillance qui s'est emparé de tous le3 pouvoirs.
Ce Comité à qui les représentants... avoient donné le nom de Comité de Salut public, composé de vingt-trois membres, dont les frères du représentant
(l) Archives nationales A. F. H 186. — Affiche imiirimée par Magnien à Feurs.
492 JAVOGUES ET COUTHON
Maignet faisoient partie (i) et qui n'étoit qu'une section d*un plus considérable appelé Central établi à Ambert et d'un autre, plus nombreux également, établi à Sainte-Foy-lès-Lyon a fait apposer les scellés dans les domiciles d'un grand nombre de conspirateurs, a fait des réquisitions considérables en grains, foins, avoines, bestiaux, chevaux, malelas, draps, couvertures et, généralement, tous * les eflets de campement et d'équipement. Il a été établi un hôpital militaire a Montbrisé où il n'a placé que des citoyens du Puy-de-Dôme qui lui étoient dévoués et à qui il avoit fixé des traitements considérables malgré l'incapacité des agents qui étoient employés pour le service des malades : cette nouvelle organisation enfantée par le Comité (dit de Salut public) du Puy-de-Dôme coùtoit à la République prés de deux mille livres par mois sans comprendre l'attirail et le luxe des dilapidateurs qui, outre des appointements énormes, entretenoient, aux dépens des indigents, des chevaux et receloient pour leur service, dans Thôpitid, des cuisiniers et des domestiques mâles.
La différence de la manutention de Thôpital de Montbrisé comparée avec le nouvel établissement... est excessive : les frais de régie sous l'administration de la municipalité de Montbrisé ne s'élevoient qu'à 1.800 où 2.000 liv. au plus par année et sous celle du Comité (dit de Salut Public), ces frais s'élevoient à prés de 30.000 liv. y compris les aisances que les Administrateurs de cet hôpital s'étoient attribués au détriment des pauvres.
Si Ton jette un coup d œil sur les autres opérations du Comité (dit de Salut public) on y verra les preuves de l'incurie et de la négligence portées au dernier période... Tous les travaux de ce Comité se faisoient dans l'ombre ; un voile impénétrable enveloppoit toutes ses actions. Les membres de ce Comité avoient choisi, dans le principe, quelques patriotes de Montbrisé ; mais bientôt les observations judicieuses de ces républicains, qui étoient mieux à portée de connoîti'e les localités que les Auvergnats, déconcertoient le projet qu'ils avoient formé de s'engraisser des dépouilles d'un pays qui s'étoit sauvé luimême, sans le secours de la colonne du Puy-de-Dôme.
On concevra difficilement pourquoi ce Comité (dit de Salut public) n'a pris aucune précaution pour assurer les gages immenses du peuple ; pourquoi il a laissé pour gardiens des scellés qu'il avoit apposés, sur du papier blanc, sans cachet ni signature, les fenmies et les domestiques des conspirateurs...
On ne sera pas moins étonné des machinations qui ont été fabriquées pour ensevelir dans un éternel oubli la gestion du Comité (dit de Salut public) du Puy-de-Dôme ; et ce qui révoltera tout homme sensé et probe, c'est de voir que les représentants du peuple, Maignet, Cou thon et Château neuf-Randou, ayant renvoyé à l'Administration du département du Puy-de-Dôme, précisément qui n'en devoit pas connoitre, l'apurement du compte du Comité (dit de Salut public) de Montbrisé.
Il eût été plus conforme aux régies de la justice et d'une sévère impartialité de charger de rapurcment... l'Administration du département de la Loire à qui auroient été adressées les réclamations. . . Il eût été plus facile à l'Administration du département de la Loire, qui est sur les lieux, d'examiner..., de faire taire ce cri d'opinion qui l'accuse d'avoir délivré des étapes sans l'egistre çt sans revue. Peut-être est-ce la multitude des étapes payées qui a fait croire que la colonne du Puy-de-Dôme étoit si formidable.
