‹ Saint-Etienne et son district pendant la RevolutionChapitre 25 sur 220 · BR CM AI RE · texte numérisé non relu

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23 AbriaL — Ordre de rAdminislration. — Mis en liberté le (13 nov.) . lendemain, 24 brumaire (14 nov.)

24 -j- C/ja6anne. — Ordre de l'Administration. — Conduit sur (li nov.) Feurs, le 25 nivôse.

Conduit ensuite A Lyon on il fnt condamné à mort le 2 terminal (22 mars). Il était âgé de 32 nns. « Agent des rebelles, disant que sous peu on aurait un Louis XVII ».

25 Girodel Etienne. — Ordre du capitaine Egalon de Tarmée (15 nov.) révolutionnaire. — Mis en liberté le 29 brumaire

(19 nov.).

Paraît être un garde de l'armée révolutionnaire ayant quiité le corps. La mention « S'est rendu » inscrite en marge au livre d'écrou permet de le supposer.

26 Gulchard Mathieu dit Mathieu. — Ordre de la Municipa- M6 nov.) lité. — Mis en liberté le 18 pluviôse (6 février).

Pour sa déi)osition conlre Johaimot à l'enquête^du Comité de Salut public.

— iîcniou, juge de paix. — Ordre du District. — Conduit sur Feurs, le 25 nivôse.

Conduit ensuite à Lyon où il fut acquitté le 31) ventôse ('20 mars). Son nom figurait sur une adresse aux Lyoïniais. Etait réputé patriote.

29 Courhon père, — Ordre « des Corps constitués. » — Trans- (19 nov,) féré à la prison Sainte- Marie, le 13 messidor

(l'î»' juillet).

Mis en liberté le 28 vendémiaire an III (tî) octobre 94). Poursuivi pour la part très grande que son fils Nicolas (en fuite) avait priîîe aux alîaires des Lyonnais, à Saint-Ktienne.

8 Bizaillon Jérôme, — Ordre du Comité de Surveillance. — (2H nov.) Mis en liberté le 15 nivôse (4 janvier), sur Tordre de

Duret.

P(»ur des propos inciviques.

9 Chazal. — Ordre du Comité de Surveillance. — Transféré (29 nov.) à l'Hôpilal, le 19 nivôse (8 janvier).

Kvadé de l'Hôpital, Chaznl fut ari'élé de nouveau v\ écroué le 4 fructidor (21 août 9i) ; c'est le 2.") brumaire an III (15 nov. 94) qu'il fut mis définitivement en liberté.

Pour avoir dirigé les manifestations lyonnaises vers le domicile de Pi^rnon, dont il aurait fait brCder le mobilier.

Dans les quelques arrestations qui précédèrent deux seulement intéressent Saint-Etienne : celles de Praire-Neyzieu et de l'abbé Bourdely. La première d'ordre tout à fait militaire ne put surprendre personne; c'est le sort des chefs de la guerre civile d*ètre passé par les armes après la défaite ; mais la seconde émut douloureusement. L'abbé Bourdely avait été, pendant de longues années, vicaire à Notre-Dame; curé de la Fouillouse, il avait prêté les serments; il protestait de son patriotisme. Il était poursuivi parce qu*un dimanche d'août, il avait, en chaire, commencé la lecture d'une circulaire de Lyon concernant le recrutement et jointe à une demande de six hommes pour le contingent de la Fouillouse. On sait que la publicité des actes administratifs se faisait en ce temps par la chaire : le maire avait remis le papier au curé et celui-ci avait commencé de lire quand jugeant bien le caractère du document, il s'était arrêté. De là, l'accusation d'avoir sollicité des enrôlements pour la révolte. Un patriote de Saint-Galmier, Philippon, se plaignait aussi de lui. Ce pauvre curé, infirme, fut vainement réclamé par ses paroissiens, la commune de la Fouillouse, le juge de pûix patriote Brison, et les sections stéphanoises de la paroisse Notre-Dame les Droits de V homme et V Egalité qui donnèrent des pétitions couvertes de signatures. L'injustice de celte poursuite était évidente et la condamnation odieuse qui allait suivre devait indigner tout le monde.

