Vescoiirs
9. Philippe Testenoire-Poidebard, moulinier. 10. Clamie Lallier, aubergiste, rue de Lyon.
Tous, à l'exception de Midor, arrêtés par le capitaine Macquard.
Le Livre d'écrou de la prison de la rue de la Ville n'en indique pas d'autre. Cette prison, pleine de détenus politiques, ne put, sans doute, en recevoir davantage. On emprisonna ailleurs.
Ces dix détenus ne restèrent pas en prison. Sur l'acquit d'une part de leur taxe, ils furent presque aussitôt mis en liberté :
Le 6 nivôse (26 déc), après deux jours de prison :
Bénevent fils A payé 2.000 liv. (1)
Ph, Testenoire — 1.000 —
Claude Lallier — 6.000 —
Le 7, après trois jours :
Mat^ueinle Thiollière et son fils A payé 9.000 liv.
Dubouchet père — 4.O0O —
Bénevent père — 1 .500 —
Journet Claude — 500 —
Descours — » — (2)
Le 8, après quatre jours :
Joseph^ dit Midor, A payé 1 .000 liv.
Sur les rigueurs de cette perception, les emprisonnements, il est . difficile d'être exactement renseigné. Les documents font défaut. C'est plus tard, dans la réaction de Tan III, à Tenquête pour la dénonciation contre Javogues que les faits furent réunis par des ennemis politiques. Les papiers de cette enquête rapportent — est-il besoin de le dire ? — toutes les circonstances aggravantes, les paroles odieuses restées dans le souvenir des victimes et des témoins ; ils furent rédigés par des gens de bonne foi, sans doute, mais dont la haine est apparente et qui se promettaient simplement d'obtenir la tête de Javogues. Nicolas Gourbon, dit Courbon-Montviol ou Gourbon-Ravel du nom de sa femme, dirigea cette enquête et en laissa les papiers dans sa famille. Venus aux mains de M. Louis Nicolas, son parent, ils ont servi à deux publications du plus grand intérêt signées J.-M. Devet, auxquelles je prie le lecteur de se reporter (3),
M. Devet donne des indications sur les noms des personnes incarcérées et de celles qui, cédant à la menace, consentirent à payer une part plus ou moins importante de la contribution assignée. Sur ces indications, j'essaie le tableau suivant :
Du 5 nivôse (25 décembre). — Incarcérés :
(1) Le Livre d'écrou ne tloiine pas ces chiffres, bien entendu ; je les emprunte à M. J.-M. Devet. (V. ci-après).
(2/ Descours n'a rien payé : il ne figurait d'ailleurs pas sur la liste ; c'est par erreur, sans doute, qu'il fut écroué.
(3) Saint-Etienne sous la Terreur. Une taxe révolutionnaire en faveur de l'humanité souffrante. Saint-Etienne, 1884. In-S", 63 pp.
Le Forez sous la Terreur. Dénoncialion des Stéphanois contre le représentant Javogues, Saint-Etienne, 1884. In-8», 35 pp.
Bayon Jean-Amand Mis en liberté le 7. — A payé 6.000 liv.
Marcellitie Béraud (1) —
Partidis père —
Feninie Colard (2) —
Fenime Roustain (3) —
Jourjon-Rohert —
Veuve A Iléon, née Thiollière —
Veuve Roy et, née Ravel —
Du 6 nivôse (25 décembre). — Incarcérés :
Coullard'Descos Mis en liberté le 6. — A payé 2.000 liv.
Louis Girard, officier de santé .... — 9. -— — 3.000 —
Du même jour. — Ont payé sur réquisition :
Jacques Ravel (300 en numéraire). A payé 6.000 liv.
Veuve François Neyron, pour elle et son fils — 6.000 —
Gabriel Royet — 3 000 -
Royel-Sauvignet , — 3.000 —
Jean-Marie Lallier — 1 .600 —
Benoît Piatid - 3.000 —
Pierre Lamotte, Armurier — 3.000 —
Henri Altéon — 6.000 —
Jeanne Griottier — 3.000 —
Antoine Dumarest^ armurier — 1 .500 —
Antoine Robert père — 3.000 —
Merley-Bénevent — 2.000 —
Du 7 nivôse (27 déc). — Incarcérés :
Veuve Romestin et son fils. . Mis en libellé le même jour. Ont payé 1 .000 liv.
Femme Syméon (4.- — — — 2.000 —
Veuve Courbon de St-Genest — — — 2.000 — Femme Mathevon de Cur-
nieu, née Palluat . , . , t , , . , — — — 500 —
Micolon cadet — — — 1 .000 —
C lisse t neveu — — — 1.000 —
Du 7 nivôse (27 déc). — Ont payé sur réquisition :
Mathieu Vetme A payé 2.000 liv.
