DE FERDINAND
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ture qui soutient la foi et qui fortifie l'espérance de tous les chrétiens, des rois ainsi que
des sujets. Aussi, quoiqu'il n’ait point cessé
de travailler pour sa gloire, soit en extirpant
les hérésies, soit en lui acquérant de nouvelles provinces, cependant, après tant de faveurs générales et particulières qu'il en a reçues, il n'ose parler des services qu'il a tâché de lui rendre, de peur qu'il ne paraisse s’en faire un mérite; il compte même pour peu, eu égard à ses obligations, la disposition où il est d’exposer, s’il le faut, sa personne et ses États pour la défense de cette sainte Église, qui l’a toujours porté dans son sein, et dont il n’a jamais cessé d’éprouver les bontés maternelles. Ces motifs néanmoins ne l’obligent pas à se déclarer pour le Pape contre l'Empereur. A la vérité, il est vivement touché de l’état de l’Église; car, ajoute-t-il, est-il possible qu’un bon fils ne ressente pas les maux d’une si bonne Mère? Le fidèle peut-il être dans la joie, lorsque le Siège apostolique est dans la douleur? Et quelle vigueur peut-il rester aux membres lorsque le Chef est attaqué? Il va même Jusqu'à reconnaitre les torts de l’Em-
L NOUVELLES CONQUÊTES DE FERDINAND. 123 « pereur, mais il reconnaît aussi qu'il a bien « des raisons de lui être attaché; et, pour satis- « faire à toutes ses obligations, il supplie le « Pape de le recevoir avec une indulgence pa- « ternelle et de rendre par ce moyen à l'Église «celui qu’il en regarde proprement comme le « Défenseur !. Si le Pape veut entrer dans ces « vues pacifiques, il offre sa médiation. L’abbé « de Saint-Facond, qu'il a chargé de lui remet- «tre sa lettre, a ordre de traiter cette affaire « avec Sa Sainteté, et d’aller partout où Elle « trouvera bon de l'envoyer, soit vers Frédéric « pour lui faire des propositions, soit en Espagne « si le Pape juge qu’il soit à propos qu'il y re- « tourne pour prendre de nouvelles instruc- « tions; » « Il ne paraît pas », continue le P. de Ligny avec cette naïveté pleine de finesse, qui était alors le trait saillant de l’esprit français, «que Grégoire ait beaucoup mis en œuvre « l'abbé de Saint-Facond, ni qu'il ait insisté « auprès de Ferdinand pour en obtenir ce qu’il «ne devait pas plus en attendre que de saint « Louis, qu’on sait avoir refusé pareillement de
1. Ut mansuetudo patris pœnitentem reciperet filium, et Ecclesia suo non careret athleta.
RENE es D
SAINT FERDINAND Il.
« prendre part à cette querelle. Ferdinand lui « ressembla en ce point comme en bien d’au- | «tres. » « Heureuse alors l'Europe chré- « tienne », conclut-il, « si tous ceux de qui dé- « pendait son repos avaient été aussi amis de la « paix que l’étaient ces deux saints rois !, »
Le royaume de Murcie, nous le savons, n’était plus qu’un assemblage confus de petites seigneuries rivales : chaque ville, bourgade ou château obéissait à un chef militaire, ne connaissant d’autre autorité que la sienne propre, d’autre emploi du temps que l'attaque de ses voisins ou la défense de son domaine.
La guerre civile était permanente, et la population, lasse d’un pareil état de choses, appelait de ses vœux l’émir de Grenade, Mohammed Ben Alahmar, qu'elle savait disposé à envahir le pays et à lui imposer sa domination. Mais plutôt
que de se laisser dépouiller par un maître inexorable, les seigneurs de Murcie offrirent au roi de Castille de se ranger sous son autorité. Fer- dinand était alors malade à Burgos; instruit des projets de Ben-Alahmar, il venait de faire partir