L'arrestation vraiment émouvante fut celle de Détours qui, le 14 octobre, ouvrit la série des emprisonnements. Détours, l'ancien échevin, le porte-parole du Tiers stéphanois aux élections des Etats, juge au Tribunal civil, était fort honoré. Il venait de perdre sa femme (i); très fatigué lui-même, il avait cependant la consolalion d'une admirable famille de sept enfants. Dans une supplique du 15 brumaire (5 nov.) il se croit soupçonné « de connivence avec les émigrés »; il dit qu'il a vu en une affiche son nom dans une liste de gens ayant « conspiré contre la République x>, la même affiche dénonçant aussi son fils et il ajoute : « Je ne puis vous dissimuler, citoyens, que je ne puis survivre à une imputation aussi calomnieuse » (2). Il était, malheureusement, poursuivi pour des motifs plus précis et plus certains : il avait été vice-président et président de la section des Droits du 17 juillet au 13 août et, dans cette période, la section se livra à de nombreuses et ardentes

(1) Laurence Délions.

(2) Archives de la Loire.

manifestations en faveur de la révolte : le 27 juillet, elle promettait 500 hommes contre Dubois-Crancé et, le même jour, on lisait à la Commission populaire de Lyon une adresse des Stéphanois toute d'enthousiasme et de flamme et le nom de Détours est au bas de ce manifeste de guerre civile. On lui reprochait encore sa présence au Comité central de Salut public qui avait poursuivi Johannot; on lui reprochait rengagement de son fils dans les troupes de la révolte (1). Balleydier dit qu'il fut arrêté par des citoyens Bidault avoué et Vignat épicier assistés d'un piquet d'infanterie (2); il dit encore qu'il était victime de la dénonciation de Pignon (<. un misérable dont il avait été le bienfaiteur et qu'il avait recueilli avec la générosité la plus paternelle». Je ne sais si Pignon avait le devoir de ne s'associer à aucune mesure contre Détours, mais je vois bien que Détours, magistrat qui avait acclamé la révolte, ne pouvait être sauvé que par une amnistie générale.

Après Détours vint Nicolas Douillet qui, malgré son patriotisme, fut victime de l'apparence des choses. Son collègue Levayer s'était cru obligé de fuir et lui avait pu rester; Levayer avait protesté et lui s'était tu ; fonctionnaire de la République, il était resté en pays rebelle, il avait subi la révolte sans crier la protestation qui eût attiré sur lui la colère des révoltés.

Trois membres de la Commission populaire de Lyon étaient arrêtés : Charpin de Feugerolles, Maisonnette et Sauzéa; on rappelait quelle peine s'était donnée le dernier pour sauver Noël Pointe de la colère des Lyonnais. — Deux membres de l'ancienne administration départementale, Blachon et Ravel, étaient sous les verrous, sans charge réelle, n'ayant l'un et l'autre pris aucune part à la révolte ; Pignon prétendait cependant que Blachon avait fait apposer les scellés chez Chalier et chez Bertrand l'ancien maire jacobin de Lyon. — Le District de Saint-Etienne, si coupable par sa duplicité et sa mauvaise foi, était représenté dans ces arrestations par Crouzat un de ses membres, et Teyter son secrétaire qui allait payer de sa vie : le fils de ce dernier avait été membre de la Commission populaire de Lyon (3). — De la Commune de Praire-Royet trois membres sont

(1) Dans une délibération du District du 21 frimaire an III (tl décembre 94) il est dit du jeune Détours qu'il a <i porté les armes avec les Lyonnais » mais qu'il a « bien expié cette erreur avec courage sous les drapeaux de la République, dans les armées d'Italie où il s'est distingue ».

(2) C'est improprement que Balleydier qualifie Bidault et Vignat officiers municipaux : ils étaient, sans doute, fondés de pouvoirs par Pignon.

(3) Claude Teyter, plus tard président du Tribunal civil de Saint-Etienne.

arrêtés (i): un officier municipal Carrier (de la Thuilerie) un notable, Jacques Neyron, ancien maire en 1778-1783 et le procureur Yvon. Carrier était sous le coup de la grosse imputation — qui le fit condamner à mort — d'avoir livré des fusils aux Lyonnais et d'avoir installé à Montbrison des administrateurs au District à la place de ceux qui avaient résisté à la révolte et que la révolte avait obligé de fuir.