1° Il a été fait des dilapidations si considérables dans le district ci-devant
(l) Souligné dans l'affiche ce qui accuse le désir de dénonciation*
jaVoguês et COUTHON iÔ3
Moiitbrison... que les infortunés habitants de ce pays n*ont plus de ressources et sont réduits au désespoir. . . Des hommes qui se décoroient du manteau du patriotisme ont eu la férocité d'ôter au laboureur jusqu'au moyen de féconder la terre des productions de première nécessité.
î« Il a été fait des vols précieux en espèces d'or et d'arçent.
S^ Toutes les marchandises, dans une commune aussi approvisionnée que Montbrisé, en sucre, huile, savon et épiceries, sont passées dans le département du Puy-de-Dôme ; il n'en reste plus dans une commune qui fournissoit les campagnes de ces denrées qui étoient également nécessaires pour les infortunés et les malades.
4» La commune de Montbrisé étoit richement fournie en mobilier, en linge, en tout ce qui peut annoncer un luxe superbe ; actuellement, il n'existe dans toutes les maisons que la plus grande nudité... Ils ont enrichi le Puy-de-Dôme.
5» Comment s'est fait à Lyon le désarmement ? Une ville qui étoit un des premiers arsenaux de l'Europe en fusils et en munitions de guerre s'est trouvée tout à coup dénuée ; il est facile d'en deviner la cause si l'on considère que chaque soldat de la colonne du Puy-de-Dôme emportoit dans son pays un et quelquefois deux fusils. A Commune-d'Armes, il a été remis 1.800 fusils a la colonne de Chàteauneuf-Randon, dont on a eu aucune nouvelle.
6* L^n gaspillage énorme a failli à désorganiser toutes les troupes de la République ; chaque soldat du Puy-de-Dôme avoit une livre de viande, une bouteille de vin et deux livres de pain par jour, tandis que les braves républicains... n'avaient qu'une demi-livre de viande et une livre et demie de pain.. .
D'exécrables folliculaires, vendus à l'étranger, n'ont débité que des fables sur le siège de Lyon ; ils n'ont attribué la gloire. . . qu'au rocher du Puy-de-Dôme qui n'est venu, pour ainsi dire, qu'après l'expédition presque achevée.
Braves républicains du département de la Loire, la nullité à laquelle des intrigants ont voulu vous réduire retombera sur eux-mêmes. Si un million d'hommes attestent que les citoyens du département de la Loire ont été séduits et égarés un instant, ils attesteront aussi que ces républicains, indignés de la perfidie et de la trahison d'autorités constituées parjures, se sont levés en masse et que, de concert avec le brave bataillon del'Ardèche, ils ont chargé avec vigueur les satellites des despotes et ont contribué le plus efficacement à la réduction du foyer du royalisme qui existoit dans la ci-devant ville de Lyon.
Pour prix de leurs travaux et de leurs succès... qu'ont-ils trouvé? la mort, la désolation, la violation de tout ce qu'il y a de plus sacré, l'enlèvement de leurs bestiaux, de leurs meubles, de leur argent, de leurs grains, de leurs mar chandises et de tout leur mobilier ; le nécessaire le plus obscur de l'humble' chaumière n'a pas été épargné.
