Tobler, p
2. Tudehœuî XIY^ ^ {Recueil des historiens des croiscvii'^, l. III.)
propre lieu de Toratoire de saint Etienne*, et c'est près de là, en effet, que la brèche fut ouverte.
Le modeste oratoire ne pouvait empêcher de regretter Tancienne basilique : Sœvulf (1102-1103) gémissait encore sur les ruines anciennes : « La lapidation de saint Etienne eut lieu hors des murs, à deux ou trois portées d'arbalète : il y avait là, du côté du nord, une magnifique église, elle a été complètement détruite par les païens. »
Il semble pourtant qu'on ne tenta pas de restaurer l'ancienne basilique, mais si l'oratoire était peu considérable, il représentait un sanctuaire si illustre qu'il est souvent mentionné dans les récits des pèlerins, dans les chartes et dans les plans du temps.
Ces derniers sont particulièrement intéressants : en matière de topographie, une carte vaut un volume.
On en a publié plusieurs antérieurs à la prise de Jérusalem par Saladin (1187). La ville est dessinée en rond, et divisée en quatre quartiers par quatre rues transversales. La voie qui va du centre au nord est la rue de Saint-Etienne, la porte du nord porte le même nom : près des murs, au dehors, on voit représentée l'église de Saint-Etienne. Sur l'un de ces plans *^, en dehors de la porte, on a dessiné des personnages dont l'un tient une énorme pierre pour frapper : au dessous d*eux, un homme à genoux et couronné d'une auréole, est en prière. N'est-ce pas saint Etienne implorant le pardon pour ses bourreaux? Son auguste sanctuaire était donc de nouveau l'objet de la vénération des fidèles. Hélas! eux-mêmes furent obligés de le détruire, dans les jours d'angoisse qui précédèrent la prise de la cité sainte. C'est du moins ce que nous apprend une description en partie composée avant 1187,
i. Albert d'Aix, Migne, P. L. clxvi, c. 389.