‹ Saint-Etienne et son district pendant la RevolutionChapitre 135 sur 220 · LA GRANDE LETTRE DE JAVOGUES A COLLOT D'HERBOIS · texte numérisé non relu

LA GRANDE LETTRE DE JAVOGUES A COLLOT D'HERBOIS

bitte. Plus (le 60.000 individus dans le dêpaiiement de la Loire meurent de faim, sont rédtiits au d^^sespoir. Tous les départements environnants leur refusent du blé : le C(»mité des subsistances do Paris demande encore ^hXW quintaux de crains à ce département dont tu connais la déplorable situation.

(îénéralement parlant, les jfrenicrs se sentent partout ; on veiit faille crever le peuple de faim. Mallieur à ceux rpii envoient des députés tels que Gouly pour livrer la guerre aux [latriotes ! Tû connois les dépenses énormes que Oiutbon, Maigrnet et Cbùteauneuf-Randon ont faites lors de l'expédition de Lyon. Coulbou ne rend aucun compte, il reste meml>re du C<»mitc de S'nhil public et devient présidiMit de la Convention. Pour arriver aux honneurs, il ne faut maintenant que piller, faire des concussions, laisser dilapider et amasser beaucoup d*or. L'li(»n)me pn»be et désintéressé est insulté et traîné dans la boue. Le plat académi<'icn et plirasier flomine part(»ut, est seul écouté, et on se 8<Micie fort peu que le peuple mange du pain. Ah î Rarère, Couthon. Prieur (de la Côte-d'Or), Saint-.lusl et autres (|ue je ecHmois pas, quels supplices pourront jamais expier les maux que le peuple éprouve ! Une famine générale est sur le point d'embraser la République. Kst-ce avec les moyens contre-révolulionnaires de la liberté des cultes, des agences et des eommissaii-es tels cpie Gouly, que vous lui donnerez du pain ? Le supplice du feu seroit tix>p doux pour la partie scélérate qui se dit modéi*ée et qui agit comme les Brissot et les puis.sances étrangères (pii voudroient ne régner que sur le cadavre du (leuple. L'or et le blé qui ont été volés dans mon pays, voilà ce que je demande aux ci-devant Auvergnats.

Quant à moi. je n'ofl're pour toute justification à mes détracteurs que ma mère dans les fers, trois condiat.s que j'ai e.ssuyés, ma mi.sère, 1.500 millions de biens cpie je voulois faire séquestrer au profit des sans-culottes et l'or que j'apporte à la Convention, que je suis bien aise de voir et de quitter tout de suite après mou retour à Paris. Je jouirai dans mon obscurité de toutes les folies des académiciens, des gazeliers et de tous les meneurs qui ne cherchent rju'à tromper le peuple. 4e désire ardemment de te rejoindre et de t'embrasser.

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