PLAN DE JÉRUSALEM
d'après l'original qui se trouve a la HAYE EXÉCUTÉ VERS 1170 APRÈS J.-C.
(Palœstina Verein, Tome XV)
en partie remaniée par Ernoul, dans son Etat de la cité de Jérusalem (vers 1231).
« Or vous dirai des autres deus portes, dont l'une est endroit Tautre. Celle deviers aquilon a à non Porte Sainte- Estevene, Par celle porte entroient li pèlerin en le cité...
« Dehors celle porte, ains c'on i entre, à main destre, avait un Moustier de Monsigneur Saint-Estevenes, Là dist on que saint Estevenes fut lapidés. Devant cel moustier, à main seniestre, avoit une grant maison c'on apeloit VAsnerie, Là soloient gésir li asne et li sommier de l'Ospital; pour çou avoit à non VAsnerie, Gel moustier de saint Estevene abatirent li crestien de Iherusalem devant chou que il fuscent assegié, pour che que li moustiers estoit près des murs. UAsnerie ne fu pas abatue ; ains ot puis grant mestier as pèlerins qui par treuage venoient en Iherusalem, quand elle estoit as Sarrasins, c*on nés laissoit mie herbegier dedens le cité^. »
Ainsi l'église avait disparu, il ne restait, pour conserver la tradition, que la porte de la ville, et l'ânerie située en face du moustier détruit ! Cette ânerie, que nous devons nous représenter comme une sorte d'auberge, recevait les pèlerins admis, non sans difficulté, à visiter les lieux saints. Ils y pouvaient gémir à leur aise sur la désolation du sanctuaire, car on les y retenait longtemps. Villebrand (vers 1211) exprimait sa douleur en termes touchants : « Approchant de Jérusalem, on nous força d'entrer dans une certaine cour près des^murs de la cité. C'est là que fut martyrisé saint Etienne, en l'honneur duquel nos fidèles fondèrent une église et un archevêché comme on le voit encore. C'est là qu'on pousse maintenant les ânes du Soudan. Comment donc l'or s'est-il obscurci, cette belle couleur s'est-elle changée, pour qu'une