RECRUTEMENT ET RÉQUISITIONS 1»0UR I^^ARMÈE EN L*AN II
correctif le soin des municipaux à prévenir les familles, à leur trouver des excuses, à les favoriser sous des semblants de rigueur. Je n'ai vu aucun papier concernant l'armement de celle levée dans le district de Saint-Etienne, armement qui dut être fait directement par l'Etat et plus facilement depuis que la Fabrique avait augmenté sa production. Il est difficile de connaître mieux l'habillement et l'équipement; ce qu'on voit indique que tout fut fait de pièces et de morceaux. La réquisition des vieux habits d'uniforme donna un tas de défroques « estimées par Jacques Coste commis chez le citoyen Gagnière marchand drapier de la place » (1). Un papier des Archives de la Loire donne un exemple : la commune de Saint-Martin-la-pIaine fournit 3(i hommes; ces hommes se procurent leur équipement: chemises, vestes, souliers, bas, guêtres, sacs, chapeaux, etc. : le tout estimé 4.190 liv. C33liv. par homme); le District fait mandater les 4.190 liv. à la Commune de Saint-Martin chargée de désintéresser ses conscrits (5 prairial-24 mai).
Dans le district, aussi bien que dans la commune de Saint- Etienne, on voit de nombreuses réquisitions pour la guerre : chevaux pour le dépôt de cavalerie de Vienne, chevaux pour l'artillerie, mulets pour le train (2), harnais, fourrages, manteaux, porte-manteaux, sabres, pistolets, cuirs pour les cordonniers et les selliers, peaux pour les tanneurs (3), etc., etc., toutes choses demandées
(1) Archives de la Loire.
(2) Le décret du 2.3 août : « Losclievaux de selle seront requis pour complé- « ter les corps de cavalerie ; les chevaux de trait autres que ceux employés à « Tagriculture conduiront l'artillerie el les vivres ».
La réquisition des chevaux fut faite, à Saint-Etienne, deux fois dans le courant de 91 ; il y eut chaque fois un recensement minutieux.
Par la j)reniière, on exigea du district 60 chevaux. Le compte-rendu dit que le canton de Saint-Etienne possédait 308 chevaux et 137 mulets et qu'il a fourni 12 chevaux, 14 mulets, 2 voitures, G harnais, 2 hats, 2 voitures et 5 conducteurs. (Lettre de la Commune au District. — 16 floréal).
Plus tard, en prairial, quand l'armée des Alpes descendait en Piémont, pour des transports plus longs, Albitte et de Laporte réquisitionnèrent jusque dans la Loire chevaux, mulets et voitures.
(3) Le 2.J floréal (1i mai), pour les tanneries d'Annonay, qui avaient des commandes de la Guerre, on lit à Saint-Etienne un recensement chez tous les marchands de peaux et les bouchers.
On voit les tanneurs d'Annonay couvrir nos pays de leurs réquisitions de peaux fraîches. (Lettre du District, 15 prairial-3 juin).
Un citoyen Ilaboulin, de Saint-Etienne, réquisitionnait aussi les peaux pour une fourniture de 1.2C0 à 1.500 havre-sacs de soldat dont il était adjudicataire.