PRESENT ET AVENIR
Et omne argentum et aurum quodcumque inveneris in universa provincia Babylonis et populus offere voluerit, et de Sacerdotibus quœ sponte obtulerint domui Dei sui, quœ est in Jérusalem, libère accipe.
(ï. Esdi-as, Vil, 16.)
Accepte librement l'argent et Tor, tout ce que tu trouveras dans la province de Babylone et que le peuple voudra offrir, et même ce que les prêtres offriraient spontanément pour la maison de leur Dieu qui est à Jérusalem.
L'état actuel de l'œuvre se résume en un mot : on attend la restauration de la basilique.
En voyant les ruines, on est tenté de se dire : il n'y a rien de fait, et cette impression est encore plus poignante quand on connaît les ressources dont nous pouvons disposer.
En réalité, les travaux préparatoires ont exigé des efforts persévérants.
Il fallait avant tout posséder le terrain où s'élevait autrefois la basilique avec ses annexes. Chaque découverte faisait hausser le prix des parcelles contiguës à la première, et d'autre part, ^i Ton ne poussait pas les fouilles, on ne savait de quel côté il fallait acquérir. Quatre acquisitions successives, quatre négociations laborieuses ont permis d'atteindre le but désiré.
Alors seulement les fouilles ont pu être complètes. Nous en
avons exposé les résultats sans dire les peines qu'elles ont coûtées : ceux qui les ont menées ne veulent pas qu'on parle de leurs fatigues dans la rédemption du sanctuaire où Etienne a souffert.
On peut voir aujourd'kui le plan primitif de la basilique aussi clairement tracé sur le terrain que sur un plan d'archi-» tecte. Si les ruines étaient plus considérables, on serait tenté de les conserver intactes à l'admiration des pèlerins. Si, d'autre part, il ne restait rien qui indiquât la disposition primitive, on ne pourrait pas proposer une restauration de l'antique église d'Eudopie.
La réalité est entre ces deux extrêmes. Beaucoup de ruines plus pittoresques offrent une disposition moins facile à saisir : tels seraient des pans de murs dressés à l'horizon, des colonnes encore debout... De loin l'effet est prestigieux : quand on approche on ne peut déterminer la nature du monument disparu. Que relever, et pourquoi détruire ce qui tient encore?
A Saint-Etienne, rien de semblable. Le simple touriste ne voyant plus pierre sur pierre passe distrait; l'architecte en examinant le sol voit clairement tout l'édifice se dresser vers le ciel. Les hauteurs seules font défaut, mais il est facile de suppléer à cet important élément de restauration par l'analogie. La vénérable basilique de Bethléem, les églises du v« siècle dans la Syrie centrale fournissent les renseignements nécessaires. Des études consciencieuses faites sur place par un architecte distingué lui ont permis de résoudre le problème.
D'autres démarches étaient indispensables. On ne pouvait rien entreprendre sans un firman impérial. Le consul de France, M. Ledoulx, continuait l'œuvre de son prédécesseur en le sollicitant. On a dû attendre plusieurs années, on a offert pour le succès des vœux et des prières. Enfin Son Excellence M. Gambon, ambassadeur de France à Constantinople,