Parmi les dignitaires des sections, qui avaient soutenu si ardemment l'action lyonnaise, je vois, à côté de Détours, Berthon-Bourlier du Tribunal de commerce et son inséparable ami Camyer ; puis un patriote de Polignais, Bernou, égaré dans la poursuite à cause d'une signature au bas de l'adresse du 27 juillet, signature qu'il reniait énergiquement; et, enfin ce pauvre André Vial, le greffier du Tribunal de commerce qu'on devait, odieusement, punir de mort pour avoir rédigé des procès- verbaux à V Egalité et slm « Comité de Salut public ».

Il y a aussi quelques soldats de la révolte dans ces arrestations : C'est Chapon aîné qui reçut de Praire-Neyzieu le commandement à Montbrison et qui n'échappa à la mort que par une courageuse évasion ; c'est Ravarein, un ancien soldat qui, par goût de la profession, se fit chef à 71 ans et que, sans pitié, on allait punir de mort ; c'est Grémeau, de Saint-Chamond, un pauvre diable ; c'est Perussel, un vrai muscadin qui avait paradé, des pistolets à la ceinture et qui, lui aussi, s'évada.

Il faut ici tenir compte que les Stéphanois, poursuivis pour avoir porté les armes à Lyon, furent arrêtés à Lyon même et ne nous sont connus que par les jugements intervenus : je les rapporterai à leur date.

Et, ensuite, j'aperçois les arrestations faites sur des accusations tendancieuses : gens coupables de leur situation, de leur nom, tout au plus de quelque propos : Praire du Rey ; J.-F. Bernou (de Rochetaillée); Nicolas de la To ur- Varan ; Thomas d'Aboin, si abominablement exécuté pour avoir quitté le régiment à soixante ans et n'avoir pas rendu, conformément à la loi, sa croix de Saint-Louis ; J.-F. Gourbon (de Montviol), maire de 1787 ; Ronzil, ancien magistrat de l'Election ; le curé Buisson, le curé Auquier, le curé Desrues, le curé Julliard qui prit peur et plongea dans l'apostasie pour sauver sa tête, etc., etc. Je relève dans cette catégorie les trois condamnés à mort : Paul Lardon (Desvernays), Antoine Vincent (Soleymieu)et Pierre Chabanne; condamnations injustifiées, s'il en

(l) Voir tome I«% p. 750, l'arrestation de Praire-Royet. •

fût. A Lardon on reprochait d'avoir voulu faire arrêter des patriotes à Marlhes ou à Saint-Gcnès-Malifau et d'avoir voulu recruter, dans ces cantons, des soldats pour la révolte, le tout sans effet d'ailleurs. A Vincent, d'avoir le 28 août, à Saint-Etienne, excité des Lyonnais au combat : c Allons, mes amiSybè'ide en bottchpy pislolels enmains^ foulez-moi ces bougres-là à bas ! ]» A Chabanne, d'avoir dit, plusieurs fois : <K Dans six jours nous aurons Louis X VII sur le trône ! »

Pour avoir été toutes relâchées on acquittées trois mois et demi après, les « béates » n'en subirent pas moins la douloureuse épreuve de la prison et quelques-unes les angoisses du transfert jusqu'à Feurs où elles pouvaient entrevoir quelque dure sentence.

Des prêtres insermentés arrêtés comme elles, étaient destinés à de terribles condamnations. L'abbé Bertrand y attaché au service de la Chapelle (annexe des Hayes) ; l'abbé Briery, curé de Pavesin, l'abbé Mathivet, curé de Maclas, étaient promis à la mort. L'abbé Aguiraud, curé de SâintGenès-l'Erpt, et l'abbé Nabonnau, curé de Saint- Chrislô-en-Jarez, tous deux promis à la mort également, durent être arrêtés vers ce temps (1), mais probablement écroués à Montbrison ou à Feurs. Aguiraud était accusé d'avoir affiché à la porte de son église un appel au recrutement pour Lyon : il avait contre lui une déposition d'un citoyen Laroa, inculpé pour le même motif. Nabonnau avait commis l'imprudence d'écrire une lettre fort peu chrétienne : « Chalier n'est plus, Dieu merci î On court à Saint- Chamond et à Saint-Etienne contre tous les brigands qui composoient les clubs. . . lo

L'une de ces arrestations — qui ne se rapporte pas à l'histoire de Saint-Etienne — mérite cependant d'être remarquée : celle de l'ex-commandant du t«r bataillon de la Charente, Pierre Viliemallet, qui venait d'être fait général (2). Elle montre de près les rapports de l'armée avec les représentants et aussi la résolution de Javogues.

