VI PREFACE
loyauté jusqu'au scrupule et la bravoure jusqu'à ses dernières limites, faisant néanmoins la guerre toujours par devoir, jamais par plaisir, et uniquement afin d'assurer le triomphe du droit, passionnés tous les deux pour la grandeur morale de leur pays, Ferdinand et Louis offrent, dans leur carrière comme dans leur caractère, les plus grands points de ressemblance. Un trait pourtant diffère dans leur destinée : Louis IX, morten 1270, fut canonisé dès 1297, vingt-sept ans seulement après la fin de sa vie ; Ferdinand III, mort en I252, attendit jusqu'en 1671 les honneurs d'une canonisation solennelle ; il entrait sans doute dans les desseins de la Providence de glorifier plus promptement la mémoire de saint Louis, à cause des douloureux échecs de ses expéditions lointaines, inspirées par l'ardeur de sa foi, et à cause de sa fin malheureuse; tandis que saint Ferdinand, quelque grande et sublime qu'eût été l'humilité chrétienne de ses derniers instants, avait achevé dans la paix et dans la gloire un règne constamment heureux et toujours triomphant.