LA GARDE NATIONALE
La Garde nationale motiva, à elle seule, plus de délibérations que toute la gestion des biens communaux.
Là, encore, Fauriel trouva l'occasion de signaler ses aptitudes d'organisateur. Le 18 floréal (7 mai), il fit décider les principes
(1) Archives de la Lolte, L. 160. 27 fructidor an II (13 sept. 9i).
(2) Ibid. L. 161. 13 pluviôse an III (l*r fév. 95).
(3) Ibid. 18 pluviôse an Itl (6fév. 95).
(4) Ibid. L. 160. 27 fructidor an II (13 sept. 94).
(5) Ibid.
LA ÔAt^DE KÀTlOKALË l3â
d'un nouveau règlement et, le 8 messidor (26 juin), il fit voter ce règlement soigneusement élaboré en dix-huit articles. Le service personnel est rigoureusement exigé et toute substitution sévèrement défendue (1) : les membres du Comité des subsistances ne peuvent s'en faire exempter (28 prairial-16 juin). On s'était préoccupé de l'instruction militaire de cette troupe (18 floréal-7 mai) et on avait voulu leur apprendre « la tactique et les évolutions ». Fauriel fit encore, à ce sujet, un règlement nouveau (5 thermidor- 23 juillet).
Le chef de la Garde nationale de Tan II portait un nom bien stéphanois : Jourjon (2).
Comme 11 n'est rien de neuf sous le soleil, on trouve en ce temps les bataillons scolaires : le 17 messidor (5 juillet), la Société populaire réclame la formation d'un bataillon de jeunes cadets dit c Bataillon d'espérance ». Le 5 thermidor (23 juillet), Fauriel rapporte le projet : on va enrégimenter les gamins de 10 à 15 ans.
C'était l'ambition de la Garde nationale stéphanoise de posséder des canons. On en avait emprunté trois à la ville du Puy en septembre 93 : les gens du Puy les réclamaient. Ils envoyèrent en germinal un ambassadeur nommé « Edde » ou plutôt Hedde (3) auquel il arriva une singulière aventure (25 germinaM4 avril).
Hedde présentait sa requête entourée de belles expressions de sentiments fraternels et promettait, le cas échéant, nouveaux secours ; les municipaux émus demandaient à leur président de t donner le baiser fraternel au citoyen commissaire de la Commune du Puy afin qu'il le rendit à tous les membres de ladite Commune ». Mais, pendant ces embrassades, on réquisitionna le cheval de Hedde à l'auberge et les destins rapides conduisirent ce cheval, en rien de temps, au dépôt de Vienne et, de là, dans un régiment de chasseurs à Roanne. On lui courut après, vainement : le chef de corps ne voulut rien entendre, exigeant un ordre du représentant du peuple à Grenoble, etc. C'était un cheval de louage appartenant à un citoyen Bossan du Puy. Le 22 prairial (10 juin) la Commune de Saint-Etienne offrit à Bossan le prix de son cheval au tarif du Maximum.
Je ne vois pas quand furent rendus les canons du Puy qui furent
(1) Il fallut une délibéralion spéciale pour exempter le docteur Ricateau, en considération de son service de l'Hôtel-Dieu (5 prairial-^i mai).
(2) Le 36 brumaii*e (16 nov.) il est qualifié à la Commune « commandant provisoire de la Garde nationale ».
(3) On se rappelle que ce nom a été porté par un historien de Saint^Etienne.
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réclamés encore le 28 prairial (16 juin). En floréal, on fit une c cueillette » pour acheter de rartillerie. La souscription eut un succès si médiocre qu'on s'adressa au Département le 15 prairial (3 juin), puis aux représentants à Lyon, pour obtenir deux des quatre canons qui« à Feurs, avaient gardé la guillotine. C'est un arrêté de Revercbon du 11 thermidor (29 juillet) qui accorda les deux canons.