‹ Saint Ferdinand III (1198?-1252) (volume 2)Chapitre 19 sur 22 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

CLOHIFICATIOK ET CULTE DE SAINT FERDI

A peine Ferdinand III eut-il quitté ce i que la vois populaire lui attribua la gît ciel; il fut surnommé le Saint, comme nand I", son sixième aïeul, avait été sur te Grand, comme Alphonse VIII, son :

grand-père, avait été surnommé le Magn et très promptement il devint l'objet d'u] public. L'année même de sa mort, le pi nocent IV, par un bref daté des ides d'o' déclarait que Ferdinand, roi de Castille Léon, jouissait de la réputation d'avoii tamment marché dans la voie de l'obé aux préceptes divins, et qu'il avait amp contribué à étendre le culte du saint n Dieu; deux ans plus tard (i354), parunbi

du 5^ jour des ides de juillet, il renouvelait cette déclaration dans les termes suivants : Ferdinand^ roi de Castille et de Léon, jouit de la réputation d'avoir marché si fidèlement dans la voie des commandements de Dieu, qu'il a obtenu le pardon de ses péchés. Le souverain Pontife, par l'un et l'autre brefs, accordait au défunt des indulgences, lorsque quiconque prierait pour le repos de son âme, a si toutefois elle avait besoin de ce secours ». En i255, par un bref daté du 8* jour des ides de juillet, le pape Alexandre iy,'en considération des mérites du pieux monarque, concédait aux dignitaires du chapitre de la cathédrale de Se ville le droit de porter la mitre épiscopale. Le roi Alphonse X fonda à perpétuité dans cette même cathédrale un service funèbre, qui devait être célébré tous les ans en mémoire de son père, le jour anniversaire de la mort de celui-ci; il ordonna qu'à Séville, la veille et le jour du service, tout travail cessât et tout commerce chômât ; et bien que ce règlement ne fût applicable que dans Séville, toutes les villes de la Castille et du Léon s'y soumirent d'elles-mêmes et l'observèrent fidèlement. Mais, comme le 3o mai tombe fréquemment soit le jour de l'Ascension, soit un des

tÊÊM

GLORIFICATION ET CULTE DE SAINT FERDINAND. 185 jours de ta semaine de la Pentecôte, c'est-à-dire à une des dates du calendrier ecclésiastique où it n'est pas permis de célébrer des messes d'anniversaire pour les défunts, l'on ne tarda pas à décider que la vigile et le jour de l'anniversaire du décès du saint roi seraient reportés aux deusiëmes vêpres du dimanche de la Trinité et au lendemain, lundi.

Du vivant même de Ferdinand, qui se proposait, d'ailleurs, de faire de Séville la capitale de ses États, en laSi, sa fille Bérengère, abbesse de las Huelgas, avait fait transporter dans la cathédrale de cette ville le corps de Bérengère de Caslille; il fut réuni à celui de Ferdinand, ainsi que le corps de la reine Béatrix, transféré également de la même abbaye.

En 1266, Alphonse X ordonna que l'on rebâtit la cathédrale de Séville ; ce gigantesque travail oe fut achevé qu'en 1407; mais longtemps avant qu'il fût terminé, l'église avait été dotée d'un caveau destiné à servir de sépulture à la famille royale : le corps de Ferdinand III fut déposé dans ce caveau, qui se peupla de nombreux cercueils.

Vers 1386, eut lieu le premier miracle obtenu

par rintercesslon de saint Ferdinand ; onze autres miracles se produisirent ensuite et furent relatés par un écrivain anonyme, qui composa avant Tan iSoo une vie de saint Ferdinand. Cette Vie fut elle-même insérée dans l'ouvrage intitulé : Fleur des Saints, qui fut publié en langue espagnole, Tan i532.

Philippe II fit construire dans la cathédrale de Séville une nouvelle chapelle mortuaire pour la maison royale ; cette chapelle fut achevée en 1575, et en 1579 on y transporta le cercueil de saint Ferdinand.

Grégoire XIII (pape de 1572 à i585) confirma l'office de la Dédicace de la cathédrale de Tolède, où il était dit que le saint roi Ferdinand avait reçu le surnom de Saint à cause de ses vertus éminentes; Sixte -Quint confirma de même, en iSgo, l'office de la Dédicace de la cathédrale de Séville, qui s'exprimait en des termes semblables à l'égard de Ferdinand III.

Enfin, en 1628, le chapitre de Séville se décida à adresser à Rome une demande tendant a obtenir la canonisation du saint roi ; Philippe IV joignit à cette demande de très vives instances ; le cardinal Antoine Barberini fut institué le

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portent de la cause. Le lo octobre 16:19, '^ pupe Urbain VIII délivra des lettres rémissoires, qui déclarèrent le procès ouvert. Des juges apostoliques furent délégués à Séville et procédèrent , le 25 février i63[, à l'audition des témoins.

Le premier dont ils recueillirent la déposîûon se nommait Gabriel Perez : il raconta, sons la foi du serment, que se trouvant à toute extrémité et le sacrement d'extréme-onctîon lui ayant été administré, il avait reçu d'un ami le conseil d'invoquer saint Ferdinand; qu'il avait suivi ce conseil et que le surlendemain il s'était vu complètement guéri. Il raconta aussi que sa propre fille, durant une grossesse, avait recommandé au saint roi l'enfant qu'elle portait dans son sein ; que cet enfant, à sa naissance, avait été baptisé sous le nom de Ferdinand; qu'âgé d'un mois et demi, il était tombé dans un tel état de langueur que l'on désespérait de sa vie, mais que néanmoins il avait été guéri par l'intercession de saint Ferdinand.

Un autre témoin, Cbrisiopbe Marquez, cordonnier à Séville, déposa également qu'atteint de paralysie au cours d'un voyage, il avait été guéri subitemeat après avoir invoqué saint Fer-

dinand. Les miracles juridiquement constatés par les commissaires furent extrêmement nombreux.

En i635, le chapitre de Séville prit en mains la conduite du procès, se chargea de tous les frais et procéda à Texamen du corps, conformément aux rites prescrits. C'était la première fois depuis la mort du monarque, que Ton ouvrait son cercueil : son cadavre fut trouvé intact et sans aucune trace de corruption. En i638, Tavocat consistorial , Alexandre Mansonius, publia à Rome, sous les auspices du cardinal ponent Barberini, les pièces du procès et offrit son livre à tous les cardinaux de la Congrégation des Rites. Plusieurs années se passèrent; mais, le 19 mai i655, la Congrégation des Rites déclara que le culte de Ferdinand le Saint devait être regardé comme immémorial, au sens des décrets d'Urbain YIII de 1624 et de i63i, qu'il était en effet antérieur de plus de cent années à la promulgation de ces décrets, et qu'en conséquence il pouvait être et était effectivement approuvé; cette décision s'appuyait : sur le témoignage des historiens, qui étaient tous d'accord pour louer les vertus émi-

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