Les membres du Comité (dit de Salut public) du Puy-de-Dôme ont fait passer dans leur pays tout le fruit des concussions et des extorsions qu'ils ont faites sur les riches et même sur l'artisan. Ces spoliateurs féroces, qui osent arborer le caractère auguste de républicains, ont donné le spectacle déchirant de la contre-Révolution et de l'inhumanité en dépouillant indignement des martyrs de la liberté, des cultivateurs paisibles qui joignoient à l'honorable emploi de la charrue les lauriers de Mars, la victoire I
Ah ! Coulhon ! jusqu'à présent lu n'as été qu'un habile empirique ; avec une apparence de philanthropie, tu n'as jamais cherché le bonheur du peuple ; avec le mot de justice sur tes lèvres, tu n'avois que l'injustice dans le cœur ; je lis dans le souterrain de tes plus secrètes pensées ; tu as voulu allier ce qui, de sa
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nature, est inalliable : la richesse avec Tamonr de la République ; tu as la perfidie de renvoyer Tapurement des comptes nombreux des Comités (dits de Salut public) de Montbrisé, de Sainte-Foy et d'Ambert par devant les administrateurs du Puy-de-Dôme qui avoient été ou membres du Comité, ou commissaires, ou étapiers, en un mot tes créatures ; comme si le désintéressement et Téquilé n'eussent pas dîi te prescrire de faire apurer des dépenses aussi énormes et aussi compliquées devant toute autre administration que celle qui étoit ton ouvrage.
Avec le sourire de la bienfaisance, tu es le monstre le plus cruel et Tennemi le plus implacable des patriotes. Pendant Ion séjour d'un mois et demi à Lyon, trente rebelles seulement, malgré les nombreuses réclamations du peuple, ont tombé sous le glaive de la loi quoique plus de trois mille sans-culottes soient péris au siège de Lyon, preuve incontestable que tu te rëjouis plutôt de la destruction de tous les républicains que de la tête d'un seul contre-révolutionnaire. On connoît l'infernal projet que lu as conçu de livrer au supplice les patriotes les plus énergiques et les plus prononcés ; le vertueux Gaillard qui tenoit le fil de ta trame criminelle, qui connoissoil ton intimité avec les Gouly, les Gauthier et toute la séquelle des Modérantins, craignant pour le salut de sa patrie s'est suicidé et c'est toi qui es la cause de sa mort. Sous le vernis des vertus, tu n'as que l'ascendant du crime. On n'ignore p€us aussi que tu voulois sacrifier à la vengeance des riches, à la haine des prétendus patriotes du jour, les zélés jacobins qui, dans Commune Affranchie, avoient bravé les menaces et les poignards pour faire tomber sous la hache vengeresse les royalistes qui infectoient cette ville. Mais les destinées de la République survivront à tes liberticides efforts ; avec le mot insignifiant d'ultra-révolutionnaire^ tu ne parviendras jamais à faire rétrograder la Révolution ; le sort en est jeté ; le sans-culotte a déjà trop longtemps prodigué son sang ; il en a assez versé des torrents pour des ingrats, pour des serpents qu'il nourrissoit, pour des accapareurs, pour des banquiers, pour des prêtres, pour des égoïstes et pour la race abominable des praticiens et des procéduriers ; il est temps que les sans-culottes jouissent en réalité du bonheur dont les hommes per\'ers et assassins de la société ne lui laissent entrevoir que la peinture.
Républicains du département de la Loire, vous avez passé par toutes les filières de l'adversité et de la misère ; vous avez donné do grands exemples de courage au siège de Lyon malgré l'impudence de mercenaires, journalistes affamés d'or et d'argent, qui ont vu vos belles actions. Mais que cette réticence ne vous étonne pas ; la presque totalité des gazettes n'est souvent qu'une fabrique de crimes, de faussetés et de calomnies. Le sentiment intime d'avoir rempli voire devoir, la pureté de votre conscience et l'obscurité vous suffisent, quoiqu'il soit bien douloureux que la source de vos maux et de votre pauvreté provienne de la cause dont vous deviez attendre le remède.
Quoique vos enfants et vos familles soient exposés aux angoisses de la famine, il ne faut pas perdre courage... Ayez confiance en la Convention nationale : elle rétablira dans votre contrée les subsistances nécessaires à la consommation de vos ménages ; elle fera restituer les effets, marchandises, fourrages et grains qui vous ont été usurpés : elle veillera avec sa sagesse ordinaire, a la réparation des torts.