Vers la fin du siège, après peut-être, un capitaine du l^** bataillon de la Charente, Jarige, incorpora, à titre de recrues, trois soldats de la révolte : Joseph-Philippe Courchet du Pin, Jean Imbert et

(1) L'ordre d'arrestation de Nabonnau est du 3 frimaire (23 nov.) : il est signé du Département.

(3) Attaché à l'armée du Nord, il avait Tait campagne en Belgique et avait commandé son bataillon ik la belle défense de Valenciennes ; il venait d'être promu général à la suite de Taflaire de Sainte-Foy (29 septembre).

H était Charenlais, né à la RocheUe, canton de Jude, district de la Uochefoucault, et n'avait que 32 ans.

G() Les écé^ous a La prison de là rue de La ViLLi-i

François Cibot (1). Ces hommes se seraient donnés pour patriotes et n'auraient été acceptés — au dire du capitaine — que sous la réserve du certificat de civisme ; quoiqu'il en soit, ils étaient dans les rangs quand le bataillon, le siège fini, traversa Saint-Chamond puis Saint-Etienne, dirigé sur Mende, sous la conduite du général Villemallet, son commandant de la veille. A Saint-Chamond, un sous-officier du bataillon, Vouvé, révéla le fait à des municipaux qui prévinrent Javogues ; sans hésiter, celui-ci fit arrêter les trois recrues et le capitaine Jarige. Les officiers de la troupe prirent parti pour leur camarade et manifestèrent ; Javogues fit des observations à Villemallet, qui resta froid. Vouvé, tenu pour un délateur, était malmené dans le bataillon ; Javogues l'en détacha et le nomma officier dans son armée révolutionnaire. Villemallet — non sans hauteur — répondit par la note suivante adressée à Javogues et Bassal :

21 octobre.

Le citoyen Vouvé, sergent au i" bataillon de la Charente, vient de m'apprendre, Citoyens, que pour récompense de la dénonciation qu'il vous a faite, il venoit d'être nommé, par vous, à une place d'oflicier dans \iu autre corps.

Vous ne trouverez pas mauvais que j'en rende compte au général Doppel, chef de l'armée des Alpes, comme aussi de l'arrestalion du citoyen Jarige, capitaine de la 2« cimipngnie du bataillon, dénoncé par ledit Vouvé.

La réplique ne se fit pas attendre : le même jour, 21 octobre, le général était en prison. Javogues informa aussitôt le Comité de Salut public et ses collègues de Lyon ; ceux-ci, deux jours après, approuvaient sa conduite par une lettre véhémente (2) et un arrêté

(1) Courchet fut condamné à mort le 28 frimaire (18 déc.) par la Commission révolutionnaire de Feurs ; le jugement dit qu'il a émigré, qu'il est resté pendant dix-huit mois à rétranger, qu'il a servi dans la cavalerie lyonnaise et s'est battu contre les troupes de la Hépublique.

imberl et Cibol ont dû être mis en liberté après une longue détention. Je ne vois pas de condamnations à leurs noms.

(2) De Couthon, Maignet et Sébasl.de Laporte :

23 octobre.

c La conduite de Villemallet nous élonneroit. Citoyens nos collègues, si nous « n'étions accoutumés de voir les hommes que la République comble de ses « bienfaits la payer de la plus noire ingratitude. Tant qu'ils sont dans les a grades qui ne satisfont pas encore leur ambition, ils savent dissimuler ; mais * sont-ils parvenus où ils vouloient atteindre, alors ils jettent le masque et « nous avons la douleur de voir que ceux que nous avions cru patriotes ne « sont que de vils intriganis.

« Ce qui s'est passé entre vous et Villemallet ne nous prouve que trop qu'il « faut ranger dans celte classe ce général de fraîche date. Nous applaudissons

« à la sévérité dont vous avez usé envers lui Donnez des ordres pour que

« toute la bande soit conduite devant ses juges »

LES ÉGROUS A LA PRtSOK DE LA RUE DE LA VILLE 67

déférant Villemallet à la Commission de Justice populaire. Conduit à Feurs le 11 brumaire (1" novembre), il y fut interrogé, non jugé ; mis en liberté à une date que j'ignore, il dut subir une longue détention ; le 7 pluviôse (26 janvier), il figure sur une liste des détenus à Feurs (i).