Guillaume Plotton — 2.000 —
Deprandière aine — 3.000 —
(1) Sœur du Conventionnel.
(2) Pour son mari.
(3) Ibid.
(4) Ibid.
Veuve Gonyn A payé 4 .500 liv.
Claude Desjoyeaux — 1 .000 —
Jacques Micolon père — 1 .500 —
Pierre-Antoine Fromage^ ancien président du Tribunal (i) — 3.000 —
JeanrBaptisie Perrin — 800 —
Micolon aine — 1 .000 —
Badel père — 700 —
Du 8 nivôse (28 déc). — Incarcérés :
Fenwie Sauvignet-Bonnand (2) Mise en liberté le même jour. A payé 4.500 liv.
Du même jour. — Ont payé sur réquisition :
Croizier A payé 6.000 liv.
Craponne père — 3.000 —
Fille Fressinel — 1.500-
Joseph Terrasson (3) . . . — 500 —
Bruno Penel — 2000 —
Du 9 nivôse (29 déc). — Incarcérés :
Femme Peyret-Boucharlat . Mise en libellé le même jour. A payé 1.500 liv.
Du même jour. — Ont payé sur réquisition :
Praire-Laroche Pierre .\ payé 1 .000 liv.
Antonin Praire père — 900 —
Claude Dumaine — 500 —
Bomain Molle — 3.000 —
Du 10 nivôse (30 déc). — Incarcérés :
Dubouchet père. Incarcéré pour la seconde fois. Mis en liberté le.... A payé 4 000 liv. pour la seconde fois et en a promis autant.
Du 11 nivôse (31 déc). — Ont payé sur réquisition :
Clémençon père A payé WO liv.
Du 12 nivôse (l®** janvier). — Incarcérés :
Bayon Jean-Amand. Incarcéré pour la seconde fois. Mis en liberté le même jour. A payé 9.500 liv. et a promis autant.
(1) Qui allait être arrêté le 14 (3 janvier) pour complicité dans la œvolte.
(2) Pour son mari.
(3) Terrasson ne figurait pas sur la liste. M. Devet dit que c'est de son propre mouvement qu'il versa 500 liv. ; il ajoute que l'exemple resta sans imitateur.
Bien que le Livre (Técrou de la prison de la rue de la Ville indique l'élargissement, au 7 nivôse, du jeune Thiollière (de Tlsle), M. Devet croit qu'il fut retenu comme caution, au moins jusqu'au iO, et que son père, désespéré, se laissa arracher 11.000 liv. comptant et une promesse écrite de 20.000 liv. Je ne vois pas ce qui justifie l'assertion.
A cette date du 12 nivôse (l»»" janvier), s'arrête la première partie des opérations fiscales de la taxe de Javogues. On avait encaissé — si je compte bien — 155.900 liv. et quelques promesses. On avait emprisonné 29 personnes (deux l'avaient été deux fois) ; 33 versements avaient été effectués sur réquisition. On était loin du but : il restait 844.000 liv. à percevoir pour atteindre le million. 62 personnes avaient été relancées — violentées, dit-on — et la liste n'en contenait que 79. Visiblement, on n'arrivait pas.
Ce que fut l'émotion on peut le supposer sans peine. Même en ne tenant pas grand compte de ce qui fut raconté plus tard sur la brutalité des soldats et de leurs chefs (que je n'entends pas atténuer), on se l'explique aisément. La population distinguait-elle bien ces emprisonnements pour dette des emprisonnements pour complicité dans la révolte? Je ne sais. Les arrestations à domicile étaient des causes d'attroupements où les sentiments n'étaient pas unanimes. Voir des bourgeois, leurs femmes, entre les fusils de la garde parisienne, traînés en prison pour le crime de posséder plus de cent mille livres et de ne pouvoir ou vouloir payer aussitôt une taxe de plusieurs milliers de livres, était un spectacle peu ordinaire et qui pouvait être jugé de façons très diverses.
On emprisonnait à la chapelle de Sainte-Marie, dit M. Devet. Un foyer allumé et de la paille étaient tout l'aménagement de ces prisons provisoires. Ces pauvres gens arrachés à la tranquille douceur de leurs maisons, à leurs habitudes de petit ménage bien tenu, aux soins et aux tendresses, souffraient beaucoup de la brutale transposition. Aussi, obtenait-on vite la cession de quelques liasses d'assignats. Aucune de ces détentions ne fut longue, ni au fond bien cruelle : les détenus nombreux se connaissant tous, pleins d'égards les uns pour les autres. D'ailleurs, les détentions de trois, quatre jours furent l'exception; bien des emprisonnés sortirent le jour même.