Quoique l'arrivée du député Maîgnet, se disant porteur d'une commission pour Marseille, dans le département du Puy-de-Dôme, ait été le signal d'une insurrection adroitement exécutée par des fripons pour détourner votre attention sur les brigandages de toute espèce qui ont été faits, ne vous laissez pas ébranler
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par une terreur panique ; soyez calmes et forts de la droiture de vos intentions... ; rappelez-vous que vous livez su vaincre la cohorte de Précy ; rassurez-vous sur la justice de la Convention nationale ; Taisance de la médiocrité vous sera rendue et, sur l'anéantissement des scélérats qui avoient juré la perte de la République, des conspirateurs qui avoient à leur tôte Tin fume Précy dont on a favorisé l'évasion, s'établira l'édifice de la Liberté, de l'Egalité et du bonheur des sans-culottes.
Il implique contradiction que des comptables se rendent compte à eux-mêmes. L'apurement des comptes des trois Comités (dits de Salut public) doit être porté devant toute autre administration que celle du Puy-de-Dôme ; et c'est surtout le département de la Loire qui a été le théâtre des dilapidations, qui est le plus à même d'en constater l'existence, de vérifier les objets de localité, de recevoir les plaintes et de faire droit sur les pétitions des malheureux, qui doit connaître de la gestion des deniers, de la fourniture des étapes, des extractions de grains, bestiaux, meubles, enlèvements d'or et d'argent, dilapidation des maisons séquestrées des conspirateurs, du compte des fonds qui ont été versés par le receveur du ci-devant district de Montbrison et, généralement, de tous les objets dont les représentants du peuple Couthon, Maignet et Chàteauneuf-Randon ont confié l'administration aux trois Comités (dits de Salut public).
L'arrêté qui suit cet énorme réquisitoire ordonne, en huit articles, que les comptes des Comités seront soumis aux Administrateurs de la Loire ; que les comptes de THôpitalde Montbrison seront soumis au District, à Boën ; qu'une enquête sera faite par une Commission c ambulante :» (1) qui devra recueillir, très promptement, les plaintes. Il ordonne enfin que l'administration départementale du Puy-de-Dôme prenne toutes mesures pour assurer le versement des pièces comptables a: et à défaut d'exécution du présent de la part des Administrateurs, ils seront traités comme suspects :e>.
Javogues ne pouvait se faire illusion sur la valeur du procédé. Il constituait des juges enquêteurs chargés de dresser l'accusation de députés ses collègues pour les convaincre d'avoir manifestement toléré les malversations ! Ne voyait-il pas que la Convention, son Comité de Salut public, pouvaient seuls exercer ce contrôle souverain? Si, sur quelques preuves, il eût déféré à la Convention des dilapidations évidentes ou des agissements irréguliers couvrant visiblement des dilapidations, il eût probablement obtenu une enquête à laquelle il eût versé ses accusations, mais qu'il n'eût certainement pas dirigée.
A ordonner cette folie de se faire lui-même enquêteur et juge des
(i) Cette Commission est ainsi composée : Chantelauzo, — Barbant, — Cotton filSf — Bouarde, — Dcsellc, — Portier, chapelier, — Bruyas fils, — Varonne, de Boën, — David, — Giraud, de rue Marat, — Chartres, — Rochat, Juge de patJC»
106 LA GRANDE LEtTfiE DE JA VOGUES A COLLOT D^HERBOfS
actes et des comptes de radroinistration d'un département qui ne relevait pas de sa mission, que pouvait-il attendre ou espérer?
Ceci : une action efficace en faveur des Hébertistes. Il allait écraser Tun des plus autorisés et des plus redoutables de leurs adversaires sous une accusation éclatante et présumée accablante. Le texte de la proclamation ne laisse aucun doute et personne ne s'y trompa : Couthon moins que personne.
Cette proclamation datée du 13 pluviôse (1^^ février) ne fut reçue au Comité de Salut public que le 22 (10 février). Elle avait croisé en route l'ordre de rappel daté du 10 (29 janvier) : si bien que cet ordre, avec sa forme froide, courtoise, parlementaire, put sembler une réplique dédaigneuse et tranquillement impérative.
