PRÉFACE DE L AUTEUR XV
Hélas! la désolation dure encore. De tant de splendeur, il ne subsiste plus que des vestiges : ici était la basilique d'Eudocie, là Téglise des Croisés, la foule des fidèles est remplacée par ceux qui ont voulu dormir leur dernier sommeil près d'Etienne, apud Martyrem! Ce spectacle a tant de charmes dans sa désolation séculaire, tel est le respect qu'inspirent ces ruines, qu'on serait tenté de n'y point toucher.
Mais, au sein du Christianisme, il n'y a pas de ruines, parce que le progrès y est indéfini. Ce qui meurt dans }e sol de l'Eglise meurt comme le germe, pour vivre de nouveau ; les pierres gisantes à terre sont des pierres d'attente pour l'avenir.
Aujourd'hui, la Palestine refleurit comme le désert dont parlait Isaïe, le mirage se change en eaux vives (Is., XXXV, 7), Jérusalem déborde de ses vieux murs, on voit s'élever partout des édifices qui donnent aux Orientaux la mesure de la puissance des grandes nations. Convient-il aux chrétiens de laisser un auguste sanctuaire abandonné ?
L'ordre de Saint-Dominique, chargé par la Providence de le garder, saura trouver parmi ses fils des religieux résolus à quitter leur patrie pour étudier, pour prier, pour prêcher au lieu où la vérité triompha dans la mort du premier témoin du Christ. Mais il ne peut bâtir une basilique sans recourir à la charité des fidèles. .
Nous avons pensé que le plus sûr moyen d'exciter