Dès qu'elle fut connue du public — affichée peut-être — la liste de la taxe souleva de chacun des inscrits des réclamations ardentes. Beaucoup eurent la pensée d'exposer ou de faire exposer leurs
318 PeJrCEPTION de JJl taxe — ARRESTATIONS
affaires à Javogues, de le prendre à témoin. On fît des suppliques ; on sollicita des interventions, à ce point qu'il dût prendre une mesure radicale : tout renvoyer à la Commune et la rendre responsable :
6 nivôse (26 déc.)- Citoyens maire el officiei*s municipaux,
Je suis, depuis le matin jusqu^au soir, harcelé par les citoyens compris dans le secours, à TefTet d'obtenir des réductions sur le montant de leur cotisation ; mais des affaires majeures et de la plus grande importance, joint au peu de connoissance que j'ai de leur fortune, m'empêchent de satisfaire à leurs réclamations et le Conseil général de la Commune étant plus à portée de juger si les sommes qu'ils offrent de payer sous forme d'acompte sont suffisantes et proportionnelles à leurs facultés, vous voudrez bien statuer sur ces réclamations.
Vous êtes aussi autorisés, en cas que vous jugiez que les secours à fournir par chaque individu sont suffisants, à élargir tous ceux qui auront fourni raisonnablement, selon leur fortune, ainsi que ceux qui ne sont pas compris dans la liste ; vous ferez imprimer et afficher le tableau de ceux qui ont fourni ou qui fourniront leur portion de secours.
Le soulagement des indigents doit être sans cesse à Tordre du jour; mais, je vous en prie, ne me renvoyez aucune réclamation. Vous avez par devers vous la liste, vous êtes plus à même que moi de connoitre les fortunes de votre endroit et, si vos opérations sont mal faites, ce sera à vous à qui je m'en prendrai.
Salut et fraternité. Javogues.
Portée à la Commune le même Jour, cette lettre aboutit à des résolutions ; je cite le procès- verbal :
La discussion s'est ouverte sur cette lettre. Léon, commissaire délégué par les représentants du peuple en mission dans cette commune, a pris la parole et a représenté que Javogues avoit été obsédé pendant toute la journée par différents individus qui alloient lui demander l'élargissement des riches qui sont détenus ; que le représentant ne pouvant pas reconnoitre si les à comptes que ces riches avoient payés étoient proportionnels à leurs fortunes et que c'est ce qui Ta engagé à charger la municipalité de faire droit à leurs réclamations ainsi qu'à celles des citoyens non détenus qui prétendent avoir été surtaxés ; il a proposé au Conseil général de former une commission de six membres pour examiner les différentes réclamations des riches.
On fit une commission de huit membres : Coullet, Gauche, Larderet, Chapelle, Luzier, Montmain, Fauriel et Puyforéal. Elle était chargée aussi « de déterminer le mode de distribution des secours accordés aux citoyens indigents et d'en surveiller l'exécution ». Pour cette partie de leur mission, les commissaires pouvaient s'adjoindre des citoyens pris dans les sections.
La faiblesse des résultats obtenus après six jours dut singulière-
ment impatienter Javogues. Ambitionner plus de 16 millions, se résoudre à n'en réclamer qu'un et ne trouver que 155.900 liv., un tel échec était-il supportable? Se moquait-on de lui? Il eut aussitôt le dessein de reprendre la perception avec plus de raideur, en faisant véritablement peur cette fois. Mais, auparavant, il fallait donner à l'action une base ferme et permettant de couper court à toute discussion. Pour cela, il fallait revoir la liste des « riches » en tenant compte des observations recueillies. Il fallait, en somme, établir les cotes avec plus de soin et en exiger le recouvrement avec inflexibilité.
C'est, je crois, à Saint-Chamond que Javogues, le 12 nivôse (le^ janvier), prit sa résolution (il y était au moins le 11). Il délégua à la Commune de Saint-Etienne un homme qu'il devait appeler plus tard à siéger au tribunal de Feurs: Marcellin. Je cite le procèsvérbal du 13 ; Johannot préside une séance du matin :
Le Maire a expliqué au Conseil général de la Commune que les représentants du peuple viennent de donner ordre à la Municipalité de s'occuper sur le champ de l'exécution de leur arrêté du 3 de ce mois relatif aux secours à payer parles riches aux indigents de la commune.