Les deux documents eurent des conséquences presque simultanées : l'ordre de rappel poussa Javogues à écrire à Collot d'Herbois une longue lettre où il ouvrit son âme (16 pluviôse-4 fév.); 1& proclamation amena Couthon à la tribune de la Convention (20 pluviôse-8 fév.).
LA GRANDE LETTRE DE JAVOGUES A COLLOT D'hERBOIS
A Feurs, Javogues se faisait des illusions. Il voyait à Paris un grand parti vraiment révolutionnaire prêt à enlever la Montagne modérée ; il voyait Collot devenir le chef dans une situation politique nouvelle, dirigeant la révolution sociale qui allait enfin rendre à la Nation, aux Sans-culottes, les richesses des « insensibles égoïstes D, des « gros propriétaires », etc., qui allait généraliser l'entreprise que lui, Javogues, avait si bien commencée dans sa mission. Il ne voyait pas qu'autour de Robespierre, un groupe était sur le point de vaincre définitivement ces exaltations et que Couthon qu'il attaquait était déjà une grande puissance.
A la réception de l'ordre de rappel du Comité, il bondit. Alors! la réaction allait donc triompher? On ne comprenait donc pas? Collot ne voyait donc pas clair ? Et, d'un coup, il est, pour lui, assuré que le mouvement de réaction s'accentue. Le décret sur la liberté des cultes ne le révélait-il pas? Les prêtres ne seront plus obligés de choisir entre la mort et l'abjuration? Mais, alors, ils n'abjureront plus et le succès du fanatisme est certain. La nouvelle organisation qui donne importance aux Districis et qui, par l'Agent
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national^ leur fait parvenir directement la volonté des Comités de la Convention, cette organisation, Javogues la juge faite pour ruiner Taclion révolutionnaire des missions données à des Sans-culottes éprouvés, comme lui. Et il voit déjà la religion restaurée et les agents nationaux armés pour la dictature ! Ah! ces modérés! Ce Couthon qui est aux honneurs! On n'a donc pas montré qu'il était un voleur ? que Maignetet Châleauneuf-Randon étaient des voleurs ? La proclamation qu'il envoie à Paris va, heureusement faire la lumière.
Et s'exaltant, s'enfiévrant toujours plus, il répandit sa rage en un étrange factum qui est une lettre à Collot, effroyablement longue, sans ordre, où la passion brûle le papier. Collot n'était pas seulement, pour Javogues, le membre du Comité de Salut public sur lequel les Hébertistes avaient placé leurs espérances, il était aussi le collègue de mission avec lequel il se sentait le plus uni par la confraternité de la plus violente action dans le pays lyonnais.
L'homme s'y montre au vif. Il joint à sa missive un état qu1l considère comme un indéniable titre à la reconnaissance publique : l'état des dépouilles opimes ; l'argent et l'argenterie extorqués aux familles des prisonniers. Et il a, de ce chef, grande satisfaction : «< tous les jours, il pleut beaucoup d'argent », 11 a ce dessein : édicter <c ce qui assure le bonheur de tous les Sans-culottes sur le tombeau et la mort de tous leurs ennemis ». Ces ennemis, il les connaît bien ; c'est comme instinctivement qu'il désigne <r les gros propriétaires, les gros marchands et tous lesgrugeurs du peuple ». Procureurs, seigneurs, riches, banquiers, accapareurs, prêtres, ont-ils jamais été amis du peuple ? Le soldat «\ quinze sols ira-t-il entendre siffler les balles <f pour conserver ces vautours »? C'est humanité que dénoncer au peuple « les animaux qui le dévorent ».