Je répète que le Livre d'écrou de la prison de la rue de la Ville ne contient pas toutes les arrestations. Une note annexée à un état du 24 frimaire (14 décembre) fait connaître d'autres détenus politiques dans d'autres prisons : quatre dans la prison du Château et vingt et un dans celle des Ursulines. Tous ces détenus, moins l'abbé Marcoux, qui est de Saint-Etienne, sont des communes du district : de Saint-Chamond, de Bourg-Argental, du Rivage du Rhône. J'en donne plus loin la liste, sans affirmer qu'elle soit complète (2).

L'abbé Benoît Marcoux était le frère de Noël Marcoux réputé patriote et appelé aux fonctions de receveur du District. Dénoncé pour une signature au bas de l'adresse du 27 juillet, Noël Marcoux, révoqué le 31 octobre, prit la fuite. Son frère, l'abbé, avait dû couvrir sa responsabilité de comptable et se faire receveur à sa place, quand il fut arrêté à son tour sous je ne sais quelle inculpation. Ecrouë au Château et conduit à Lyon, il y fut condamné à la détention jusqu'à la paix le 17 germinal (6 avril).

On suppose bien que, dès les premières arrestations, tous ceux qui, pour une cause ou une autre, se supposaient sous le coup d'une poursuite possible n'attendirent pas le piquet de garde nationale et l'officier municipal chargé du mandat d^arrèt. Les fuites se multiplièrent : les uns cherchant l'asile très loin, d'autres très près. On ne saura jamais combien ces temps montrèrent d'exemples de courageuse amitié. L'opinion facilitait la tâche : je ne vois pas de dénonciations contre les protecteurs d'inculpés.

Cependant, les listes des détenus devenaient longues et plus longues encore les listes des fugitifs recherchés dont on saisissait les biens. Et tous les jours, en quelque quartier, on voyait passer le piquet armé précédé du fonctionnaire enécharpe tricolore qui s'en allaient cerner quelque maison, fouiller tout, fermer et poser les scellés. Ah ! ces gens à mine sévère qui apposaient les funèbres empreintes des scellés sur des habitations qu'un effroyable silence emplissait après eux! Aucune rue, on allait pouvoir dire aucune

(t) Je ne vois pas ce que devint le capitaine Jarige qui, lui aussi, était encore détenu le 7 pluviôse. Je ne trouve aucune condamnation à son nom.

(2) Voir ci-après g XIX.

maison, n'était exempte de cette contribution de la guerre civile. Et quand vinrent les exécutions terribles de Lyon et de Feurs, il sembla que ces scellés dussent marquer le recrutement pour la mort !

Pour cette besogne, les trois gendarmes de Saint-Etienne, Legrand, Massardier et Grillet étaient une bien petite force ; la garde nationale n'eût pas consenti : le cœur lui eût manqué. Aussi, Javogues, avait-il été avisé, quand il avait fait une petite armée avec des exaltés et des passionnés très montés, prêts à tout. Ce fut mieux encore quand, au milieu de frimaire, on fit venir de Lyon le détachement de Tarmée de Rousin, cruelle engeance tirée des faubourgs de Paris, sans scrupule.

Et c'était un triste spectacle de la rue que ces piquets escortant un ou deux de ces accusés arrachés à leur domicile ou à leur asile et suivis de quelques femmes, de quelques enfants en larmes. . .

jusqu'à la FIN DE FRIMAIRE

C'est comme une annexe au paragraphe précédent que je donne ici l'état des sorties de la prison de la rue de la Ville pendant la même période du commencement de septembre à la fin de frimaire. 11 est, naturellement, la résultante des indications du Livre d*écrou. Je marque d'une astérisque (*) les sorties pour une autre prison.

Dates des sorties Dates des écrous

Septembre

12 « Un citoyen arrêté » 10 septembre

18 (( Trois particuliers » 5 —

18 « Les prisonniers détenus », etc 12 —

Octobre

1 Peyron Jacques 30 septembre

2 * Carlo Claudine (conduite à l'armée). ... 1^*^ octobre 2 * Chegnot Jeanne — —

4 * Praire-Neyzieu — 2 octobre

9 * Mathivet — .... .8 octobre

23 Bachet — .... 18 octobre

29 * Charpin de Feugerolles (conduit àFeurs) 20 octobre

29 * Jourda de Vaux (conduit au Pu y)! —

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