‹ Saint Etienne et son sanctuaire à JérusalemChapitre 23 sur 61 · Marcellin. Inâ, VU Theodosio XVII et Fesf. cosn · texte numérisé non relu

Marcellin. Inâ, VU Theodosio XVII et Fesf. cosn

Eudocia uxor Theodosii principis ab Hierosolymh urhem reglam remeavit y beati Stephani primi martyr is reliquias quss in bsxilica sancH Lïiurentii positae venerantur^ secum deferens, Migne P» L., t. 51^ p. 92fi.

L'expression est vague, mais il ne peut être question que d'une partie des reliques, puisque nous allons voir Eudocie construire une basilique pour contenir le corps du martyr. Ces partagées, que TOccident condamnait, étaient fréquents en Orient.

2. Tous ces poèmes sont perdus, sauf une partie du martyre de saint Cyprien. Sur les 'dons poétiques d'Eudocie : Cf, Evag^re i, 20 et 23. Socrate vu, 21. Photius Bibl. cod. 183. Zonara iti, 37.

Chrysaphe, chambellan de Théodose, ami d'Eutychès, vit avec déplaisir Télévation de Flavien au siège de Constantinople (447). Sainte Pulchérie était trop ferme dans la foi, peut-être aussi trop vigilante dans l'administration pour que l'insolent parvenu espérât rien obtenir d'elle. Il résolut de l'écarter et recourut pour cela à l'ascendant d'Eudocie. L'impératrice entra volontiers dans ce dessein, qui lui permettait d'écarter Pulchérie. Le simple Théodose fut circonvenu et enjoignit à Flavien de consacrer Pulchérie diaconesse : la princesse préféra s'exiler. Chrysaphe triomphait. Eudocie remplaçait Pulchérie dans le gouvernement et lui laissait les mains libres. Le brigandage d'Ephèse (449) vint montrer ce que deviennent les questions dogmatiques confiées à des évèques courtisans, instruments des haines d'un ministre sans conscience. A ce coup Théodose comprit sa faute et laissa paraître à Eudocie son déplaisir. Un incident acheva de lui enlever 1 affection de son mari*.

L'empereur avait fait son favori de Paulin, qui paraît avoir été le conseiller d'Eudocie dès ses plus jeunes années. Un jour de fête de l'Epiphanie, comme l'empereur se rendait à l'église, un pauvre lui présenta un fruit de Phrygie admirablement beau. On s'étonne, le pauvre reçoit 150 pièces d'or, le fruit prodigieux est envoyé à l'impératrice; il passe de ses mains dans celles de Paulin, qui le donne à Théodose. Tout se serait terminé peut-être par une explication de bon aloi si Eudocie, interrogée adroitement par son mari, et craignant de lui déplaire, n'avait déclaré avoir mangé le fruit. L'empereur regarde ce mensonge comme l'aveu d'une liaison criminelle ; il fait tuer Paulin et se sépare de sa femme. Irritée et dédai-

1. C'est dans cet ordre que nous comprenons la suite des événements. Il est impossible de concilier tous les historiens entre eux quant aux dates.

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gnant de se justifier^ Eudoeie revient à Jérusalem^ où tant d'^infortunes avaient déjà, trouvé la paix. La ceière de Théodose Vj poursuit : il ordonne de tuer le prêtre Sévère et le diacre Jean, attachés à son service. Eudocie se venge aussitôt sur l'exécuteur des hautes œuvres de son mari, Saturnio^ comte des domestiques, qu'elle fait mettre à mort*.

Théodose répond à cet éclat en dépouillant Eudocie de ses insignes impériaux. Elle restait à Jérusalem comme exilée, et la mort de son mari (450) semblait rendre sa chute irrévocable, car elle était trop fière pour implorer le pardon de Pulchérie, devenue maîtresse de l'empire. Dès lors, son appuij et il était encore puissant, était acquis à la faction qui rejetait le concile de Ghalcédoine (451) convoqué par saint Léon avec l'appui de Pulchérie et de Marcien ; le même Théodose n'eut pas de peine à l'entraîner dans le schisme, dont il était le chef à Jérusalem.

« Il se hâta de gagner la faveur d'Eudocîe en accusant Pulchérie de partager, et même d'inspirer les erreurs du Concile ; il insista sur ce que Juvénal, pour obtenir sa grâce, avait signé un des premiers la condamnation de Dioscore, et Eudocie, irritée contre Juvénal, et charmée de prouver à Pulchérie qu'elle n'avait pas encore perdu toute son influence, résolut de faire Théodose évêque de Jérusalem.

Elle entraîne dans son parti le peuple de la ville qu'elle nourrissait de ses aumônes, les moines et les solitaires qui la vénéraient et croyaient, en se déclarant pour elle, suivre la cause de l'orthodoxie; elle soudoie des partisans, lève des troupes, arme les moines et met une garde sur les remparts

1. Marcellin, auquel nous devons le récit de ce double fait, le place à Tannée 444; nous croyons, d'après les auteurs grecs, qu'il faut le reculer de quelques années ; il n'est sans doute pas sans rapport avec les questions dogmatiques agitées alors.

de Jérusalem. Par ses soins, Jérôme, abbé des couvents de Mélanie la jeune, Pierre, abbé d'un monastère près de Jéricho, le célèbre Gérasime et surtout Tarchimandrite Elpide, établi par Juvénal supérieur de tous les moines, se déclarent pour Théodose * . »

Le nom de saint Gérasime suffirait à lui seul pour obtenir à la malheureuse Eudocie Texcuse de la bonne foi ; mais il ne tarda pas à reconnaître son erreur, tandisqu'Eudocie, << malgré les instances de son frère Valérien et de son gendre Olybrius, (époux de sa petite-fille Placidie) , refusait de se rétracter, différait et ne savait comment renoncer à Topinion qu'elle avait soutenue^. »

Cyrille, Thagiographe monastique contemporain qui rapporte ces événements, a su rendre dans ces simples mots les perplexités d'une âme hautaine que la souffrance n'avait pas encore brisée : de nouveaux malheurs et les grâces qui découlent de la croix achevèrent de la vaincre.

Mais lorsqu'elle apprit que son gendre avait été tué en Thrace, que sa fille et ses petites-filles, au pouvoir des ennemis, avaient été emmenées captives à Carthage; blessée au cœur, et pensant que le malheur des siens était le châtiment de ses propres fautes, l'infortune l'instruisit dans le bien : « Ta discipline, dit-elle, sera mon enseignement. » (Ps. xvii, 36).

Elle envoie demander conseil à saint Siméon Stylite, dont la réponse est une nouvelle excuse pour notre princesse : « Sachez que le démon, voyant la richesse de vos vertus, a demandé à vous cribler comme le froment' et par le moyen de ce pestiféré Théodose, il a grandement corrompu votre âme. Mais ayez confiance. Votre foi n'a pas défailli. Or je m'étonne

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