GLORIFICATION ET CULTE DE SAINT FERDINAND
nentes et la sainteté de Ferdinand III; sur ce fait qu'un nombre très considérable de peintures ou de sculptures anciennes représentaient le monarque la tète ceinte d'une auréole, et portaient des inscriptions qui le qualifiaient de saint ou de bienheureux ; sur cet autre fait que des messes innombrables avaient été dites de tout temps et se disaient encore en son honneur; sur cette circonstance que son cercueil avait été placé de telle sorte qu'il était offert à la vénération des fidèles ; sur le témoignage que le pape Innocent IV avait rendu à sa sainteté aussitôt après sa mort, enfin sur les approbations accordées par Grégoire XIII et par Sixte- Quint aux offices de Tolède et de Séville où la sainteté de Ferdinand III était affirmée en termes exprès. Le décret fut approuvé le surlendemain, 21 mai, par le pape Alexandre VIL
La confirmation par le Saint-Siège d'un culte immémorial équivaut à la collation d'un titre de bienheureux; elle n'équivaut pas à la canonisation proprement dite. Le procès se poursuivit donc ; Charles II, devenu roi d'Espagne après la mort de son père Philippe IV, redoubla d'instances auprès des souverains pontifes Alexan-
dre VII et Clément IX. Une nouvelle visite du saint corps eut lieu en 1668 (le ly mars), et voici quels en furent les résultats. Deux médecins et deux chirurgiens avaient été désignés pour y procéder en présence d'Antoine Païno, archevêque de Se ville, de deux archidiacres de l'église de cette ville, du commissaire du Saint- Office et des juges apostoliques. L'un des médecins, Gaspard Caldera de Heredia, rédigea le procès-verbal de l'opération*. Il décrit en premier lieu les trois cercueils qui gardaient la dépouille mortelle de saint Ferdinand; celui qui renfermait le corps était recouvert d'une toile d'argent, qui conservait encore tout son éclat. Quand il eut été ouvert, le cadavre fut considéré attentivement, d'abord par l'archevêque, puis par les autres témoins; il fut examiné ensuite par les médecins et les chirurgiens. Ayant relaté ces premiers faits, le narrateur continue en ces termes : Moi, Gaspard Caldera de Heredia, après avoir prié Dieu qu'il m'éclaire de sa lumière pour que je puisse dire et déclarer ce qui sera à sa plus grande gloire, en exécution des ordres qui
I. Nous empruntons, avec quelques modifications, la traduction du P. de Ligny, op, citât., pp. a86 et suiv.