‹ Saint-Etienne et son district pendant la RevolutionChapitre 2 sur 220 · LE GOUVERNEMENT REVOLUTIONNAIRE · texte numérisé non relu

LE GOUVERNEMENT REVOLUTIONNAIRE

Au moment où elle était exaspérée par ce siège qui ne finissait plus, la Convention préparait la loi qui allait mettre la France sous un véritable régime d'état de siège. Cette \oï, promulguée le 10 octobre (on ne savait pas encore la prise de Lyon), proclamait la dictature du Comité de Salut public.

Art. !«'. — Le gouvernement provisoire de la France est révolutionnaire jusqu'à la paix < .. . r.. .

AftT. % — Le Conseil exécutif provisoire, les ministres, les généraux, les corps constitués sont placés sous la surveillance du Comité de Salut public qui en rendra con^pte tous les huit jours à la Convention.

Les ministres, les corps constitués: c'est dire lout Torganisnie administratif. Une chose digne de remarque : à cette Constitution en quatre lignes^ on associe^ dans le même décret, la mesure qui

10 LKS REPRÉSENTAiNTS EN MISSION DANS LA LOIRE

doit sauver la France de la faim : statistique de toutes les productions en céréales et, la part du producteur réservée, réquisition générale et répartition entre les pays qui ont peur de passer sans pain les jours sombres de l'hiver qui approche.

C'est donc vers le Comité de Salut public que tout converge. Les représentants relèvent de lui, lui rendent compte, sont ses missi dominici.

En outre, par anticipation, la Convention avait donné à cette dictature les plus terribles armes. Au décret du 19 mars, au décret du 5 juillet, au décret du 12 juillet contre les révoltes, elle venait, le 17 septembre, en plein siège de Lyon, d'ajouter la loi qui inaugura la Terreur, la loi des suspects.

On a parlé et on parle souvent de c proconsulat » au sujet des missions dans les départements. On a tort si on sous-entend la délégation d'une souveraineté semblable à Vimperium antique ; mais l'appellation se justifle en une large mesure si on entend dire que, dans l'application de lois terribles par leur généralisation et leur imprécision menaçantes, la volonté du représentant fut souvent la raison décisive d'où dépendirent la liberté, la vie, la fortune des citoyens. Et on reste effrayé quand on suppute combien de raisons pouvaient faire faillir cette volonté tourmentée par la violence de la bataille! Le représentant marche entouré de zélateurs qui lui font la cour en excitant sa colère et c'est l'heure où ceux qui gardent quelque sang-froid deviennent vite âes modérés doui on dit qu'ils sont plus dangereux que les ennemis.

Que sont devenus les enthousiasmes de liberté des prenii( rs jours?

Voilà que, dans la guerre étrangère et la guerre civile, la Révolution n'a vraiment qu'un souci : forger l'épée qui la rendra invincible.

LES REPRÉSENTANTS EN MISSION DANS LA LOIRE PENDANT l'hiver DE L'aN II

On peut penser que la révolte de Lyon fut aussi l'épreuve décisive qui prouva la fragilité du système administratif si libéral, si décentralisé que la Révolution avait établi sur une hypothèse de patriotisme général et de paix publique.

Page 1