Marcellin, commissaire civil chargé par les représentants du peuple d'assister à la séance a demandé qu'on révisât la liste des riches et l'évaluation qu'on a faite de leur foilune pour la réduire si elle a été portée trop haut et déterminer, d'après cette réduction, les sommes que chacun d'eux doit payer pour son contingent provisoire,- des secours que réclame l'humanité souffrante.
Dans cette séance du mâtin et dans une seconde séance de l'aprèsmidi, le Conseil arrêta une nouvelle appréciation en un état signé par tous les membres présents. Cet état, je le trouve rapporté dans un registre de la correspondance municipale conservée aux Archives de la Commune et aussi dans une pièce des Archives de la Loire (L. 140) dont je parlerai plus loin et qui est datée du 13 frimaire an III (3 décembre 94). Le voici : les chiffres indiquent le « contingent provisoire » à percevoir aussitôt (1).
1 Croizier 50.000 liv. 9 Mourgues père 10.000 liv.
2 ThioUière de l'Isle .... 40.000 -
3 Craponne père 15.000 —
4 Veuve Palluat 60.000 -
5 Gagnière père 30.000 —
6 Royet-Chapelon 40.000 —
7 Gabriel Royet 6.000 —
8 Claude CoUard père.. 10.000 -
10 Joseph Midor 3.000
11 Veuve Pélissier 15 000
12 Piaud, m»» de bois.... 10.000
13 Citoyenne Fressinet... 10.000
14 Dubouchet père 12 000
15 Antoine Robert 12.000
16 Cl. Lallier, aubergiste. 8.0. 0
(1) Je conserve le cadre de la première liste pour permettre facilement la comparaison.
17 J.-B. Cusset oncle 25.000 liv. 50
18 Claude Micolon-Peyret 4.000 — 51
19 Veuve Royet-Ravel. . . . 8.000 — 52
20 Jeanne Griottier 10.000 — 53
21 Guillaume Plotton 5.0 0— 5i
22 Jacques Micolon père. 8.000 — 55 %i Micolon-Plolton 4.000 — 5(5
24 Veuve L'Hospital 10.000 -- 57
25 Gagnière nis ainô 14.000— 58
20 Lamotte, r. des Fossés 18 000 — 59
27 Veuve Martinon » (1 ) 60
28 J. Praire-Terrenoire... • 61
29 Antoine Praire 20 000 - 62
30 Praire-Laroche 10.000 — 63
31 Augustin Candy ?
32 L. Boucharlat 6.000 - 61
33 Jourjon-Robert 6.000 — 65
34 Et. Meyrieu, tanneur.. 10.000 - 66
35 Henri Alléon 20.000 - 67
36 Marceli ne Beraud 8 . 000 — 68
37 Laroa Dubuisson » 69
38 Etienne Bessy 4.000— 70
39 Veuve Michel Alléon.. 15.000 — 71
40 V'« Mazenod-Ducluzel. 15.000 — 72
41 Mathieu Verne 15 000 — 73
42 Guy Boissieux 5.000 — 74
43 Jacques Ravel 20.000— 75
44 Benoît Penel 5.000- 76
45 Antoine Dumarest.. .. 5.000 — 77
46 Royel-Sauvignet 10.000 — 78
47 Bénevent père 10.000 - 79
48 Bénevent fils 6.000— 80
49 Veuve Saint-Genest... 15.000 —
I^inossier Lyonnet 10.000 liv.
C»« Chorin, vieille fille. »
Ouchon, pi. Chavanel. 5.000 —
Claude Journet 2.000 —
Jean-Claude Dumaine. 3.000 —
Girard, chirurgien 10.000 —
Pey ret-Boucharlat 30 000 —
Teslenoire-Poidebard. 5.000 —
Jovin-Molle 10.000 -
Veuve Gonyn 2.000 —
V« Molle et fils cadet. 20.000 -
Clémençon père 6.000 —
Coullard Descos 6.000 —
V»« de Curnieu, fille
Palluat »
Veuve Neyron et fils.. 20.000 —
Veuve Romestin 2.000 —
Syméon 20.000 -
Jean-Marie Lallier 10.000 —
Bayon, rue Mi-Caréme 25.000 —
Perrin, épicier 2.000 —
Prandière aîné 10.000
Sauvignel-Bonnand... 10.000 —
Desjoyaux aîné père... 6.000 —
Cusset neveu 10.000 —
Gabriel Larderel 15.000 —
Merley-Bénevent 2.000 -
Courbon Saint-Gene.st. »
Badelpére 6.000 -
Paradis père et fils. . . . 8.000 -
Joseph Rousiain 5.000 —
Fromage, juge (2) »
Total 901.000 liv.