Les mesures '\ prendre contre tout ce monde sont des plus simples; il dit : « 1.50() millions de biens que je voulais séquestrer au profit des Sans-culottes ». A iloanne seulement, « il y a au moins cinq cents riches coupables qui peuvent laisser î\ la République plus de 'i()0 millions de biens ». Et contre les prêtres : « Toutes les mesures coërcitives que vous prendrez contre les caméléons qui se disent apôtres de différentes sectes seront éludées : il seroit beaucoup plus simple de les fusiller. » Et qu'il ne soit pas question de justice : il a soupçonné de corruption, Bardet, le président de son Tribunal révolutionnaire.
On voit son exaspération s'enflammer par les injures qu'il écrit : V infâme Couthon, le scélérat Maujnety je serai obligé de leur brûler la cervelle! — Le supplice du feu serait trop doux pour la partie
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scélérate qui se dit modérée ! C'est probablement Robespierre qu'il désigne dans cette phrase : Le plat académicien et phrasier domine partout^ eM seul écouté et se soucie fort peu que le peuple mange du pain !
Et comme la presse lui parait l'instrument du triomplie de ses ennemis, il a d'abominables invectives à son adresse : Cet excrément qu*on appelle journaliste, — la plume des mercenaires gazetiers na été qu'une fabrique de calomnies et d'impostures.
Le post-scriptum révèle l'audace de ce violent : « Tu me feras plaisir de communiquer ma lettre au Comité de Salut public t>.
C'est véritablement fou.
Au reste, le document a trop d'importance pour n'être pas reproduit ici.
Javogties à CoUot d*Herbois du Comité de Salut public :
Montbrisé, 16 pluviôse, an II (4 février 94).
Je l'envoie, mon cher Collot, l'état de l'argenterie, or, argent monnayé et assignats. Le total en argenterie se monte à 4.^7 marcs, 5 onces, 9 deniers, non compris trois trésors que j'ai en dépôt à Buën, à Roanne et à Feurs, en espèces 562.521 livres 15 sols, en assignats 57.504 livres 10 sols, et tous les jours il pleut beaucoup d'argent (1).
Par les renseignements que j'ai pris, les dilapidations que les exécrables ci-devant Auvergnats ont faites dans le département de la Loire aux citoyens qui se sont sauvés eux-mêmes sans le secours du rocher du Puy-de-Dôme ont ruiné le pays, qui se ressentira pendant plus de quarante ans du fléau de la colonne de Châteauneuf-Randon. Montbrisé étoit la ville la plus riche et la plus fournie en argenterie et en mobilier qu'on pût trouver. Matelas, draps, couvertures, grains, fourrages, chevaux, vaches, fonds sur la recelte des impositions, or, argent, tout est passé dans le Puy-de-Dôme. Parmi les découvertes que j'ai faites d'argent enlevé par les Auvergnats, il se trouve, d'une part, 500 pièces d'or de 24 livres, appartenant au conspirateur Duchevalard, 50 autres pièces d'or de même valeur appartenant au ci-devant chanoine Bruyère, 1.000 livres en assignats à La Pierre dit Saint-Hilaire. L'or et l'argent abondoient de toutes parts dans cette commune : les Auvergnats ont tout emporté. La conduite de l'infâme Gouthon et du scélérat Maignet n'a excité que l'indignation publique. Cette indignation s'est manifestée lors de l'apparition de Maignet se disant porteur d'une commission du Comité de la Convention, que je ne sais comme qualifier, pour Marseille (2). Il a été reçu avec le mépris et l'horreur qu'on éprouve en voyant un bourreau. Le bataillon du Puy-de-Dôme dont chaque jour attestoit les déprédations a été renvoyé avec ignominie, sans pouvoir obtenir de certificat. Couthon est décoré à la Convention de la place de président, il est membre du Comité de Salut public. Que de crimes, que d'injustices î Ce qui me rassure un
(1) Cet état est dans les papiers du Comité de Salut public (Ai^chives nationales).
(2) Le Comité de Salut public, par arrêté du 9 nivôse, avait chargé Maignet d'une mission à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône.