LA « COMMISSION MILITAIRE » DE L'AUMÉE DU SIÈGE
LA « COMMISSION MILITAIRE » DE L'aRMÉE DU SIÈGE
Comme toutes les armées qui agissent au milieu de populations dont elles peuvent redouter les hostilités, l'armée assiégeante de Lyon avait son conseil de guerre, une Commission militairey celle qui condamna et fit exécuter Servan après TafFaire des Flaches.
Dès le 6 août, les représentants l'avaient institué et désigné « Tribunal criminel de l'armée des Alpes ».
L'armée assiégée avait aussi sa Commission militaire. Constituée le 22 août, elle était chargée déjuger « dans les vingt-quatre heures tous les délits qui intéressent la sûreté publique » (1). Ce tribunal n'a pas laissé le souvenir d'une trop grande indulgence. On a souvent rapporté la condamnation à mort et l'exécution de la jeune fille arrêtée pour avoir porté des cocardes blanches dans son tablier (2) ; d'autres exécutions ne sont pas moins odieuses : le 17 septembre deux hommes Jean Basson et Charles-Joseph Mai-que, furent aussi condamnés à mort et exécutés pour avoir conseillé à deux femmes, avec lesquelles ils avaient passé trois heures au cabaret, d'aller dire à Dubois-Crancé c< que les trois quarts des Lyonnois l'attendoient à bras ouverts >» (3). Les juges paraissent s'être inquiété beaucoup de l'action des femmes : une est condamnée « à six mois de fer » pour avoir dit que les Lyonnais élaient « des gueux, des scélérats, qu'ils méritoient d'être incendiés », etc. (4) ; une vieille lavandière de 81 ans est condamnée à la prison jusqu'à la fin du siège parce que « son imbécilité même peut, devenir infiniment dangereuse » (5)... D'autres encore condamnés pour espionnage (6).
La Commission militaire de l'armée assiégeante en rentrant dans Lyon avec les victorieux achevait sa tâche. Mais ses pouvoirs furent prorogés. Un arrêté de Couthon, du lendemain de la victoire
(1) Bu/fe/in, 23 août.
(2) V. notamment Morin. Hist, de Lyon depuis la Révolution. T. IH, p. 268.
(3) V. Guigne. — Pt'ocès-verbaux de la Commission populaire^ p. 552. (i) Ibid., p. 5il.
(5) Ibid., p. 531.
(6) Ibid., pp. 541,543, 549.