On s'était efTorcé d'atteindre le million.
M. Devet dit que Javogues donna à Marcellin « l'ordre écrit » d'incarcérer immédiatement tous ceux qui figuraient sur la liste et de les retenir jusqu'à complet acquittement; il admettait toutefois qu'une partie de la taxe fut représentée par l'engagement de verser à brève échéance.
(1) Quelques cotisations sont supprimées, les contribuables étant poursuivis devant la justice révolutionnaire pour des motifs dilTérents, et, par conséquent, menacés d'une confiscation générale.
(2) J'ai dit plus haut que Pierre-Ant. Fromage, non inscrit sur la première liste des riches, avait dû cependant payer 3.000 liv. le 7 nivôse et que le 14 (3 janvier) il fut incarcéré pour complicité dans la révolte. Cette arrestation entraînait le séquestre de tous ses biens.
Sur cette donnée bien précise, Marcellin fit marcher les officiers municipaux et l'armée révolutionnaire parisienne. Pendant une douzaine de jours, les violences se succédèrent sans répit : visites domiciliaires à force armée pour la recherche des chefs de famille et leur emprisonnement; en leur absence, arrestation de quelque otage, la femme, le fils, etc. ; en l'absence de toute la famille, installation au domicile violé de garnisaires, soldats de cette armée de Paris qui disposaient de la cave et du grenier et ne se gênaient pas de saisir, a pour la Nation », les métaux réquisitionnés : je ne dis pas l'argenterie, qui n'était pas sous leur main, mais les cuivres, les étains, etc., etc. Agissements d'armée victorieuse chez des vaincus.
Dès la menace rigoureuse, un certain nombre d'inscrits s'exécutèrent. Dans le nombre de ceux-là, M. Devet en cite 22 (1) et ajoute : « etc. ». En nombre plus grand, d'autres se laissèrent emprisonner : 40 ou 50 en quelques heures, dit M. Devet. Ces incarcérés cédèrent bien vite (2) : consentirent le sacrifice de la libération. De telle sorte que le 14 nivôse (3 janvier), ou avait réalisé plus des trois quarts du million imposé (Devet). • Pour le reste, il fallut examiner à nouveau : certaines cotes furent considérées comme irrécouvrables en tout ou en partie : pour une dizaine on dut transiger (3). En échange, sans autre formalité d'enquête, on arrêta un rôle additionnel.
Premier total QOl.OOOIiv.
81 Peyret-Fodrin 8.000 —
82 Montmartin 7.000 —
83 Savy père 5.000 —
8i Moiitanier-AUéoii 18.000 -
85 Nicolas C.OOO-
(1) — 4 Veuve Palluat, — 6 Royet-Chapelon, — 7 Gabriel Royet, — 9 Mourgues père, — Il Veuve Pélissier, — 12 B. Piaud, — 15 Ant. Robert, — 21 G. Plollon, — 32 L. Boucharlat, — 40 Veuve Mazenod-Ducluzel, — 41 Malh. Vernes, — 43 Jacques Ravel, — 44 Bruno-Penel, — 56 Peyrel-Boucharlat, — 58 Jovin-^oile, — 61 Clémençon père, — 65 Veuve Romeslin, — 69 Perrin, — 70 Prandière, — 72 Cl. Desjoyaux.
(2) M. Devet cite parmi ceux-là : — 5 Gagnière père, — 14 Dubouchet père, — 19 Veuve Royet, — 20 Jeanne Griottier, — 25 Gagnière fils, — 33 Jourjon- Robert, — 34 Etienne Meyrieu, — 35 Henry Alléon, — 39 Veuve Alléon, — 45 Anl. Dumarest, — 46 Royet-Sauvignet, — 52 Duchon, — 62 Coullard-Descos, — 64 Veuve Neyron, — (K5 Syméon, — 77 Badel, — 78 Paradis père, — 79 Roustain.
(3) Voir plus loin.
322 PERCEI»TIOiN DR LA TAXE — ARRESTATIONS
86 Fodrin père 5.000 liv.
87 Saigne 8.000 -
88 Pierre Cussinel 8.000 -
Total 906.000 liv.
Javogues allait quitter Saint-Etienne. Le 22 nivôse (11 janvier), les résultats étaient obtenus : le million était, à peu près, payé ou
souscrit. Le tableau suivant totalise les opérations ; je le relève sur les documents cités plus haut (1).