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LES SOURCES DE CEMÉNE DANS LE FURAN

Les deux rivières de Furan et de Cemène ont leurs sources, la première au nord, la seconde à l'ouest d'un sommet des Grands bois. Le projet, très simple, consistait à établir à l'ouest une large rigole de circonvallation pour recueillir les eaux de ce côté, les emmener vers le nord jusqu'à une dépression très voisine par où elles peuvent être jetées dans la vallée du Furan.

L'urgence de l'exécution n'avait pas besoin d'être démontrée. En été, le débit du Furan pouvait être si insignifiant que toutes les installations industrielles établies sur son cours en fussent arrêtées. Plus d'aiguisage de canons que pendant quelques heures de la journée et même de la semaine (1) ; partant diminution très marquée de la production. Le 21 ventôse (11 mars), l'ingénieur des Ponts, Busson, proposait au District d'augmenter le volume d'eau à destination industrielle en empêchant — sous réserve d'indemnité — firrigation des prairies. Cette mesure fut prise par le District le 29 thermidor (16 août) : plus d'irrigations, de Rochetaillée à la Fouillouse.

En germinal, Busson traçait sur le terrain la rigole de dérivation. Invité à recevoir les travaux des forges de la Grand, il s'excuse, le 20 germinal (9 avril) et se dit retenu au Grand-bois : <!c Je compte € avoir tracé sur le terrain tout l'ouvrage à faire... ; il n'y aura c plus qu'à exécuter... » (2).

Les travaux suivirent rapidement. Tout devant être payé par l'Etat (fonctionnement d'ateliers nécessaires à l'Etat), on dut envoyer les plans à Paris et les soumettre au Comité des Travaux publics de la Convention.

Au nom de ce Comité, Le Camus écrivit au District, le 24 prairial (12 juin) une longue lettre exposant bien des objections de forme : il s'agit de 111.650 liv. ; 20.000 liv. sont déjà dépensées, il y aurait lieu de donner des explications à ce sujet; les projets de ce genre, payés par le Trésor doivent être approuvés par «c l'assemblée des Ponts et Chaussées » ; le dossier n'est pas suffisant : il manque des nivellements, l'évaluation du débit des deux rivières, etc., etc.

Les explications — si on en envoya — ne retardèrent pas l'exécution puisqu'une lettre de l'ingénieur Busson au District en date du 23 messidor (11 juillet) apprend que les travaux sont menés à grande hâte, que 130 ouvriers sont sur les chantiers et qu'on est sur le point d'opérer la dérivation.

(i) Le temps d'utiliser la provision d'eau de la nuit ou de plusieurs jours. (2) Archives de la Loire. L. 156.

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